République centrafricaine : Prévention de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition

Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (octobre 2018), 1,9 million de personnes en République centrafricaine sont en situation d’insécurité alimentaire aigüe, ce qui représente une augmentation par rapport à l’analyse de mars 2018, mais reste légèrement inférieur à la projection de août 2018 (2 millions). Cela montre qu’en dépit de l’assistance fournie et d’une légère diminution des mouvements de population, le niveau d’insécurité alimentaire dans le pays reste préoccupante. De plus, la malnutrition aigüe touche au moins 110 000 enfants de moins de 5 ans à l’échelle nationale, dont 41 pour cent d’entre eux souffrent de malnutrition aigüe sévère. Depuis plus de 20 ans, le pays est touché par une situation critique en ce qui concerne la malnutrition chronique, où toutes les préfectures – à l’exception de Bangui et de la région de l’Ouham – font face à des taux de malnutrition chronique supérieurs à 30 pour cent.

Les Centrafricains touchés par l’insécurité alimentaire et la malnutrition sont essentiellement concentrés dans les villes de Batangafo, de Kaga Bandoro et de Rafai, ainsi que les préfectures de l’Ouham Pende, Nana Gribizi, la Ouaka, la Basse-Kotto et le Haut Mbomou. Ces zones correspondent à celles où se sont déplacées de nombreuses personnes suite aux conflits et sont marquées par la présence de groupes armés, de rackets récurrents et de pillages touchant les populations civiles. De plus, ces conflits ont également entrainé la dégradation de nombreuses infrastructures agricoles et de routes, ce qui perturbe l’approvisionnement des marchés, la circulation des denrées alimentaires et leur prix.

Objectifs

• Prévenir la malnutrition aiguë et chronique et améliorer la résilience des populations les plus vulnérables en renforçant leurs moyens de subsistance (production agricole vivrière, accès aux marchés, diversification des revenus du ménage) et en augmentant leur accès à l’eau potable, particulièrement à la sortie des centres nutritionnels supplémentaires et des centres de nutrition thérapeutique

• Établir des standards nutritionnels de base à travers l’élaboration de recommandations alimentaires applicables à la République centrafricaine et sensibiliser les communautés sur les bonnes pratiques agricoles et alimentaires sensibles à la nutrition.

• Apporter un appui à la diversification des régimes alimentaires de base des enfants de moins de 5 ans et des femmes en âge de procréer en vue d’améliorer leur nutrition.

• Renforcer les connaissances des femmes en âge de procréer et des personnes qui accompagnent les enfants souffrant de malnutrition aigüe et chronique sur la valeur nutritive des aliments et les bonnes pratiques nutritionnelles.

• Assurer le fonctionnement d’un système d’information permettant la surveillance de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans les différentes préfectures du pays, ainsi que la prévention des crises et la réponse rapide le cas échéant.

• Proposer et vulgariser des techniques simples de transformation et de conservation des fruits et légumes (mangues, agrumes, tomates, etc.) pour limiter les pertes post-récoltes et prolonger la disponibilité de ces produits.