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République centrafricaine : Rapport de situation , 26 Février 2021

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FAITS SAILLANTS

A Bossangoa, des milliers de déplacés en besoin d'assistance et de protection

Une flambée de violence a déplacé plus de 276 000 personnes à l'intérieur de la République centrafricaine depuis la mi-décembre.

Pour répondre aux besoins les plus urgents en 2021, les acteurs humanitaires prévoient d'assister 1,84 millions de personnes et auront besoin de US$ 444,7 millions.

En 2021, 2,8 millions de Centrafricaines et Centrafricains – 57% de la population – auront besoin d’assistance humanitaire et de protection.

Les humanitaires ont assisté 1,6 million de personnes en 2020, permettant d’atténuer les effets de l’insécurité alimentaire, de fournir des abris et de protéger les vulnérables.

Bossangoa : multiples défis à surmonter

Plus de 10 000 personnes se sont déplacées depuis le 21 février à Bossangoa dans le nord-ouest du pays, craignant les offensives des Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés. La ville est passée sous contrôle des éléments de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) depuis décembre 2020, sur fond de contestation des résultats des élections générales. Le 24 février, les FACA ont annoncé la reprise de la ville mais des mouvements de déplacement de la population se poursuivent, et aucun mouvement retour n’a été enregistré. Selon une évaluation rapide conduite par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) le 22 février, les déplacés se sont installés dans l’enceinte de la paroisse catholique et repartis en quatre sites à savoir le Centre d’accueil, l’Evêché, le Petit Séminaire et le Presbytère dans des conditions extrêmement difficiles. Seulement 2 points d’eau sont disponibles dans ces sites et il n’y a pas de latrines adaptées à cette présence, faisant craindre le risque de maladies d’origine hydriques.

La réponse humanitaire butée à des contraintes d’accès

Les civils demeurent les plus affectées par la récente flambée de violence dans le pays, et faute d’accès, les organisations humanitaires apporter difficilement une réponse adaptée aux besoins humanitaires. En moins de deux mois, une dizaine de pillages et cambriolages d’hommes armés ont ciblé des bases d’organisations humanitaires dans Bossangoa ville, dont quatre rien que cette semaine. Suite à cette insécurité, la plupart d’entre elles ont soit relocalisé leur personnel ailleurs ou réduit leur présence, affectant ainsi la capacité de réponse. Malgré ces conditions difficiles, l’ONG Médecins sans frontières a débuté ce 25 février la construction de 25 douches, 15 latrines et un réservoir d’eau d’une capacité de 10 000 litres. L’ONG a également lancé la prise en charge médicale des enfants de 0 à 15 ans à l’hôpital régional. A la réunion de coordination tenue le 25 février à Bossangoa, les acteurs humanitaires ont notamment relevé des besoins d’appui au centre de santé CODIS proche du site Evêché, les besoins en kits d’hygiène pour les déplacés, de suivi de la situation de protection sur les sites et de renforcement de l’approvisionnent en eau potable.

Inquiétudes au-delà de la ville

Si l’on peut espérer une accalmie dans Bossangoa ville, la situation sur les axes demeure inquiétante, notamment au nord de Bossembélé. Plusieurs exactions des hommes armés sur les civils ont été signalées, notamment des incendies d’habitations le long de la route de Bossembelé à Bossangoa. De même, des mouvements de population dont l’ampleur n’est pas encore connue faute d’accès, ont été enregistrés sur les axes autour de la ville. A cause de l’insécurité, les acteurs humanitaires ne parviennent pas encore à s’y rendre pour évaluer la situation et apporter la réponse nécessaire.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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