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RCA : Nouveau déplacement dû au conflit prolongé et au banditisme

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Le conflit armé interne opposant les forces du gouvernement à plusieurs groupes armés dans le nord de la République centrafricaine (RCA) a provoqué le déplacement interne de plus de 200 000 personnes en 2007. Suite aux accords de paix, leur nombre est descendu à environ 108 000 en février 2009. Depuis lors, des affrontements entre l'armée et un groupe d'insurgés ainsi que des attaques contre les civils par les bandes criminelles ont provoqué de nouveaux déplacements. En octobre 2009, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays était estimé à plus de 162 000, dont plus de 73 000 essayaient de rentrer chez elles mais n'avaient pas encore trouvé de solution durable pour un retour.

En République centrafricaine, les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ont souffert d'une série de violations des droits de l'homme, parmi lesquelles des meurtres, le pillage et l'incendie des villages, la destruction des champs, la perte de moyens de subsistance, la violence sexuelle ainsi que l'enlèvement et le recrutement d'enfants. Des membres de tous les groupes armés ont perpétré ces crimes. Chaque vague de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays a été contrainte de trouver des abris dans les champs et les forêts, sans accès aux services de base, avant de solliciter l'aide de communautés d'accueil indigentes lorsque la sécurité le permettait. En décembre 2009, leurs conditions de vie sont très différentes de celles des personnes déplacées des pays voisins ; il n'y a qu'un camp de personnes déplacées en République centrafricaine, la plupart d'entre elles dépendent presqu'entièrement des communautés d'accueil dans les villes rurales isolées.

Alors que le gouvernement s'est montré incapable de fournir une aide, il a donné aux organisations humanitaires un libre-accès aux communautés déplacées et leur a permis d'agir librement. Cependant, atteindre les personnes dans le besoin reste difficile, aussi bien pour des raisons logistiques que de sécurité. Ceux qui continuent à vivre dans la brousse n'ont pas reçu d'aide. Comme les personnes déplacées sont dispersées sur de très vastes zones, les stratégies de «protection par la présence » n'ont eu qu'un effet limité.

Les forces de maintien de la paix internationales en République centrafricaine n'ont que peu agi sur le déplacement interne, car elles ont été déployées en petits nombres et se sont révélées incapables d'engager le combat avec les bandes criminelles. La dernière vague de combats a mis en lumière la fragilité du processus de paix et a révélé de sérieuses préoccupations quant à la stabilité dans la conduite des élections présidentielles qui doivent avoir lieu en 2010.