République centrafricaine : Développement communautaire, cohésion sociale et consolidation de la paix

Contexte

Depuis la crise militaro-politique de 2013, les conflits entre groupes armés ont conduit au morcellement du pays et à la détérioration du lien social entre les différentes communautés. Aux problématiques structurelles qui caractérisent le pays depuis trois décennies – dysfonctionnement du système éducatif, absence d’investissement et de création d’emploi, faible gouvernance – se sont ajoutés les effets de cette dernière crise: déplacements des populations, violations des droits de l’homme, destruction et pillage de la majorité des infrastructures étatiques et privées et vol des biens des ménages et de leurs avoirs productifs. Ceci a eu pour conséquence d’affaiblir les capacités de résilience des Centrafricains et de les plonger dans une situation d’extrême fragilité et de vulnérabilité, à la fois sociale, économique, financière et psychologique.

Les communautés agropastorales, qui représentent plus de 70 pour cent de la population, ont été profondément marquées par ces dynamiques alors que leur coexistence pacifique et leur économie sont basées sur des styles de vie, valeurs et habitudes socio-culturelles spécifiques. Certains acteurs politiques et groupes armés ont développé une rhétorique conflictuelle sur une base religieuse et ethnique, exacerbant les tensions entre agriculteurs et éleveurs. Ceci a contribué à déclencher des conflits de plus en plus violents au sein des communautés. Par exemple, les groupes armés prédateurs dans les régions agropastorales ont considérablement nui à la cohésion intercommunautaire qui permettait une gestion à l’amiable des conflits liés à la transhumance sur la base des modèles traditionnels de gouvernance.

Objectifs

• Relancer l’économie des communautés agropastorales à travers des techniques et mécanismes de gestion et de financement qui leur sont propres et qui contribuent à leur autonomisation et à la cohésion sociale.

• Réduire les conflits intercommunautaires, notamment entre éleveurs et agriculteurs, liés au partage des ressources naturelles en améliorant leur gestion.

• Favoriser la cohésion sociale entre les personnes déplacées et les communautés hôtes afin de soutenir leurs interactions pacifiques.

• Consolider la paix en créant des opportunités d’emplois dans le secteur agropastoral pour les jeunes et faciliter la réintégration des anciens combattants de groupes armés.