Système de gestion de l’information sur les VBG (GBVIMS) - Rapport annuel des incidents de VBG 2016

Report
from United Nations Population Fund
Published on 24 Feb 2017 View Original

INTRODUCTION

Les violences basées sur le genre et les résistances pour les contrer apparaissent sous des formes multiples et remontent certainement à des périodes historiques très anciennes. Le 20ème siècle et le début du 21ème ont vu se développer une mobilisation internationale sans précédent contre les violences basées sur le genre. Ainsi, la lutte contre la violence basée sur le genre fait l’objet de dispositions internationales prises par les Nations-Unies et les organismes interafricains (Convention et le Protocole Additionnel sur l’Elimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, Déclaration des Nations-Unies sur l’Elimination de la violence contre les femmes, Dispositions de la Plate-forme de la conférence de Beijing de 1995 sur les violences et sur la protection des femmes, Dispositions de la Déclaration du Millénaire sur les formes de violences à l’encontre des femmes, Résolution des Nations- Unies sur « L’Intensification des Efforts pour Eliminer toutes les Formes de violences à l’Egard des Femmes », Campagne visant à l’éradication de la violence faite aux femmes a été fait en 2015, la Déclaration Solennelle sur l’Egalité de Genre en Afrique, etc.). Dans les autres pays du monde en situation de crise où les violations de droit de l’Homme s’accentuent, les violences basées sur le genre dans lesquelles sont incluses les violences sexuelles se développent graduellement dans les zones de conflits. Cependant, les conflits militaro-politiques et sociaux qu’a connus la République Centrafricaine sont comparés à un gigantesque fléau, ce qui a conduit à une destruction massive, déclenchée en Décembre 2012. Ce fléau a pour corollaire la Violation des droits humains sous plusieurs formes incluant la violence basée sur le genre au sein de la communauté affectée. La République Centrafricaine, quant à elle, a ratifié la plupart des conventions internationales concernant la protection contre les violences basées sur le genre et adapté sa législation nationale à ce propos. Les différentes prises en charge des survivants de violences basées sur le genre relèvent de la compétence des structures étatiques dans le passé sous la responsabilité du Ministère de la santé publique, des affaires sociales, de la Sécurité publique ainsi que le Ministère de la Justice. Le déclenchement de cette crise, a fait qu’une partie du personnel de l’Etat s’est vu obligé de quitter leur poste dans les zones de conflit puis, la dégradation entière de la situation le 24 Mars 2013 où ces personnels se sont disséminés vers les zones supposées sécurisées ainsi que vers les pays voisins et d’autres lieux de refuge. La fourniture de ces services minimums est devenue impossible. L’Etat, étant foncièrement fragilisé, abandonnant les populations à leurs tristes sorts au moment où les exactions multiformes des groupes armés non étatiques ont atteint exponentiellement leur degré, c’était la situation de « sauve qui peut ».

Au vue de ce rude contexte où les crises ont atteint le niveau maximal sur toute l’étendue du territoire, les mouvements des populations étaient devenus confus, les sites, les brousses, les campagnes représentaient des lieux de refuges pour leur survie. Cette situation a intensifié considérablement la vulnérabilité de ces paisibles populations qui ne vivaient que des fruits de leurs labeurs. Dans ce cataclysme, les actes de violences basées sur le genre perpétraient sans ménage à l’égard des populations dont toutes les couches sociales de différents âges (hommes, femmes, garçons et filles) étaient en proie des présumés auteurs de diverses identités confuses. Même dans la jungle, il y a un minimum de l’ordre car les animaux considèrent le Lion comme étant leur roi. Mais pour ces crises centrafricaines, elles étaient une véritable horreur où l’insécurité battait le plein dans toutes les régions du pays, le commandement était du camp des armes à détonation ainsi que les armes blanches sans mettre de côté la force du muscle, c’était « la tempête du désert ». Eu égard à cette situation que le conseil de sécurité des nations unies, les organisations des nations unies, les bailleurs de fonds et les ONGs se sont mobilisés pour voler au secours des populations centrafricaines par des actions humanitaires multisectorielles à travers les divers projets dont notamment le projet CERF qui consistait à la prise en charge holistique des survivants de VBG ; le projet CANDIEN en 2014 pour la bonne gestion des incidents de VBG rapportés par les acteurs de mise en œuvre à travers les outils du GBVIMS. Il faut noter qu’en République Centrafricaine, il n’y a pas un système mis en place par l’Etat au préalable pour la gestion des informations relatives aux incidents de VBG même avec l’existence du Ministère des Affaires Sociales et de la Réconciliation Nationale (MASRN) depuis des décennies.

Or ce n’était qu’en 2010 que le GBVIMS a été introduit et implémenté en RCA par les agences des nations unies que sont l’UNICEF, l’UNHCR et l’UNFPA grâce au projet de renforcement des capacités du Sous-Clusters VBG financé par le Bureau d’Aide Humanitaire de la Commission Européenne (ECHO). Depuis avril 2014 jusqu’à ce jour, le GBVIMS est piloté au niveau inter-organisationnel par un comité composé de : UNHCR, UNICEF, UNFPA et IRC dont l’UNFPA porte le chapeau du leader, et compte depuis juillet 2016, (8) organisations signataires du protocole de partage de l’information.

Le but global de la présente analyse du GBVIMS est de contribuer à la prévention des violences basées sur le genre et à la prise en charge des survivants de ces violences, en mettant des données de recherches pertinentes à la disposition des partenaires dans les processus de construction et de mise en œuvre des réponses aux Communautés, victimes, ONG afin d’atténuer la souffrance des personnes survivantes .. Ce système est un outil humanitaire de collecte et stockage mis en œuvre au sein de la coordination humanitaire sur les VBG dans au moins 15 pays du monde. Il permet l’harmonisation des données sur les cas rapportés en appliquant des standards en matière de respect des principes directeurs pour la prise en charge des survivant(e)s des VBG, sur l’éthique et la sécurité des informations concernant les violences sexuelles. Le GBVIMS est composé des 4 outils normalisés et adaptés à chaque pays :

  1. Le formulaire d'admission et d’évaluation accompagné du formulaire de consentement ;
  2. L'outil de classification des types de VBG ;
  3. Le registre des incidents (en Excel) ;
  4. Le protocole de partage des informations sur les incidents de VBG.

En conséquent, les données collectées par les ONGs signataires du protocole qui travaillent dans les 28/73 Sous-Préfectures et les 8 arrondissements de Bangui ont rapporté sur la période du 01 Janvier au 31 Décembre 2016, un total de 11110 survivant(te)s de VBG dont 8797 incidents des autres types de violence basée sur le genre (VBG) soit 79% et 2313 incidents de violences sexuelles (VS) soit 21%. Parmi ces cas rapportés, on a compté 86% de sexe féminin (femmes et filles) contre 14% de sexe masculin (hommes et garçons) avec les différents âges suivants :

  • Les mineurs de 0 à 11 ans étaient de 3% ;
  • Les mineurs de 12 à 17 ans étaient de 14% ;
  • Les adultes représentaient 83%.

D’où, le phénomène des VBG est donc devenu un problème majeur dans la société centrafricaine dont d’ampleur est non négligeable. Ces crises ont causé la dégradation du genre du fait que ni les hommes, ni les femmes, personne n’est à l’ombre du respect des droits humains notamment ceux protégeant l’égalité des sexes.