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République centrafricaine : le Comité des sanctions du Conseil de sécurité se réunit avec son Groupe d’experts et s’informe sur la gestion des armes et des munitions

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SC/13123

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, M. Koro Bessho (Japon):

Le 4 décembre 2017, le Comité du Conseil de sécurité créé en application de la résolution 2127 (2013) concernant la République Centrafricaine a tenu des consultations au sujet du rapport final du Groupe d’experts, présenté en application du paragraphe 28 c) de la résolution 2339 (2017).

Le Groupe d’experts a présenté les principales constatations et recommandations décrites en détail dans son rapport. Il a fait observer que la situation en matière de sécurité, notamment dans le sud-est et le nord-ouest du pays, était toujours instable et qu’aucun véritable progrès concernant le processus politique n’avait été réalisé au cours de la période considérée. Il a insisté sur le fait que les « groupes d’autodéfense », qui sont plus ou moins liés à certains membres du mouvement antibalaka, ont continué de poursuivre leur objectif de « libérer » le sud-est de la République Centrafricaine et de prendre spécifiquement pour cibles les Musulmans et les soldats de la paix. Leurs attaques étaient alimentées par des discours antimusulmans et anti-MINUSCA inflammatoires dont les instigateurs se trouvaient à Bangui.

Le Groupe a observé que les rapports entre les diverses factions ex-Séléka avaient évolué après la signature de l’accord d’Ippy le 9 octobre 2017, qui s’était traduit par la fin des affrontements intra-Séléka, la liberté de circulation sur l’axe Bria-Bambari et la réouverture des couloirs de transhumance. Il a également insisté sur le fait que les groupes antibalaka et les groupes d’autodéfense autoproclamés avaient repris à l’union pour la paix en Centrafrique (UPC) le contrôle des voies utilisées pour le trafic d’armes à Bema, au sud-est de Bangassou à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC), tandis que dans le nord du pays, les activités de trafic d’armes menées par les factions ex-Séléka avaient temporairement ralenti en raison de l’arrivée de la saison des pluies.

Les délégations ont insisté sur le fait que les États de la région devaient coopérer plus étroitement contre le trafic d’armes et se sont déclarés préoccupés par l’état de l’application de l’interdiction de voyager par les États de la région. Elles ont également rappelé qu’il importait que les autorités de la République Centrafricaine gèlent les avoir des ressortissants centrafricains inscrits sur la Liste.

Le Comité a également entendu une déclaration du Service de la lutte antimines lors de laquelle le représentant du Service a fait le point de l’action menée en République Centrafricaine depuis la précédente intervention devant le Comité, en mai 2017. Le Service a continué de fournir des conseils techniques et d’apporter son expertise aux autorités de la République Centrafricaine, de construire et de réhabiliter des installations de stockage d’armes et de munitions et, en coopération avec l’institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR), de les aider à appliquer la feuille de route pour la période 2017 - 2018 concernant les armes légères et de petit calibre qui doit déboucher sur une stratégie et un plan d’action nationaux. À l’occasion de son intervention, qui était la première devant le Comité, le représentant de l’UNIDIR a fait part des premières constatations de l’étude sur la gestion des armes et des munitions en République Centrafricaine, qui fera l’objet d’un rapport publié début 2018.

Les membres du Comité ont remercié le Service de la lutte antimines et l’UNIDIR pour leurs interventions. Plusieurs membres ont accueilli avec satisfaction le rapport final du Groupe d’experts, observant que les travaux du Groupe en faveur de la paix et de la sécurité, y compris la surveillance de l’incitation à la violence par des groupes armés, des dirigeants politiques, religieux et des représentants de la société civile en République Centrafricaine, étaient importants. Plusieurs membres du Comité ont également rappelé qu’il importait que les membres du Groupe d’experts puissent s’acquitter en toute sécurité de leur mandat, énoncé aux paragraphes 27 et 28 de la résolution 2339 (2017).

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