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Rapport d’intervention NFI : Mécanisme de Réponse Rapide (RRM), Localité de Dembia et Guinikoumba, Sous-préfectures de Rafaï et Zemio, Préfectures du Mbomou et Haut-Mbomou (27 au 28 août 2019)

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Situation Report
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I. Contexte et objectifs de l’intervention

Contexte

Situées respectivement à 70 et 85 Km de Zemio, les localités de Guinikoumba et Dembia, depuis 2010, ont été le théâtre de nombreuses attaques armées attribuées aux éléments GLA. Des incendies des maisons, des pillages systématiques des biens (vivre et non vivres), des assassinats ainsi que la destruction des infrastructures sociales de base y étaient courants.

Pendant le temps fort de la crise militaro-politique de 2013, les localités de Guinikoumba et Dembia étaient épargnées du cycle de violence perpétrées par les éléments de la coalition GSA à cause de la position de l’armée Ougandaise (elle avait pour but de contrer les attaques GLA) dans ces deux localités.

Mais suite aux évènements qui ont secoué les villes de Bangassou, Bakouma, Nzacko ainsi que la crise sécuritaire de Zemio, les localités de Guinikoumba et Dembia vont désormais être considérées comme lieux stratégiques pour les groupes armés. Plusieurs accrochages ont eu lieu entre groupes armés rivaux GSAU/GAU dans ces deux localités dont les implications humanitaires étaient énormes : destructions des greniers, pillages systématiques des biens, pertes en vies humaines. Malgré ces heurts entre groupes armés, les habitants de ces deux localités faisaient des mouvements pendulaires entre la brousse et leurs villages.

Du 20 au 23 Novembre 2017, les GSAU ont lancé une violente attaque contre ces deux localités. Dembia a été assiégée, pillée durant 3 jours par ces assaillants et 46 personnes auraient été massacrées (44 hommes et 2 femmes, dont la grande majorité était des vieillards). Cette situation a contraint ces habitants à un déplacement massif vers Rafaï, Bangassou et en République Démocratique du Congo (Localités de Mabbia, Bassokpio et Bouloumassi).

Après un an et demi de refuge en RDC, les habitants de Dembia et Guinikoumba ont amorcé en avril dernier, un mouvement de retour dans leurs localités d’origine pour raison, entre autres, de difficile cohabitation avec les communautés hôtes en RDC, et le manque d’accès aux services sociaux de base. Toutefois, la cessation des hostilités entre les groupes armés rivaux dans la zone de départ des PDIs a été aussi un facteur de motivation de ce retour.

En parallèle, le choc du village Banangui de novembre 2018 (axe Zemio/Djema) avait poussé certains habitants des localités de Banangui et Kamanda à se frayer un chemin dans la brousse pour se réfugier à Dembia vers la fin de l’année 2018 et au premier trimestre de l’année 2019.

Une alerte RRM a été ouverte le 14 mai 2019 et une MSA a été effectuée entre le 14 et 18 juillet 2019. Cette MSA a identifié un score global de 4.2 dépassant largement le seuil d’alerte du RRM qui est de 3.9. Ce score s’explique par le fait que la grande majorité des ménages interrogés aurait perdu leurs AME durant la crise. Certains ménages ont quitté leurs maisons sans rien prendre avec eux pour trouver refuge en RDC. La minorité des ménages ayant emporté quelques articles ménagers essentiels ont dû les vendre en RDC pour se procurer de la nourriture pour leur famille.

Après l’écriture et partage du rapport à la communauté humanitaire, aucun acteur ne s’est positionné pour apporter une assistance en NFI aux ménages affectés aussi bien à Dembia qu’à Guinikoumba. C’est pourquoi le COPIL a mandaté le RRM pour l’apport d’une réponse d’urgence en NFIs aux ménages retournés et déplacés de la zone évaluée via une distribution.

Objectifs

Cette intervention avait pour objectif de réduire les vulnérabilités des ménages (rapatriés/retournés et PDI) provenant pour la plupart de la RDC (Bassokpio ; Bouloumassi Mabbia) et une minorité des ménages déplacés en provenance de Zemio, Banangui, Kamanda, Tabane, Bogou et Bahr. Ces ménages ont été identifiés en juillet dernier, au moment de l’évaluation multisectorielle réalisée à Dembia et Guinikoumba par l’équipe RRM/ACTED.

La réponse a été organisée à travers la méthodologie suivante :

  • Prise de contact avec les autorités locales
  • Identification des bénéficiaires;
  • Validation publique des listes et distribution des jetons aux bénéficiaires
  • Choix de l’aire de distribution en concertation avec les autorités en place
  • Sensibilisation auprès des bénéficiaires sur le bon usage des items
  • Acheminement des kits NFIs sur les sites de la distribution
  • Gestion des requêtes/plaintes
  • Appel, émargement et vérification des bénéficiaires durant la distribution ;
  • Information, communication et sensibilisation auprès des bénéficiaires (sur le lieu, la date, l’heure, la modalité de la distribution) ;
  • Distribution des kits NFI