CAR

Rapport de la Commission Mouvement de populations - octobre 2021

Format
Situation Report
Sources
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

La Commission Mouvement de Populations (CMP) est un mécanisme inter-organisationnel dont l’objectif est de fournir des données chiffrées et les tendances des déplacements de la population en RCA sur une base mensuelle. Cet exercice consiste à passer en revue, compiler et consolider les données fournies par les CMP locales, ainsi que celles des partenaires qui collectent les données dans les zones non couvertes par une CMP locale. La CMP procède ainsi à la validation préliminaire des données au niveau national, avant de les soumettre à la validation finale de l’Equipe Humanitaire Pays (EHP).

1. Situation des déplacements de populations au 31 octobre 2021 en RCA

Au 31 octobre 2021, le nombre total des personnes déplacées internes (PDI) en RCA est estimé à 664 491 individus composés respectivement de :

  • 181 027 personnes dans les sites ;

  • 483 464 personnes dans les familles d’accueil.

Au mois d’octobre 2021, il y a eu une baisse de 57 610 PDI (soit - 8 %) par rapport au mois de septembre 2021 où le nombre de PDI était estimé à 712 945 personnes dans les sites et en familles d’accueil.

Le nombre des PDI a connu une progression continue de novembre 2020 à février 2021 dans un environnement marqué par la crise électorale et post-électorale. A partir de mars jusqu’en juillet 2021, la tendance globale des mouvements de populations s’est relativement stabilisée voire légèrement régressée.

Cette tendance s’explique principalement par une légère prépondérance des retours sur les nouveaux déplacements.

Inversement, durant les mois d’août et septembre 2021 les données de la CMP montrent une remontée du nombre de personnes déplacées internes. Cela s’explique par l’augmentation de nouveaux déplacements dans les foyers localisés de tensions et/ou de clashs entre des éléments de groupes armés et les FACA et les forces bilatérales principalement dans l’ouest et dans la région centre-sud de la RCA. Et en parallèle une diminution du nombre de nouveaux retournés.

Au cours du mois d’octobre 2021, le suivi des mouvements de populations a été couplé au round 13 de la DTM qui a permis de faire la mise à jour des effectifs sur les sites et dans les familles d’accueil des PDI ; cela a permis de dénombrer 68762 nouveaux PDI. Parmi les causes principales des nouveaux déplacements, l’on note les incursions et attaques des groupes armés principalement dans les sous-préfectures de Bria, Hippy, Koui, les pluies diluviennes ayant occasionné l’écroulement des habitations dans la commune de Nana-Outa à Kaga-Bandoro, et aussi le retour des paysans qui étaient allés cultiver les champs dans la commune de Ngrevaï-Pamia et qui sont revenues sur le sites de Lazaret. Les sous-préfectures ayant connu les déplacements les plus importants sont Kembe (16645 pers), Pladama-ouaka (6700 pers.), Ippy (6000 pers.), Bria (4500 pers.), Bangui (4435 pers.) et Rafaï (3987 pers.). Il convient de signaler un déplacement préventif d’une ampleur relativement importante au courant du mois d’octobre dans la commune de Ben-Zambe, à Bossangoa, occasionné par des opérations militaires menées par les FACA et les forces bilatérales contre les groupes armés.

126372 retours ont été rapportés par les partenaires de la CMP en octobre 2021. Il s’agit d’une part des retours spontanés des PDI du fait de l’amélioration de la situation sécuritaire dans leurs localités d’origine, et d’autre part des retours des populations qui avaient été victimes des inondations et avaient quitté leurs lieux d’habitation. Les PDI qui ont quitté les sites pour retourner chez eux ont été majoritairement enregistrés à Kabo (1540 pers.), Bakouma (1231 pers.) et à Bakouté (523 pers.). Quant à ceux qui ont quitté les familles d’accueil, ils ont majoritairement été enregistrés à Ouango (30919 pers.), Bocaranga (14430 pers.), Djéma (14263 pers.) Bouar (11344 pers.) et Ngaoundaye (9377 pers.). L’on note cependant des tendances marginales comme le cas de 74 personnes qui sont retournées à Ouandago-centre et KagaBandoro par manque d'assistance sur le site de Bongonon à Kabo, ou encore de 63 personnes qui ont quitté le site Oro-Djafoum sur l’axe Batangafo-Ouandago pour rentrer dans leurs localités à cause d’une augmentation des incidents de vols, agressions physiques et extorsions de biens sur le site.