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République Centrafricaine : Mise à jour du suivi à distance - Malgré les nouvelles récoltes en cours les prix des céréales de base restent élevés particulièrement dans les zones de conflits, Octobre 2023

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Messages clé

  • Au niveau sécuritaire, malgré la baisse du nombre d’incidents dans le pays, la situation demeure volatile dans certaines régions, notamment dans les préfectures de la Haute-Kotto, du Haut Mbomou, de la Vakaga, et de l’Ouham, où, les derniers affrontements entre groupes rebelles et forces gouvernementales continuent de faire de nombreuses victimes parmi les civiles. Les ménages pauvres de ces zones rencontrent des difficultés à développer leurs stratégies de moyens d’existence habituelles, notamment la collecte d'aliments sauvages, l’artisanat, la chasse, la vente de gibier et de produits de cueillette. Ils sont confrontés à des déficits de consommation alimentaire exacerbés par les prix élevés des denrées alimentaires, ce qui les expose à une insécurité alimentaire aiguë correspondant à la phase Crise (Phase 3 de l’IPC).

  • Les récoltes du maïs, d’arachide et de haricot sont achevées dans la quasi-totalité des régions. En revanche, le sorgho, le mil, le manioc, et le riz pluvial qui sont en cours de récolte, seront moyennes ou supérieures à la moyenne du fait de la bonne pluviométrie enregistrée au cours de la saison hivernale. De plus, l‘accroissement des superficies agricoles consécutif à la baisse du niveau d’insécurité dans plusieurs zones notamment dans le sud, le centre et l’ouest du pays qui a permis le retour de plusieurs milliers de PDI dans localité d’origine, dont les plus significatifs ont été rapportés dans les préfectures de l’Ouham-Pendé, de l’Ombella M'Poko, et de la Ouaka.

  • Malgré les récoltes de maïs, d’arachide et de manioc, les prix des produits de base sont restés élevés. La comparaison des prix du mois d’août par rapport à la moyenne des 5 ans révèle des hausses très importantes sur les prix des produits alimentaires de base. L’augmentation des prix est plus prononcée dans les zones les plus affectées par le conflit. Les prix du manioc ont augmenté de 98 pour cent à Birao, 99 pour cent à Bangassou; 130 pour cent à Zemio et 131 pour cent à Obo. En ce qui concerne le maïs, des fortes hausses sont observées particulièrement sur les marchés de Yaloke (81 pour cent), Carnot (86 pour cent), Boda (118 pour cent) et Bossemptele (140 pour cent). Quant au riz, des accroissements sont observés dans la quasi-totalité des marchés et les accroissements les plus importants sont signalés à Bouca (82 pour cent), Bozoum (91 pour cent), Bria (102 pour cent), Paoua (192 pour cent), Obo (108 pour cent) et Zemio (153 pour cent).

  • La soudure caractérisée par l’amenuisement des stocks alimentaires qui va démarrer en avril dans le sud du pays va contraindre les ménages à avoir recours au marché pour leur alimentation. Toutefois, le niveau élevé des prix va contraindre les ménages pauvres à développer leurs stratégies d’adaptations habituelles, notamment le recours aux activités de cueillette, de chasse et de pêche pour parvenir à une insécurité alimentaire aigüe de phase Stress (Phase 2 de l’IPC). Ils seront en mesure de satisfaire leurs besoins minimaux en kilocalories, mais auront probablement des difficultés à satisfaire leurs besoins non-alimentaires essentiels.