République Centrafricaine : Aperçu des besoins humanitaires 2020 (octobre 2019)

Contexte de la crise

Malgré la jeunesse de sa population et la richesse de ses ressources naturelles, la République centrafricaine (RCA) reste le deuxième pays le moins développé au monde. Le pays fait face à une mutlitude de défis structurels, qu’il s’agisse de son enclavement géographique, de la non-intégration de ses marchés, de l’absence d’infrastructure, de la faible pénétration de l’autorité administrative-judiciare ou de la fragilité des états voisins. Ces facteurs aggravants ont démultiplié l’impact de la crise qui boulverse les conditions de vie et la protection des populations depuis 2013.

Contexte politique

1.1 Un accord politique pour la paix et la réconciliation aux dividendes sensibles mais fragiles En 2019, la situation politique a été marquée par la signature d’un Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR) entre le Gouvernement centrafricain et les 14 groupes armés principaux, le 6 février. Conformément aux termes de l’accord, un nouveau gouvernement a été investi dès mars 2019. Parmi ses 39 membres, 13 postes ont été attribués à des représentants des groupes armés et un à l’opposition politique. Les femmes comptent pour seulement 7 des effectifs ministériels.
Lors des premiers mois de mise en œuvre de l’APPR, les efforts des parties prenantes se sont concentrés sur la mise en place des structures de suivi de l’accord et sur ses volets sécuritaires, au détriment de la protection des civils et des considérations de développement.

L’APPR constitue un jalon important du processus de paix initié en juillet 2017 dans le cadre de l’Initiative africaine. Le respect des engagements politiques et sécuritaires de l’APPR devrait permettre de réduire les menaces et d’améliorer la situation sécuritaire en RCA. Cependant, l’APPR n’est pas suffisant pour assurer une paix durable, si les conditions qui ont généré la création et la prolifération des groupes armés persistent. Les déficiences fondamentales qui perdurent dans le développement économique et social de la RCA sont les principaux facteurs déclencheurs des conflits successifs, et notamment du dernier en date, qui a éclaté en décembre 2012.

Un rétablissement timide de l’autorité de l’état Malgré les progrès accomplis dans le redéploiement des préfets, des sous-préfets, tous en poste, ainsi que des forces armées et des forces de sécurité intérieure dans certaines régions du pays, l’extension de l’autorité de l’État en dehors de Bangui reste minime et inégalement répartie à travers le territoire.

L’action du Gouvernement reste entravée par une insuffisance chronique de moyens, des défis de gouvernance ainsi que de fortes inégalités dans la répartition des ressources et de la fourniture des services publics.

Une étude réalisée au dernier trimestre 2018 a constaté que seuls 3 418 des 6 500 fonctionnaires affectés étaient présents à leurs postes. Seulement 1 204 étaient présents dans les régions de l’est du pays, témoignant à la fois de la réticence des fonctionnaires à prendre leurs postes dans les régions touchées par l’insécurité et des obstacles posés par les groupes armés au retour de l’état de droit et au redéploiement des fonctionnaires, en violation de l’Accord politique.

Pour les populations, l’ensemble de ces facteurs contribuent à entretenir la perception d’un gouvernement lointain et qui peine à rétablir la paix. En décembre 2018, si deux tiers de la population jugeaient positivement les efforts de l’état en faveur de l’établissement de la paix, la moitié jugeait négativement ses efforts concernant la lutte contre l’impunité et jusque 63% étaient critiques quant aux efforts gouvernementaux contre la corruption3 . En 2018, la RCA était encore classée 149ème sur 180 en termes d’index de perception de corruption.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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