République centrafricaine : Transhumance et agropastoralisme

Contexte

Avec environ 16 millions d’hectares de pâturage, largement sous exploités, presque autant de terres cultivables et un réseau hydrographique dense et présent sur tout le territoire national, la République centrafricaine constitue une zone clé pour la survie du bétail en Afrique centrale.
L’élevage bovin représente 12,7 pour cent du PIB centrafricain et contribue à hauteur de 35 pour cent au PIB du secteur agricole. Cet élevage se fait essentiellement par la transhumance qui permet aux éleveurs de s’adapter à un environnement sec et à un climat de plus en plus variable grâce à l’exploitation des pâturages situés dans différentes zones écologiques. Plusieurs types de mouvements transhumants traversent la République centrafricaine: la transhumance interne qui concerne environ 250 000 éleveurs, principalement d’ethnie Peuls et Mbarara, et la transhumance transfrontalière qui s’observe en saison sèche lors du déplacement des boeufs tchadiens ou soudanais dans le pays, à la recherche de pâturages.

La crise militaro-politique que traverse la République centrafricaine depuis 2013 a particulièrement touché le secteur de l’élevage transhumant. Depuis le début de la crise, les campagnes de vaccination et de déparasitage sont extrêmement difficiles à mener, tandis que les mouvements transfrontaliers des animaux provenant du Tchad, du Soudan et du Soudan du Sud se sont poursuivis sans surveillance ni contrôle sanitaire. De plus, de nombreuses infrastructures nécessaires au fonctionnement du secteur ont été détruites ou pillées. Ces dynamiques violentes sont également entretenues par certains acteurs politiques et groupes armés qui ont développé une rhétorique conflictuelle sur une base religieuse et ethnique, exacerbant les tensions entre agriculteurs et éleveurs.

Objectifs

• Améliorer la coordination sectorielle de l’élevage bovin et la gestion nonconflictuelle de la transhumance de manière participative et inclusive.

• Protéger le cheptel bovin des maladies et des parasites qui déciment les troupeaux.

• Diversifier les moyens d’existence des communautés agropastorales pour améliorer leur résilience.

• Favoriser la cohésion sociale et relancer l’économie des communautés agropastorales.

• Restaurer les chaînes de valeur du secteur de l’élevage bovin comme la viande et les produits laitiers.