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Police communautaire : rapprocher davantage la population aux forces de sécurité

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« Police, gendarmerie, population, bâtissons une société plus sure ». C’est le slogan choisi par la Police de la MINUSCA lors d’une séance de sensibilisation à l’endroit des populations du 1er arrondissement de Bangui, ce vendredi 19 février 2016. Cette activité a été menée dans le cadre de la sensibilisation, par la MINUSCA, de la population des 8 arrondissements de Bangui et ses banlieues (Bimbo et Begoua) sur les activités de la police communautaires.

Cette sensibilisation dont le rôle est de rapprocher davantage la population aux forces de sécurité intérieure (police et gendarmerie) a été conduite par Rebecca Nnanga, point focal de la police communautaire au sein de la UNPol en présence du Commissaire de la Police de la MINUSCA, Luis Carrilho, , du Commissaire de la police du 1er arrondissement de Bangui, Micheline Pouniguinza, du Maire du 1er Arrondissement, Jules Abezoua, et du Chef des Opérations de la Composante Police de la Mission, Soulemanou NGAMSOU.

La sensibilisation concernait une trentaine de personnes, au nombre desquels les chefs de quartiers, les représentants des organisations féminines et de jeunes, les policiers et gendarmes, etc. Le premier besoin dans l’exécution du projet de police communautaire, a expliqué Rebecca Nnanga, c’est la sécurité. Et d’inscrire l’objectif de cette sensibilisation dans la volonté d’amener la population à collaborer avec la police et la gendarmerie, aussi bien au niveau de la sécurité que dans l’exécution des projets de développement des populations. L’autre objectif concerne la prévention des crimes commis au sein de la société. Et, comme le souligne Rebecca Nnanga, la population doit collaborer et coopérer avec la police. Cela « n’est possible que quand la population a confiance en sa police. »

« Soyez exigeants envers cette police qui doit vous fournir des services de qualité (…) si un policier débarque chez vous avec un bâton pour vous menacer ou vous fouetter, portez plainte» souligne Rebecca Nnanga selon qui le grand partenaire de la police est la population, raison pour laquelle l’un des facteurs de la réussite de la police communautaire est d’avoir des relations saines, pures, franches et sincères entre ces deux groupes.

Au nom de leurs populations, les Chefs de quartiers ont posé des questions clarifications et formulé des demandes et propositions. Jean Abeye, chef de quartier Centre-ville, s’est plaint du fait que « dans le passé, la police ne réagissait pas vitre à l’appel au secours de la population». Quant à Mme Zokwezo, suppléante du Chef de quartier Cité Veret, « c’est toujours le manque de suivi qui a toujours avorté les projets dans ce pays. Raison pour laquelle, il faut des réunions régulières avec la population sur les activités de la police communautaire. » Le Chef de quartier 236 villas, Dieudonné Coumanzi-Malo, a, lui, proposé le recensement de tous les habitants du 1er arrondissement « qui est de nature cosmopolite ». Car « souvent, les malfaiteurs font du mal et disparaissent parce qu’ils ne sont pas du 1er arrondissement. » Le Chef de quartier Assana, Honoré Douba a estimé que dans le projet de police communautaire, il devrait y avoir une collaboration efficace et efficiente avec le Parquet et les services pénitentiaires. Car pour lui, le malfaiteur est arrêté, mais trois jours après il est relâché et revient menacer le policier, le citoyen ou l’administratif qui l’avait fait arrêter.

Ces questions, requêtes et propositions ont trouvé leurs réponses dans l’intervention du Commissaire Luis Carrilho selon qui, aujourd’hui, à travers le monde entier, la police et la population travaillent main dans la main pour prévenir ou gérer les problèmes. « Nous avons besoin de vos participation et soutien pour que nous puissions vous aider à régler vos problèmes, à travers l’exécution des projets ». Car selon lui, « en dehors de la sécurité, la police doit participer au développement national.

Pour rappel, dans le cadre du projet de la police communautaire, la MINUSCA a formé 118 éléments des Forces de Sécurité intérieure centrafricaines (Police et Gendarmerie) de septembre 2015 à janvier 2016 en police communautaire et sont actuellement déployés dans les 8 arrondissements de Bangui. Pour une meilleure collaboration avec la Police de la MINUSCA, 18 policiers de la Mission qui vont travailler avec leurs collègues centrafricains ont été également formées du 8 au 12 février 2016.

Dans son mandat, la MINUSCA doit appuyer et coordonner l’assistance internationale fournie à la police, aider les autorités de transition à élaborer et à exécuter des programmes de lutte contre la violence communautaire. Elle se doit aussi de surveiller les violations du droit international humanitaire et du droit de l’homme sur toute l’étendue du territoire de la RCA.