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RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: Le Haut-Mbomou dit non au départ des FORCES ARMEES OUGANDAISES

Depuis l'attaque particulièrement meurtrière de Rafai dans le Mbomou, une polémique a surgi à propos de la présence des Forces Armées Ougandaises (FAO) dans la région.

Lors d'une marche organisée à Bangassou, Chef-lieu de la préfecture du Mbomou, les femmes, dans une pétition déposée au Préfet pour le gouvernement, ont exigé le départ des Forces ougandaises et ont également dénoncé les violences faites aux femmes par les éléments de l'Armée de Résistance du Seigneur de Joseph Koni. Les échos de la pétition des femmes de Bangassou ont été amplifiés et les soldats des Forces Ougandaises sont de plus en plus mal à l'aise dans la région. Pour les femmes de Bangassou, les forces ougandaises seraient complices des rebelles de la LRA. Elles ont fait le constat qu'à chaque passage des soldats ougandais dans une localité, les combattants de l'Armée de Résistance du Seigneur surgissent.

Le Haut-Mbomou commence à être sécurisé

Ces accusations ont beaucoup affecté le moral des soldats ougandais qui ont cru qu'ils étaient déclarés indésirables sur le territoire centrafricain. Les responsables du détachement militaire ougandais ont envoyé des message à leur haut-commandement à Kampala qui leur aurait intimé l'ordre de quitter le territoire centrafricain compte tenu de ces accusations très graves. Les soldats ougandais ayant démarré les préparatifs de leur départ, la population du Haut-Mbomou a commencé à se rendre compte que quelque chose n'allait plus au sein du contingent ougandais.

Alertée par la nouvelle du départ, la population du Haut-Mbomou est très inquiète. Ainsi, des notables de la ville d'Obo sont allés voir le Colonel Emmanuel, Chef du détachement ougandais, pour lui demander de maintenir les troupes en place. Pour les notables qui ont vraiment supplié les Ougandais, c'est grâce à eux que la préfecture du Haut-Mbomou commence à être sécurisée. Pour matérialiser l'offre de rester faite aux Ougandais, la population d'Obo se propose d'organiser une marche de soutien pour que les troupes ougandaises restent dans le Haut-Mbomou contrairement aux sentiments de méfiance du Mbomou.

Une force dissuasive

Depuis le débarquement des Ougandais dans le Haut-Mbomou, avec l'appui des Forces Armées Centrafricaines, ils ont mené des opérations de choc qui ont fait plusieurs tués, blessés et capturés dans les rangs des combattants de l'Armée de Résistance du Seigneur de Joseph Koni. Traqués, les rebelles ougandais, qui opèrent par petits groupes, sévissent de moins en moins dans le Haut-Mbomou. Cette année, ils se signalent, très loin de leurs bases, dans le Mbomou et même dans la Haute-Kotto. Le départ des troupes ougandaises du Haut-Mbomou serait revenir à la case départ o=F9 les villages et les localités étaient en proie à des menaces quasi-quotidiennes. La présence des forces armées ougandaises, avec les actions de terrain, constitue une force de dissuasion qui amène les rebelles de Koni à dorénavant se méfier des surprises. Au cours d'une attaque récente, le n=B0 2 du mouvement de Joseph Koni a même été tué; ce qui n'est pas une moindre chose. L'armée ougandaise a resserré l'étau pour décapiter l'Armée de Résistance du Seigneur. Qui comblera le vide si ce détachement venait à quitter précipitamment le Haut-Mbomou comme cela semble se préciser ? le gouvernement centrafricain, qui avait négocié cette présence, n'a pas encore dit son dernier mot.