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Prendre en compte les besoins spécifiques des femmes dans le processus de paix et de sécurité en RCA

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En Centrafrique, la participation des femmes et des enfants dans les processus de paix formels est très faible. Pour pallier cette situation, un atelier a été initié, du 18 au 19 décembre 2017, relatif aux indicateurs sur le genre et le rôle des femmes dans le processus de paix et de sécurité, et a réuni des représentants de chaque section de la MINUSCA.

Animé par les consultantes du bureau de l’Unité Genre au siège des Nations Unies à New York, Julian Foster et Patricia Njoroge, l’atelier a permis, deux jours durant, de présenté les points saillants du concept genre dans le nouveau mandat de la MINUSCA et une nouvelle approche de travail avec les différents points focaux. En effet, ledit mandat met un accent particulier sur l’aspect genre dans le processus politique, la protection des civils, l’appui au processus de paix et de la réconciliation nationale. La Résolution 2387 met, entre autres, en exergue le rôle crucial de la société civile dans le processus de paix et de réconciliation, encourageant par ailleurs, la participation entière et effective des femmes.

Pour la Conseillère principale en genre pour la MINUSCA, Gladys Atinga, « la participation des femmes dans les processus de paix est indispensable à l’établissement et au maintien de la paix. L’exclusion des femmes lors de ces processus a des conséquences importantes sur la façon dont les questions qui les concernent sont abordées, telles que les problèmes de violence envers les femmes. Il est alors nécessaire de revoir le rôle des femmes et surtout de les préparer à nous aider à mettre du nouveau mandat de la MINUSCA».

« Les femmes ont toujours été très actives dans les campagnes et les mobilisations publiques pour la paix auprès du gouvernement ou de groupes armés. Mais ce rôle souvent crucial demeure peu visible dans les instances formelles de négociation de la paix », a pour sa part, déploré la participante Armelle Pana, membre de l’unité de la protection de l’Enfant de la MINUSCA, avant de plaider, à l’issue des travaux, pour la prise en compte des besoins les plus profonds des femmes « afin de rendre plus efficace leur participation aussi bien à la vulgarisation du nouveau mandat qu’au processus du retour à la paix . »

Au rang des recommandations, les participants ont ressorti la nécessité de l’intégration systématique de la stratégie de prise en compte du genre dans l’analyse des projets de réinsertion. Aussi, ont-ils jugé impératif que les points focaux participent à l’exercice d’analyse des projets pour s’assurer de la prise en compte des besoins spécifiques des femmes et des enfants. « A toutes les étapes du processus DDR par exemple, l’analyse par genre est une démarche qui prend en considération ces spécificités propres, et permet d’élaborer des stratégies et programmes d’actions pertinents. Il s’agit là d’une question de justice et d’équité, puisque les femmes et les hommes ont des rôles respectifs à jouer», a conclu l’officier de l’unité genre de la MINUSCA, Pierrot Fendema, en guise d’illustration.