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République centrafricaine : Rapport d'Intervention NFI : Mécanisme de Réponse Rapide - RRM, Bema et ses environs, Commune de Ngbandinga, Sous-Préfecture de Ouango, Préfecture du Mbomou (16 au 19 octobre)

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I. Contexte et justification de l’intervention

Située au Sud-Est de la République centrafricaine (RCA) à la frontière de la République Démocratique du Congo (RDC), la localité de Bema a connu la présence des éléments GSAU de mars 2014 à août 2017. Cela a créé un climat de psychose généralisée parmi les populations civiles dû à des exactions commises par ce groupe armé dans la zone. Malgré cette situation, aucun déplacement massif des populations n’a été constaté.

En août 2017, des affrontements violents ont opposé les GSAU aux GAU. Ces violents combats se sont déroulés dans la ville de Bema et ses environs, du 8 au 10 août 2017 provoquant le départ forcé des GSAU. Par conséquent, la localité de Bema est tombée sous le contrôle des éléments GAU. Ces hostilités entre groupes armés rivaux ont engendré une première vague de déplacement massif des populations civiles (majoritairement les membres de la communauté musulmane) en RDC (localité de Yakoma).

En avril 2018, une rivalité nait entre les différentes factions du groupe armé GAU, notamment entre ceux qui ont le contrôle de la ville de Bema et ceux de la zone de Gambo. En effet, la faction GAU de Bema (qui a le contrôle de la majeure partie de la zone), aurait lancé des attaques pour des raisons économiques et stratégiques contre les localités de Gambo, Satéma et Kémbé (Basse Kotto), espérant reprendre contrôle de la gestion d’un marché hebdomadaire et approvisionné au sud de la SousPréfecture de Kémbé.

Le 15 avril 2018, les GAU de Bema aurait fait une première incursion au village Kassa-Moumbé (Commune de Ngandou, Sous-préfecture de Gambo) abritant un marché hebdomadaire, dans le but de mettre en déroute les leaders GAU de ladite localité et de contrôler les recettes de ce marché. Des accrochages ont eu lieu entre les deux factions ayant conduit à des pertes en vie humaine du côté de la faction dissidente GAU de Bema.

Alertés par les GAU de Kassa-Moumbé, ceux de Gambo ont lancé le 18 avril 2018 une opération dans la zone de Bema et Ouazzoua. Un sanglant affrontement va alors à nouveau opposer les deux groupes rivaux à Ouazzoua, une localité située à plus de 17 Km de Bema, ce qui entraînera un lourd bilan humain parmi les combattants ainsi que des incendies de maisons de populations civiles. Les habitants du groupement Ouazzoua, ont été contraints d’effectuer un déplacement préventif en brousse et dans les villages voisins.

Les combats se sont poursuivis le lendemain tout au long de l’axe jusqu’à Bema-centre et le groupe GAU de Bema a été contraint à fuir dans un premier temps dans les îles avant de gagner la RDC, principalement les localités de Yakoma et Kanzawi, alors que les habitants de Bema avaient déjà pris fuite vers les mêmes localités de la RDC.

Cependant, le déploiement des CAN à Bema en avril 2019 et l’accalmie constatée dans la zone va pousser les réfugiés à amorcer un flux massif de retour dans leurs localités d’origine.

C’est à la lumière de ce contexte de retour ou rapatriement spontané que l’équipe RRM/ACTED a conduit du 02 au 07 Aout 2019 une évaluation multisectorielle à Bema et ses environs. Le but était d’effectuer une étude de vulnérabilité des populations retournées et de juger de la pertinence ou non d’une intervention. Les résultats de cette évaluation ont été préoccupants. Les ménages vivaient une situation de crise tant en articles ménagers essentiels (score NFI de 4.4) que du point de vue d’accès à l’eau potable, aux aliments, etc.

Une recommandation portant sur la distribution des kits NFI aux ménages affectés a été formulée à l’endroit du CoPil RRM, qui a validé l’intervention. Aucun autre acteur ne s’est positionné sur la crise.