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Sensibiliser les agriculteurs et éleveurs pour une transhumance apaisée dans la Vakaga

PAR DEUBALBET WEWAYE

La préfecture de la Vakaga, à l’image d'autres régions de la Centrafrique, est en plein dans la période de transhumance. Aussi pour prévenir et gérer les conflits liés à ce mouvement saisonnier, la Section des affaires civiles de la MINUSCA à Birao, en collaboration avec le Comité sous-préfectoral de la transhumance, multiplie des sessions de sensibilisation pour une transhumance apaisée. Le mardi 25 janvier 2022, la séance a eu lieu au village Zaïre, une localité située à une vingtaine de kilomètres au Nord de Birao, et a réuni environ 50 personnes dont 15 femmes.

Le but de cette séance est surtout d’exhorter les éleveurs et agriculteurs à régler leurs différends au niveau local, c’est-à-dire au sein de la communauté. Lors de cette rencontre, ils ont indiqué que neuf (09) conflits liés à la transhumance ont été enregistrés dans leur village depuis le mois de novembre 2021. Ils ont ajouté que sur ces cas, huit (08) ont été résolus par le Conseil du village, avec l’appui du Comité sous-préfectoral de la transhumance.

« La particularité avec nous, c’est que nous n’imposons pas une amende, nous ne prenons pas d’argent. Tout ce que nous faisons, c’est la sensibilisation afin de garantir la paix dans notre préfecture. Vous savez, si le problème est résolu au niveau du village, entre les familles, cela renforce la cohésion sociale. Par contre, si l’on transfère l’affaire à Birao, les autorités vont, chacun, imposer une amende et c’est là que les différentes parties auront une pensée négative. Dans ce cas-là, le conflit demeure intact », a expliqué Issa Abdoulaye Djido, président du Comité sous-préfectorale de la transhumance.

« Jusqu’ici, tout va bien ! Quand il y a un problème, nous nous asseyons sous l’arbre et nous le réglons ensemble. C’est comme ça que nous le faisions depuis toujours, comme des frères. Mais, notre plus gros problème ici, c’est que nous avons besoin d’eau potable, d'une école et d’un centre de santé », a renchérit Issa Badawi, représentant des éleveurs et agriculteurs du village Zaïre.

La Section des affaires civiles de la MINUSCA a saisi l’occasion pour demander aux éleveurs et aux agriculteurs de respecter les couloirs de transhumance qui sont déjà identifiés. Selon Tano Oi Tano, Officier des affaires civiles au Bureau de la MINUSCA à Birao, « le Comité sous-préfectoral de la transhumance a permis d’éviter des conflits violents liés à la transhumance. Nous conseillons toujours aux agriculteurs et aux éleveurs d’éviter de se rendre justice, mais plutôt de saisir le Conseil du village ou les Conseils locaux que nous avons mis en place pour les aider à résoudre leurs différents ».

Rappelons que cette sensibilisation est la neuvième du genre et fait partie d’une série d’activités initiées par la Section des affaires civiles de la MINUSCA depuis le début de la période la transhumance, en novembre 2021.