République centrafricaine: Plan de réponse humanitaire 2017- 2019 (Révisé Juin 2017)

APERÇU DE LA CRISE

Depuis l’élaboration du PRH en novembre 2016, la situation sécuritaire et humanitaire en RCA s'est considérablement détériorée. Plus de 500 000 personnes sont déplacées, un niveau qui n’avait été atteint qu’en août 2014 avant le déploiement de la mission onusienne de maintien de la paix (MINUSCA). Le nombre de personnes déplacées est passé de 402 000 en janvier 2017 à plus de 500 000 en mai 2017. Soit une augmentation de 25% en cinq mois et de plus de 30% depuis le lancement du PRH.

La réponse humanitaire doit prendre en compte ces nouvelles dynamiques et leurs conséquences sur la population. Elle doit être adaptée afin de pouvoir couvrir l’ensemble des besoins. La révision du Plan de réponse humanitaire pour 2017 est effectuée dans l’objectif d’intégrer l’augmentation des besoins liés à la dégradation de la situation mais aussi de l’adapter aux délais de mise en œuvre des activités de relèvement, du développement et de la consolidation de la paix en RCA.

La crise centrafricaine est une crise d’extrême pauvreté liée à des carences structurelles et à des conflits armés successifs qui freinent les tentatives de relèvement des services sociaux de base. La RCA est l'un des pays les plus vulnérable au monde.

Selon l’indicateur de développement humain de 2016, la RCA se trouve au dernier rang du classement mondial (188) après des pays tel que la Syrie (149), le Soudan du Sud (181) et le Niger (187). Bien que les efforts de la consolidation de la paix se soient poursuivis en 2017, la RCA a glissé de nouveau ces derniers mois dans un cycle de violence. Depuis la fin de la période électorale, on a assisté à une dégradation progressive de la situation sécuritaire dans les régions touchées par les précédentes années de conflit. Depuis le début de l’année 2017, cette détérioration a évolué et s’est accélérée de manière très préoccupante notamment du fait de :

  • L’expansion des zones de conflits et la multiplication des foyers de tensions ;

  • L’augmentation, la recomposition et la fragmentation des groupes armés ;

  • La recrudescence des exactions commises à l’encontre des populations civiles et des violences intercommunautaires, ainsi que le ciblage de catégories spécifiques de la population basé sur leurs affiliations ethniques et/ou religieuses ;

  • L’insécurité qui restreint l’accès et la réponse humanitaire aux besoins des plus vulnérables et dont les partenaires humanitaires sont également victimes ;

  • L’aggravation de la vulnérabilité de la population face aux cycles répétés de violences et l’augmentation des besoins humanitaires ;

  • Un sous-financement qui ne permet pas aux acteurs humanitaires d’apporter une réponse appropriée à tous les besoins.

Plus de la moitié de la population de la RCA a besoin d’une aide humanitaire pour survivre. Près d’une personne sur deux (48% de la population) se trouve dans une situation d’insécurité alimentaire. Les combats entre groupes armés et les exactions contraignent des populations à se déplacer et cela depuis plus de trois ans, réduisant leur capacité de résilience tout en éloignant les perspectives de retour. Faute de financement, plusieurs partenaires humanitaires ont été contraints de se désengager de zones où ils étaient pourtant les seuls à pouvoir assurer à la population un accès aux services sociaux de base.
Sans un engagement fort et continu, le pays ne parviendra pas à sortir de cette crise humanitaire et pérenniser les acquis durement obtenus.

Facteurs sous-jacents de la crise

Les causes profondes des violences sont multiples. Les facteurs de conflits sont politiques et économiques et se traduisent par des tensions ethniques, religieuses et intercommunautaires et leur instrumentalisation à des fins politiques.
Certains groupes armés ont atteint un niveau d’organisation et d'accès aux ressources qui leur ont permis de se renforcer, de s’armer et d’augmenter leur emprise. Les groupes armés opèrent sur plus de la moitié du territoire. Plusieurs grandes villes de la RCA sont sous le contrôle des groupes armés qui, dans certains cas, n’hésitent plus à affronter les forces onusiennes de maintien de la paix. Dans plusieurs zones, notamment au centre et au nord du pays, les groupes armés organisent des systèmes parallèles de services déconcentrés de l’Etat. Ces nouvelles dynamiques de conflit risquent de replonger le pays dans un conflit de grande échelle et pourraient déstabiliser les régions limitrophes.
Les moyens de la MINUSCA sont malheureusement limités pour arrêter, contenir ou prévenir les violences exercées contre la population. Le regain d’activité des groupes armés et l’augmentation des violences appellent un engagement politique fort des acteurs nationaux et internationaux dans la recherche de solutions politiques et diplomatiques.

Impunité. L’effondrement du système judiciaire et l’absence de chaîne pénale a engendré une impunité généralisée.

Néanmoins, des avancées ont récemment été réalisées conjointement par le Gouvernement avec le soutien de la communauté internationale en matière de justice.

Le redéploiement de l’Etat sur le territoire national n’est pas encore effectif sur une grande partie du territoire, sa capacité à répondre à la crise est donc limité. Dans de nombreuses régions, l’accès aux services sociaux de base, tel que l’éducation ou la santé, sont majoritairement maintenus par des partenaires humanitaires dans la mesure de leurs capacités.

Une fragilité extrême. En 2016, le RCA a été classé le pays le plus fragile en termes de développement humain. Les indicateurs sur la mortalité, l’éducation sont les plus faibles au monde. Cette extrême pauvreté est notamment le résultat de problèmes structurels qui alimentent le fond de la crise. Seule l’alliance entre les programmes humanitaires, ceux du relèvement et du développement permettra une sortie de la crise.

Médiation communautaire. Les cycles de crise se sont multipliés depuis 2013. Il en résulte une désintégration du tissu social et un niveau de vulnérabilité critique. Les mécanismes communautaires de médiation, parmi lesquelles s’illustrent les plateformes inter-religieuses, restent le seul et dernier recours pour empêcher des explosions de violence.

Impact humanitaire

La totalité de la population (4,6 millions de personnes, dont 50% sont des enfants) a été victime de l’une des crises qui se sont succédées ces dernières années. Plus de la moitié de la population (2,4 millions de personnes) a besoin d'une aide humanitaire d'urgence. Depuis octobre 2016, la crise s'est intensifiée et a créé de nouveaux besoins.

Mouvement de la population. Le nombre de personnes déplacées a augmenté de 25% entre janvier et juin 2017. En mai 2017, un cinquième de la population totale de la RCA est déplacé (503 6001 personnes déplacées, dont 154 718 sont dans des sites, 343 382 en familles d'accueil). 47% des personnes déplacées sont des enfants)., Près d’un demi-million de réfugiés se trouvent également en RDC, au Tchad, au Congo, au Soudan, au Soudan du Sud et au Cameroun.

Les sites de déplacés se sont multipliés et sont souvent difficiles à protéger et le caractère civil de ces sites n’est pas toujours respecté. Les crises successives maintiennent la population dans la peur de nouvelles attaques freinant les mouvements de retour. L'absence d'infrastructures routières et l’insécurité limitent l’accès humanitaire. Chaque nouveau déplacement

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

To learn more about OCHA's activities, please visit http://unocha.org/.