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République centrafricaine - Mise à jour des messages clés : L’insécurité et les prix élevés maintiennent l’insécurité alimentaire des ménages pauvres, Janvier 202

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Messages clé

  • La persistance du conflit limite fortement l’accès des ménages aux moyens d’existence et constitue un facteur majeur de l’insécurité alimentaire en RCA, affectant de manière disproportionnée les personnes déplacées internes et les réfugiés. En janvier, les incidents sécuritaires se sont poursuivis, notamment dans le Haut-Mbomou à la suite des élections de décembre, où des affrontements entre groupes armés et forces armées ont entraîné de nouveaux déplacements, tant à l’intérieur de la préfecture que vers la République démocratique du Congo (RDC) voisine. Ces mouvements perturbent l’accès aux terres agricoles, aux marchés et aux opportunités de revenus, tout en affaiblissant les mécanismes d’adaptation des ménages. Par ailleurs, au 31 décembre 2025, la RCA accueille près de 64 000 réfugiés et demandeurs d’asile, principalement originaires du Soudan, de la RDC et du Tchad, concentrés dans la Vakaga, le Mbomou et le Haut-Mbomou. Dans ces zones, l’accès humanitaire limité et la dépendance à l’assistance augmentent la pression sur les communautés hôtes et accentuent les niveaux d’insécurité alimentaire aiguë.
  • Malgré l’amélioration saisonnière de la disponibilité alimentaire après les récoltes, l’accès reste très inégal entre les régions. Dans les zones sous contrôle de groupes armés, l’accès aux marchés reste limité, entraînant des prix élevés et des écarts de consommation chez les ménages pauvres. En dehors des zones les plus affectées par l’insécurité, la majorité des ménages pauvres parviennent à satisfaire leurs besoins alimentaires grâce aux récoltes de leurs champs et aux revenus tirés des activités de saison sèche, comme la chasse, la cueillette, la migration ou la pêche. À partir de février, l’épuisement des stocks et la hausse saisonnière des prix devraient détériorer l’accès alimentaire, maintenant des besoins humanitaires élevés.
  • La saison des pluies devrait commencer dans le sud du pays dès mars, favorisant les semis et le développement des cultures. Les conditions pluviométriques globalement moyennes à supérieures à la moyenne prévus permettront une reprise partielle de la production agricole et des opportunités de main‑d’œuvre, en particulier dans les zones accessibles. Toutefois, dans les zones affectées par l’insécurité, la capacité des ménages pauvres à relancer pleinement leurs activités agricoles restera limitée à cause des contraintes d’accès aux terres et aux intrants et des déplacements.
  • Les marchés de la RCA demeurent globalement bien approvisionnés en produits alimentaires locaux durant la période post‑récolte, ayant enregistré des baisses des prix saisonnières, même pour plusieurs denrées locales, jusqu'à la fin de 2025. Toutefois, certaines hausses précoces ont été enregistrées pour les céréales qui restent pour la plupart supérieurs aux niveaux de l’année dernière et/ou la moyenne quinquennale à cause des récoltes limitées lors de la dernière campagne et l’insécurité. En plus, les prix des denrées importées demeurent supérieurs à la moyenne, en particulier dans les principaux centres urbains, dont Bangui. Ces hausses sont principalement liées aux perturbations persistantes des flux commerciaux transfrontaliers avec le Cameroun, notamment les retards de transport et l’augmentation des coûts logistiques. Les ménages urbains pauvres, fortement dépendants des marchés, ne peuvent bénéficier des améliorations saisonnières normales de l'accès à l'alimentation compte tenu de ces prix élevés et continuent donc de faire face à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë.
  • En 2026, la RCA devrait rester confrontée à une insécurité alimentaire aiguë persistante, avec des niveaux élevés de besoins, particulièrement pendant la période de soudure. Par ailleurs, le sous-financement chronique de la réponse humanitaire continue de restreindre la couverture et la continuité de l’assistance. En 2025, seuls 37 pour cent des besoins ont été financés, entraînant la fermeture de plus de 100 bases opérationnelles et la suspension de programmes essentiels, notamment en nutrition et en protection. Le Plan de réponse aux besoins humanitaires (PRBH) 2026 fait état du plus faible budget alloué depuis sept ans. En l’absence d’une mobilisation rapide et suffisante des ressources, la combinaison des chocs sécuritaires et des contraintes économiques devrait accentuer la malnutrition aiguë et élargir le nombre de ménages nécessitant une assistance d’urgence, augmentant ainsi le risque d’une détérioration significative de la sécurité alimentaire.