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République Centrafricaine : Rapport de situation, 19 mai 2021

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FAITS SAILLANTS

  • Les humanitaires appuient les hôpitaux de Bangui à faire face à la pénurie d’électricité et d’eau potable suite aux pluies torrentielles qui se sont abattues sur la ville.

  • La République centrafricaine fait face depuis la mi-mars à la deuxième vague de COVID-19.

  • La réponse d'urgence multisectorielle a permis d'atteindre 2 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays sur le site du PK3 de Bria, où un incendie a détruit leurs abris.

  • A Bossangoa, des milliers de déplacés retournent chez eux dans l'incertitude.

  • Pour répondre aux besoins les plus urgents en 2021, les acteurs humanitaires prévoient d'assister 1,84 millions de personnes et auront besoin de US$ 444,7 millions.

RÉPONSE D'URGENCE

De graves intempéries ont plongé Bangui dans le noir pendant des semaines

Cinquante maisons se sont effondrées et quatre-vingt ont connu des dommages importants le 23 avril 2021 dans les villages de Kodozilo et Danzi, à 20 km au nord de la capitale Bangui, lors d'une tempête accompagnée de fortes pluies. Plus de 130 familles ont été affectées par les conditions météorologiques sévères et cinq personnes ont été blessées dans les maisons qui se sont effondrées ou par les débris emportés par les vents violents. Les stocks de nourriture et les semences qui auraient dû être plantés dans les prochaines semaines ont également été détruits.

A peine commencée, la saison pluvieuse a déjà durement frappé la République centrafricaine. Les pluies torrentielles du 23 avril n'ont pas seulement affecté les habitants de Kodozilo et Danzi, mais ont aussi plongé toute la capitale dans le noir pendant des semaines et ont fait de l'eau un bien encore plus rare dans un pays où seule une personne sur trois a accès à l’eau potable. La tempête a endommagé plusieurs pylônes électriques à Danzi, qui font partie de l'infrastructure fournissant de l'électricité depuis la centrale de Boali jusqu'à Bangui, situé à 50 kilomètres.

Plus fréquents et plus graves

Les risques naturels se transformant en catastrophes sont de plus en plus fréquents et sévères en Centrafrique. En octobre 2019, près de 100 000 personnes étaient affectées par des inondations, dont 33 000 à Bangui, ville construite sur les rives du fleuve Oubangui. Les humanitaires ont fourni une aide multisectorielle d'urgence et la plupart des déplacés ont pu rentrer chez eux. En 2020, 22 000 personnes ont été touchées par des inondations dans huit préfectures et dans la capitale.

Dans le noir et au sec

Les dommages subis par les pylônes électriques n'ont pas pu être immédiatement réparés. Le fournisseur d'électricité Energie centrafricaine (ENERCA) a annoncé que l'alimentation en électricité de Bangui et de la ville voisine de Bimbo serait interrompue pendant au moins dix jours. L'électricité a toujours été un bien rare à Bangui et dans le pays, seulement 32% de la population ayant accès à l’électricité. Les habitants de la plupart des quartiers de la capitale sont habitués à recevoir l’électricité quelques heures par jour, avec des interruptions prolongées à cause des pannes récurrentes, d'autres ne sont pas du tout connectés au réseau ou les coûts de l'électricité restent prohibitifs, et les gens ont appris à vivre avec.

Conséquences sur les formations sanitaires

L'électricité et l'eau sont loin d'être des produits de luxe dans le secteur de la santé. La panne d'électricité a donc eu de graves conséquences sur le fonctionnement des établissements de santé dans la capitale et à Bimbo, bien que l'ENERCA ait mis en place un système de secours avec des générateurs à combustible pour les services essentiels, notamment les hôpitaux et la communication. L'approvisionnement en électricité de 75% des principaux hôpitaux et centres de santé – 12 des 16 structures sanitaires – a été complètement interrompu ou a connu des coupures régulières, faute de carburant ou de générateurs en état de marche. L'approvisionnement en eau de la ville a également été interrompu en raison de la dépendance à l'électricité pour le traitement et la distribution de l'eau. Plus de la moitié des 16 principaux établissements de santé de Bangui et de Bimbo – neuf des 16 formations sanitaires – ont vu leur approvisionnement en eau interrompu, ce qui a eu des répercussions notamment sur l'hygiène. La pénurie d'eau a asséché des quartiers entiers pendant plusieurs jours.

Une réponse humanitaire rapide

L'Agence nationale de l'eau et de l'assainissement est intervenue et a distribué de l'eau dans les quartiers avec des camions. Les partenaires humanitaires qui soutiennent régulièrement les principaux hôpitaux de Bangui et de Bimbo ont réagi immédiatement et ont réparé les générateurs et fourni du carburant supplémentaire, parvenant ainsi à maintenir le fonctionnement des services de santé essentiels. La Banque mondiale s'est engagée à fournir des générateurs pour assurer la continuité de la gestion des cas COVID-19 dans les centres de traitement spécialisés. Les partenaires humanitaires et de développement ont travaillé 24 heures sur 24 avec le gouvernement pour identifier des solutions permettant de combler les lacunes et d'assurer l'approvisionnement en électricité et en eau des établissements de santé, sous la coordination du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). La mission de maintien de la paix des Nations Unies, la MINUSCA, a mis à disposition une équipe d'ingénieurs, du matériel et des équipements pour accélérer les travaux de réparation de l'ENERCA sur les pylônes au village de Danzi. Elle a aussi fourni un générateur de grande capacité à la SODECA pour le pompage et la distribution de l’eau. L'alimentation électrique de la capitale a été partiellement rétablie et les travaux de réparation se poursuivent jusqu'à ce que la capitale soit à nouveau suffisamment éclairée.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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