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République Centrafricaine : Rapport de situation, 5 mars 2021

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FAITS SAILLANTS

  • A Bossangoa, des milliers de déplacés en besoin d'assistance et de protection

  • Des affrontements à Bambari à la mi-février ont temporairement déplacé des milliers de personnes, blessé 36 et causé l'incendie des dizaines d'abris

  • Une flambée de violence a déplacé plus de 276 000 personnes à l'intérieur de la République centrafricaine depuis la mi-décembre.

  • Pour répondre aux besoins les plus urgents en 2021, les acteurs humanitaires prévoient d'assister 1,84 millions de personnes et auront besoin de US$ 444,7 millions.

  • En 2021, 2,8 millions de Centrafricaines et Centrafricains – 57% de la population – auront besoin d’assistance humanitaire et de protection.

ANALYSE

Bossangoa : multiples défis à surmonter

Plus de 14 000 personnes se sont déplacées depuis le 21 février à Bossangoa dans le nord-ouest du pays, craignant les offensives des Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés. La ville est passée sous contrôle des éléments de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) depuis décembre 2020, sur fond de contestation des résultats des élections générales. Le 24 février, les FACA ont annoncé la reprise de la ville mais des mouvements de déplacement de la population se poursuivent, et aucun mouvement retour n’a été enregistré. Selon une évaluation rapide conduite par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) le 22 février, les déplacés se sont installés dans l’enceinte de la paroisse catholique et repartis en quatre sites à savoir le Centre d’accueil, l’Evêché, le Petit Séminaire et le Presbytère dans des conditions extrêmement difficiles. Seulement 2 points d’eau sont disponibles dans ces sites et il n’y a pas de latrines adaptées à cette présence, faisant craindre le risque de maladies d’origine hydriques.

La réponse humanitaire butée à des contraintes d’accès

Les civils demeurent les plus affectées par la récente flambée de violence dans le pays, et faute d’accès, les organisations humanitaires apporter difficilement une réponse adaptée aux besoins humanitaires. En moins de deux mois, une dizaine de pillages et cambriolages d’hommes armés ont ciblé des bases d’organisations humanitaires dans Bossangoa ville, dont quatre rien que cette semaine. Suite à cette insécurité, la plupart d’entre elles ont soit relocalisé leur personnel ailleurs ou réduit leur présence, affectant ainsi la capacité de réponse. Malgré ces conditions difficiles, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a construit 30 latrines et 30 douches d'urgence, et mis en place un réservoir d’eau qui fournit aux déplacés 60 m3 par jour. L’ONG prend également en charge les soins de santé des enfants de 0 à 15 ans à l’hôpital régional, et a reçu des intrants nutritionnels du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) en vue de la prise en charge des enfants malnutris. Le centre de santé CODIS, proche du site Evêché, a reçu un lot de médicaments de l'UNICEF, mais nécessite entre autres un appui en produits essentiels pour la prise en charge des femmes enceintes. En une semaine, 12 naissances ont été enregistrées sur le site. L'ONG CARITAS mène des activités de suivi de la protection et de référencement des cas nécessitant une prise en charge. Tout en mobilisant les ressources nécessaires, les partenaires intervenant dans la sécurité alimentaire étudient la manière la mieux adaptée pour assister les déplacés, en privilégiant notamment leur protection.

Inquiétudes au-delà de la ville

Si l’on peut espérer une accalmie dans Bossangoa ville, la situation sur les axes demeure inquiétante, notamment au nord de Bossembélé. Plusieurs exactions des hommes armés sur les civils ont été signalées, notamment des incendies d’habitations le long de la route de Bossembelé à Bossangoa. De même, des mouvements de population dont l’ampleur n’est pas encore connue faute d’accès, ont été enregistrés sur les axes autour de la ville. A cause de l’insécurité, les acteurs humanitaires ne parviennent pas encore à s’y rendre pour évaluer la situation et apporter la réponse nécessaire.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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