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RCA | Matrice de suivi des déplacements (DTM) - Rapport 9 | Avril 2020

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La République centrafricaine est, depuis 2013, touchée par une crise politique, sécuritaire et humanitaire, caractérisée par des conflits entre groupes armés et des conflits communautaires, ayant induit des déplacements de populations importants. En réponse à cette crise, l’Organisation internationale pour les migrations a mis en place la Matrice de suivi des déplacements (DTM), outil qui recueille des données sur les effectifs et profils des populations déplacées, les tendances de déplacements ainsi que les conditions de vie, vulnérabilités et facteurs de protection des personnes déplacées. La DTM est actuellement déployée au sein de neuf des dix-sept préfectures du pays.

Ce rapport présente les résultats du neuvième round (Round 9) des évaluations DTM, effectuées entre le 26 décembre 2019 et le 31 janvier 2020 dans 1 580 localités des dix préfectures couvertes. Il propose dans un premier temps une vue d’ensemble sur les mobilités observées à travers le pays, et donne par la suite une vision plus localisée par préfecture couverte, tout en offrant une comparaison évolutive depuis le dernier round.

Cette évaluation du Round 9 de la DTM a identifié un total de 1 492 273 individus. Ces chiffres incluent 528 140 PDI, 680 950 retournés internes et 283 183 retournés de l’étranger. A la suite du précédent round DTM (Juillet 2019), les résultats clés présentés dans ce rapport mettent en lumière l’augmentation continue desretoursinternes(+12% par rapport au round 8 en juillet 2019) et des retours transfrontaliers (+8%). Enfin, une baisse des déplacements internes est observée (-2%).

La moitié des localités de retour sont perçues comme partiellement sécurisées pour les populations qui y résident. En dehors du besoin de réunification familiale qui dont il est fait mention au sein du quart des localités d’accueil des PDI, les autres types de vulnérabilités se retrouvent aussi bien dans les localités de déplacement que de retour.

43 pour cent des localités d’évaluation ont bénéficié d’au moins un soutien humanitaire quelconque sur les trois derniers mois. Cependant, dans l’Ouham-Pendé et la Ouaka en particulier, la perception est que l’assistance est très insuffisante pour contribuer de manière significative à améliorer les conditions de vie des populations bénéficiaires. La moitié des localités ayant bénéficié d’une assistance humanitaire quelconque ne dispose d’aucun moyen pour remonter faire les plaintes et suggestion auprès de la coordination humanitaire.

Le contexte entre la période de collecte de données et l’écriture de ce rapport est particulièrement tendu dans le nord-Est du pays où se dessine depuis quelques temps les affrontements inter ethniques à connotation armée (à Birao, Bria et Ndélé).