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République centrafricaine : Relancer le dialogue politique

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Nairobi/Bruxelles, 12 janvier 2009: Si le gouvernement de la République centrafricaine s'entête à rejeter le dialogue avec l'opposition et refuse de négocier avec le groupe rebelle restant, le processus de paix déjà fragilisé risque de s'effondrer.

République centrafricaine : Relancer le dialogue politique, le dernier briefing de l'International Crisis Group, analyse l'impact du Dialogue politique inclusif sur la situation dans le pays, et les difficultés auxquelles est confronté cet Etat privé de capacités institutionnelles véritables depuis près de trois décennies. Il démontre que l'intransigeance dont font preuve le président François Bozizé et ses proches et leur refus d'appliquer les décisions prises pendant les négociations de fin 2008 risquent d'exacerber les conflits qui affectent toujours le pays, et de faire échouer le processus de réconciliation nationale.

« Le président fait obstacle aux changements susceptibles d'affaiblir son control sur l'appareil militaire ou sur les ressources publiques », observe Edward Dalby, analyste pour Crisis Group. «De fait, une année qui aurait pu être marquée par l'avancée des réformes a été caractérisée par l'intensification des confrontations politiques et des violences ».

Le dialogue politique inclusif a apporté une contribution significative à la stabilisation de la République centrafricaine. Le régime a accepté que d'autres acteurs politiques participent à la gestion de l'Etat et à l'organisation d'élections prévues pour début 2010. La signature d'un ensemble concret d'accords, comprenant le désarmement de rebelles et la réforme du secteur de sécurité, a été un pas important pour améliorer la situation sécuritaire. Cependant depuis lors, le processus politique a considérablement ralenti. Bozizé n'a pas permis à ses opposants de participer au gouvernement et il rejette les réformes qui touchent à la bonne gouvernance. Entre-temps, le retard dans le désarmement des rebelles signataires de l'accord de paix a entraîné l'émergence de dissidences.

Le gouvernement doit réaliser qu'il n'a pas d'autres choix que de négocier avec le groupe rebelle restant. S'il continue de recourir à la force, les efforts faits pour amener les autres insurgés à la table des négociations risquent d'être vain. La tenue d'élections crédibles est impossible sans une amélioration de la sécurité dans le pays, et une coopération totale avec l'équipe de soutien électoral des Nations unies est indispensable.

A long terme, le développement rural est nécessaire au succès du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des combattants. C'est pourquoi, la Commission de consolidation de la paix devrait mobiliser les donateurs autour du programme « pôles de développement », que la Commission européenne est en train de mettre sur pieds dans le but d'améliorer la situation des provinces.

« Si le gouvernement n'effectue pas des réformes substantielles, l'insécurité continuera de ruiner tous les efforts pour rétablir l'autorité de l'Etat dans les provinces », souligne Daniela Kroslak, directrice adjointe du programme Afrique de Crisis Group. « Le choix est clair pour le président Bozizé: il est dans son intérêt de permettre aux opposants de participer aux affaires de l'état, et ce faisant de réduire leur tentation de vouloir prendre le pouvoir par la force ».