Rapport de l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine (A/HRC/36/64)

Report
from UN Human Rights Council
Published on 28 Jul 2017 View Original

Note du Secrétariat

Le Secrétariat a l’honneur de transmettre au Conseil des droits de l’homme le rapport de l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita Bocoum, établi en application de la résolution 33/27 du Conseil. Ce rapport couvre la période allant de juillet 2016 à juin 2017 et rend compte de l’évolution générale de la situation des droits de l’homme en République centrafricaine et des développements majeurs qui l’influencent.

La période a été marquée par une augmentation des violations et abus des droits de l’homme liée à la recrudescence des combats et attaques par les divers groupes armés depuis septembre 2016. La majorité des abus ont été commis lors d’affrontements entre groupes, d’attaques ciblées de population civile ou en marge des mouvements des groupes armés et sont le fait de la coalition ex-Séléka menée par le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique, de l’Union pour la paix en Centrafrique, du groupe 3R et des groupes anti-Balaka agissant seuls ou pour le compte de la coalition armée. Dans certains cas, des communautés ethniques ou religieuses auraient été ciblées en raison de leur supposée affiliation à un groupe armé. Des milliers d’enfants ont été à nouveau enrôlés dans les groupes armés après deux ans d’efforts pour les réinsérer dans leurs communautés d’origine.

Les initiatives pour la paix et la réconciliation sont primordiales mais n’ont jusqu’à présent pas réussi à faire taire les armes. Les partenaires, pays voisins et amis de la République centrafricaine doivent oeuvrer à un processus de paix transparent, inclusif et respectueux de la souveraineté nationale. Surtout, les efforts de paix ne devraient jamais se faire au préjudice de la justice pour les victimes, car l’impunité est une des causes structurelles de la violence dans le pays. La mise en place progressive de la Cour pénale spéciale est un signal fort dans ce sens.

La situation humanitaire s’est détériorée suite à la recrudescence des violences avec une augmentation des personnes déplacées à l’intérieur du pays et à Bangui, notamment dans le quartier PK5. Près de la moitié de la population centrafricaine est dans le besoin.