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République Centrafricaine: L'ancien parti au pouvoir soutient le nouveau leader

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NAIROBI, 25 mars (IRIN) - L'ancien parti au pouvoir, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) du président Ange-Félix Patassé renversé par le coup de force de François Bozizé, a reconnu ce dernier comme le nouveau président de la République centrafricaine (RCA) et s'est déclaré prêt à participer à un gouvernement transitoire consensuel, sous réserve que la sécurité de ses leaders et de sa milice soient garanties.
« Monsieur le président, le MLPC, au nom de qui je parle aujourd'hui, a pris note du changement qui s'est produit à la tête de l'Etat ... et de la déclaration que vous avez faite à propos d'une transition consensuelle, » a déclaré jeudi Jacquesson Mazette - ministre de l'intérieur sous le régime de M. Patassé et l'une des figures du MLPC - à l'occasion d'une rencontre des partis politiques et de M. Bozizé.

Dans son allocution, diffusée sur les ondes de la radio catholique Notre-Dame, M. Mazette a salué l'arrivée de M.Bozizé au pouvoir et lui a recommandé de prendre les mesures nécessaires pour rassurer les dirigeants et les membres du MLPC qui sont aujourd'hui gravement menacés. « Si nous devons participer à cette transition consensuelle que vous avez annoncée, nous vous demandons de prendre les mesures nécessaires qui empêcheront que nous soyons pourchassés et qui nous permettront de rentrer chez nous dans la paix et la tranquillité, » a lancé M. Mazette, rappelant que leur domicile n'était plus qu'un souvenir puisqu'ils avaient tous été pillés.

M. Mazette ainsi qu'un grand nombre de ses collègues font partie des 110 personnes qui se sont réfugiées à l'ambassade du Nigeria à la suite du coup d'Etat orchestré le 15 mars par M. Bozizé. Des tentes ont été érigées pour les protéger de la pluie par les soldats de la force de la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC) et le Comité international de la Croix-Rouge est en contact avec l'ambassade pour les questions liées à la santé.

En réponse, M. Bozizé, dont le bureau se trouve à Camp Beal, ancienne base militaire française, a reconnu que l'insécurité régnait dans la capitale et a ajouté que cette situation justifiait son appel pour le déploiement de troupes étrangères. « Nous avons lancé un appel à l'armée tchadienne avec la CEMAC et les forces locales de sécurité en vue de régler ce problème, » selon M. Bozizé. Il a ajouté que les miliciens du MLPC étaient les principaux responsables du pillage des bureaux administratifs et des commerces. Il a indiqué que les dirigeants du MLPC avaient distribué des armes à la milice du parti.

Depuis son arrivée à Bangui mercredi, environ une centaine de soldats tchadiens patrouillent les rues de la capitale, bloquant l'accès au centre-ville et érigeant des postes de contrôle. Ils désarment également le « faux » personnel de sécurité - les jeunes armés de fusils volés dans le palais présidentiel qui ont participé aux innombrables actes de pillage.

Jeudi soir, des dizaines de véhicules appartenant aux « libérateurs » ont été saisis et garés près des postes de contrôle avant d'être rendus à leurs propriétaires.

La présence des Tchadiens semble avoir rassuré la population. La circulation a repris bien que les stations-essence soient restées fermées. Quelques magasins ont également rouvert.

A part le MLPC, d'autres forces politiques importantes ont déjà exprimé leur soutien total à M. Bozizé. Douze partis de l'opposition regroupés sous la Concertation des partis politiques d'opposition (CPPO) se sont déclarés prêts à participer à l'administration transitoire.

Même réaction pour le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), le parti de l'ancien président André Kolingba, qui avait lui aussi lancé une tentative de coup de force en mai 2001. Dans un communiqué publié mercredi, le RDC a demandé une amnistie générale pour tous les membres du parti, dont M. Kolingba, condamnés par contumace dans le cadre du procès sur la tentative de putsch. Le communiqué demandait aux membres du parti de se mettre à la disposition des nouvelles autorités.

Le Mouvement pour la démocratie et le développement (MDD) de l'ancien président David Dacko, a publié un communiqué déclarant que les idées de
Bozizé se conformaient aux idéaux que M. Dacko avait toujours défendus. Le texte, publié mercredi, indiquait que le MDD contribuerait à la construction d'une nouvelle RCA.

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