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République Centrafricaine : Mise à jour du suivi à distance - Une soudure particulièrement rude contraint les ménages pauvres à une consommation peu diversifiée et insuffisante, Juillet 2021

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MESSAGES CLÉS

• Les ménages pauvres, les déplacés internes et leurs ménages hôtes vivent une soudure particulièrement rude et précoce. Les récoltes de l’année dernière n’ayant pas été bonnes du fait de nombreux aléas (ennemis de cultures, conflits de transhumance, vols et pillages par les groupes armés et insécurité) les réserves alimentaires se sont épuisées plus tôt que d’habitude. Ces ménages vivent présentement une insécurité alimentaire de phase Crise (Phase 3 de l’IPC). Malgré une aide humanitaire fournie à 1,2 million de personnes au 1er trimestre 2021 (selon OCHA), les besoins d’une alimentation adéquate sont persistants.

• La disponibilité de certains produits, tels que le maïs, le haricot blanc, le sorgho, l’huile de palme et dans une moindre mesure le manioc, est relativement faible sur les marches. Au cours de ce mois, l’approvisionnement de Bangui en produits alimentaires importés s’est nettement amélioré, à cause de l’intensification des flux en provenance du Cameroun, de la République Démocratique du Congo et sur l’axe Mbaïki, Paoua et Sibut. Toutefois, le ravitaillement des autres villes à partir de Bangui reste difficile à cause de la présence des rebelles sur certains axes tels que Bambari-Alindao-Bangassou; Bangui-Bria; Bangui-Bossangoa et Bangui-Bozoum.

• Dans l’ensemble, les prix des denrées locales (maïs, haricot blanc, sorgho, l’huile de palme) sont globalement en augmentation saisonnière en ce mois de juillet comparativement au mois précédent. Comparés à l’année passée, ces prix sont en général en hausse. Ces hausses sont consécutives à une faible disponibilité de ces produits et a une demande de plus en plus forte.

• Sur le plan sanitaire et nutritionnel, on enregistre une augmentation du nombre des admissions au niveau des centres de santé du pays par rapport à l’année passée à la même période. Le nombres de cas de Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) est assez inquiétant dans certains centres de santé, notamment Bambari et Alindao. Ce qui pourrait refléter une dégradation importante de la situation alimentaire au niveau des ménages mais également une incidence élevée des morbidités. Selon l’UNICEF, cette année les cas de malnutrition ont augmenté de 25% par rapport à 2020. En cause, la pandémie du COVID-19, mais également la violence qui entrave l’accès à la nourriture et le fonctionnement des structures sanitaires.