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Rapport Final / Octobre 2021: Évaluation sur la protection de l’enfant en RCA

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Généralités sur l’évaluation

Ce rapport final contient le résultat de l’évaluation réalisée entre juin et Aout 2021 par le Sous Cluster Protection de l’Enfant (SCPE) en République Centrafricaine en perspective de l’exercice concernant l’Aperçu des Besoins Humanitaires dans le cadre du développement du plan d’action humanitaire 2022. En perspective du développement du plan d’action humanitaire 2022, tous les secteurs comme la protection de l’enfant ont planifié d’effectuer des analyses de la situation pour mieux comprendre, appréhender l’ampleur et la configuration des besoins dans leur secteur. Ce rapport final contient l’aperçu des résultats de l’analyse effectuée par les membres du sous cluster protection de l’enfant entre juin et Aout 2021. Cette évaluation était planifiée sur le plan national en lien avec la présence des partenaires dans les préfectures de la République Centrafricaine grâce à l’approche adoptée pour la collecte des données qui visait à minimiser le déplacement sur le terrain et en s’appuyant sur les membres du sous cluster pour le recueil des informations dans les zones géographiques ou ils sont opérationnels. En procédant de la sorte le sous cluster a minimisé les contraintes liées à la logistique dans un contexte marqué par le déplacement de la population à la suite de l’insécurité lié aux conflits armées et a l’activisme des groupes armés. La crise de protection en RCA, marquée par des graves violations des droits de l'homme, s’est détériorée encore en 2021 malgré les multiples efforts faits par les humanitaires.

La République Centrafricaine (RCA) a connu plusieurs crises politiques et sécuritaires qui ont fortement fragilisé les institutions et entravé le développement économique et social du pays. L’arrivée de la pandémie COVID-19 en 2020 n’a fait qu’accentuer cette tendance croissante et le nombre d’incidents de protection de l’enfant se multiplie avec les restrictions mises en place telles que la fermeture des écoles et des espaces amis des enfants. L’activisme des groupes armés et les opérations militaires lancées par les forces armées centrafricaines (FACA) et les forces bilatérales en fin d’année 2020 a la période post-électorale dans les zones rouges y compris dans les zones qui avaient acquis une certaine stabilité, ont eu un impact considérable sur la population civile. 58% des ménages de PDI (Personnes Déplacées Internes) sur sites interrogés ont déclaré que les femmes ou les filles dans leurs ménages ont évité certaines zones par crainte pour leur sécurité. Cette proportion est de 43% pour les PDI en familles d’accueil. Ainsi, les ménages de PDI sur sites perçoivent plus fréquemment un sentiment d’insécurité pour leurs femmes et leurs filles que les PDI vivant en familles d’accueil. Cette perception est par ailleurs confirmée par le monitoring de protection qui rapporte que plus d’un incident VBG sur dix survenu entre avril et juin 2021 a eu lieu sur un site de PDI. Cette évaluation a connu une large participation des membres du sous cluster pour couvrir les 27 préfectures du pays. Notamment 1 service du Ministère chargé de la promotion du genre, de la protection de la femme, de la famille et de l’enfant à savoir les affaires sociales, 11 ONGs internationales, 10 ONGs nationales et les agences du système des Nations Unies.

La situation sécuritaire étant devenu de plus en plus imprévisible et les attaques contre les humanitaires et les fonctionnaires de l’état plus fréquents, il est difficile d’assurer une couverture nationale des services de protection de l’enfant. Le faible accès aux services de prise en charge des enfants est un des facteurs sous-jacents qui contribuent aux vulnérabilités des enfants en RCA. Une cartographie faite par le SCPE en 2020 illustre ce fait en démontrant que seule 60% des ménages ont accès à un réseau communautaire de protection de l’enfant (RECOPE) actif dans leur localité, avec une très faible présence des RECOPE dans le Sud-Ouest et dans l’Est de pays. La Centrafrique est parmi les pays les plus dangereux du monde pour les humanitaires, en 2020 début de 2021, en moyenne deux attaques par jours ciblant des humanitaires ont été enregistrées (Source : humanitarianresponse.info). Le banditisme est répandu et les groupes armés ciblent les infrastructures comme les écoles, les hôpitaux, et les centre d’état civil. En même temps, les besoins de protection de l’enfant en urgence ont augmenté et se font sentir dans toutes les souspréfectures de la Centrafrique, y compris dans la capitale Bangui.

Bien que l’aperçu des besoins humanitaire permette d’assurer des besoins et avoir une compréhension commune de la crise (notamment les besoins humanitaires les plus pressants et le nombre estimé de personnes ayant un besoin d’assistance), le résultat de ce rapport ont permis de renforcer ou nuancer certains constats établis dans le MSNA par Reach. Le domaine de responsabilité de la Protection de l’Enfant estime à 944 000 le nombre d’enfants en besoin de protection (dont 51% filles et 49% garçons) pour l’année 2022 soit une augmentation de 4% par rapport à 2021.