Informing humanitarians worldwide 24/7 — a service provided by UN OCHA

CAR

OCHA République centrafricaine (RCA) Flash Update 1: Bria - 22 novembre 2016

Attachments

Contexte général

Le 21 novembre, de violents combats ont éclaté entre deux groupes rivaux d’hommes armés basés à Bria. Le bilan humain de ces combats, qui ont duré presque toute la journée, est très lourd. A la fin de la journée du 21 novembre l’Hôpital Préfectoral de Bria avait enregistré 6 personnes mortes et 52 blessées dont 13 graves. Divers témoignages ont également fait état de nombreux corps à travers la ville ; tandis qu’une vingtaine de blessés était signalés dans un camp de la MINUSCA.

Des affrontements entre les deux parties, visiblement motivés par le contrôle de couloirs de transhumance, avaient déjà été rapportés le 8 novembre dernier au niveau de la localité de Boungo (environ 45 au nord de Bria sur l’axe Bria-Ouadda). Depuis lors, la tension qui ne cessait de monter entre les deux camps laissait craindre la survenue d’une confrontation dans la ville de Bria.
Malgré l’arrêt des combats dans l’après-midi du 21 novembre, la situation à Bria reste très tendue, notamment en raison de la mobilisation encore visible des combattants de part et d’autre. Le 22 novembre, en dépit des efforts des forces internationales en vue de stabiliser la situation, la ville de Bria était toujours divisée en deux zones d’influence des belligérants et la circulation ainsi que toutes les activités restaient à l’arrêt.

Des répercussions des combats du 21 novembre à Bria sont perceptibles à Bambari où les deux groupes armés concernés sont présents et où le risque de confrontation est également redouté. Depuis le 21 novembre, un climat de psychose règne dans la ville affectant les activités scolaires et celles des commerces. Par crainte de représailles en lien avec la situation à Bria, des déplacements préventifs de ressortissants de certaines communautés ont également été observés.

Implications sur le plan humanitaire

  • Mouvements de population : D’importants déplacements de populations fuyant les quartiers affectés par les combats ont été enregistrés. La MINUSCA signale l’arrivée d’environ 10 000 personnes déplacées regroupées autour de son camp à Bria.
    La précarité de la situation sécuritaire n’a pas encore permis aux acteurs humanitaires basés dans la zone d’évaluer la situation de ces déplacés.
    A Bambari, par crainte de représailles suite aux combats de Bria, une centaine de ressortissants de certaines communautés ont fui leurs quartiers depuis le 21 novembre pour se réfugier autour des bureaux de la MINUSCA. Une vingtaine d’autres personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont également été accueillies le même jour à la Paroisse Notre Dame de la Victoire, à la rive Ouest de la ville.

  • Accès humanitaire: La majorité des acteurs humanitaires basés dans la ville de Bria sont en confinement depuis le 21 novembre. Seul un acteur santé a pu maintenir des interventions d’urgence. Les mouvements des humanitaires à travers la ville de Bria restent difficiles à envisager en raison de la persistance de l’insécurité.

  • Protection : L’assimilation des groupes armés en présence aux communautés augmente particulièrement le risque de représailles à l’endroit des populations civiles. Ceci explique en grande partie les déplacements observés actuellement.

Réponse en cours ou planifiée par les acteurs

Santé

  • La prise en charge des blessés est assurée à l’hôpital Préfectoral de Bria appuyé par MSF France. A la fin de la journée du 21 novembre, 52 blessés avaient été accueillis par cette structure. Par l’approche clinique mobile, MSF a pu également prodiguer des soins à 22 blessés qui se trouvent dans une base de la MINUSCA à Bria.

  • MSF France envisage de déployer dans les 24 prochaines heures, par avion, une équipe de chirurgiens et anesthésistes à Bria. Il est prévu, par la même occasion, l'évacuation des blessés qui ne peuvent pas être traités sur place.

Contraintes :

  • L’insécurité au niveau de l’Hôpital et sur le chemin menant à celui-ci, suite à la présence d’hommes armés reste une contrainte majeure pour l’accès aux soins pour une partie de la population.

  • L’insécurité empêche aussi le personnel médical de l’ONG IMC d’accéder à cette structure.

Coordination au niveau de Bangui :

  • Une réunion de crise de la Task Force Contingence, élargie aux acteurs humanitaires ayant une présence à Bria, a été consacrée à la situation à Bria ce 22 novembre. A l’issue de cette réunion, qui a été facilitée par le HC a.i, les points d’actions ci-après ont été retenus :

    • Faire un plaidoyer (par le Coordonnateur humanitaire ai et OCHA) auprès de la MINUSCA pour :  la sécurisation et la protection des points sensibles : accès à l’hôpital et au site des déplacés ;

       faciliter l’acheminement de stocks à Bria;

       assurer la sécurisation de ces stocks a Bria ;

    • En attendant que la situation sécuritaire permette l’acheminement de stocks vers Bria, envisager le prépositionnement des stocks à Bangassou, et identifier les stocks disponibles au niveau de Bangui et réseaux d’approvisionnement depuis Bangui.

    • Transmettre les informations sur le poids/volume des stocks pour appuyer une éventuelle demande d’appui logistique à la MINUSCA.

  • Quelques informations relatives aux ressources disponibles en vue de soutenir la réponse à Bria :

    • Sécurité alimentaire :

    • PAM : Disponibilité de rations alimentaires au niveau de Bambari qui pourraient être adaptée en fonction des capacités de transport disponibles (assistance initiale de 10 jours pour 6000 personnes, environ 21 MT de vivres. Ces stocks sont pour l’instant à Bangui et partiront dès le 23 novembre à Bambari

    • Abris (Bâches et NFI) :

       ACTED RRM : Stock de NFI prépositionné à Bangassou pour 1 000 ménages

       HCR : Disponibilité de 100 tentes familiales et 2000 couvertures au niveau de Bangui

    • Eau, hygiène et assainissement :

       Oxfam dispose d’une capacité de réponse d’urgence à Bria (10 pompes India mark II et matériaux de construction/réhabilitation des points d’eau, kit d'analyse de l'eau, outils et matériaux pour construction d'infrastructures EHA, eau de javel, 2 000 pièces de savon (200g) et 5 000 pièces d’Omo), ainsi que de moyens roulants et de ressources humaines.

       Des ressources supplémentaires (Oxfam) sont disponibles au niveau de Bangui en cas de besoin, notamment des bladders et consommables de traitement d’eau et de contrôle qualité d’eau.

Coordination au niveau de Bambari:

  • Compte tenu du risque de détérioration de la situation à Bambari, les acteurs dans les différents secteurs ont entrepris de mettre à jour les informations sur leur capacité de réponse ;

  • Une réunion de la Task Force Contingence de Bambari est prévue le mercredi 23 novembre.

Disclaimer

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.