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Musulmans et chrétiens liés par un pacte de non-agression et de réconciliation communautaire à Bangui

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Les communautés du PK5 (3e arrondissement de Bangui) et de Boeing (sous-préfecture de Bimbo III) ont signé, ce 11 février, un pacte de non-agression et de réconciliation communautaire, en présence d’autorités nationales et locales, de chefs religieux et de représentants de la communauté internationale. Fruit de longs mois de négociations entre le groupe d’auto-défense du 3eme arrondissement et les ex-antibalaka de Boeing, ce pacte met fin à deux années de fermeture du cimetière musulman de Boeing.

« Le pacte de non-agression que vous signez est le serment de votre aspiration à vivre ensemble dans la paix, la réconciliation et la liberté, a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga. Ce pacte est le refus de la fatalité et de la peur de l’autre », a-t-il poursuivi en rappelant que l’ouverture du cimetière contribue à réparer une injustice et à rétablir les Musulmans centrafricains dans leur droit fondamental. « A travers la signature du pacte de réconciliation, ces deux communautés, musulmanes et chrétiennes donnent de l’espoir à la jeunesse, de l’espoir aux vieillards, de l’espoir à toutes les couches sociales, de pouvoir aspirer à une vie meilleure et ont décidé « plus jamais ça ! a déclaré pour sa part Arnaud Djoubane Abazene, Ministre des Transports, représentant la cheffe de l’Etat de la transition.

Le cimetière musulman de Boeing, fermé en 2013 par les milices anti-balaka, cristallisait les tensions entre chrétiens et musulmans dans la capitale centrafricaine. Toute tentative d’inhumation se soldant par des affrontements entre jeunes des deux communautés, les dépouilles finissaient inhumées dans des lieux aussi inappropriés que des églises ou des domiciles. Les efforts conjoints de l’Ambassade de France, de la MINUSCA et du PNUD ont permis de faciliter les discussions entre les groupes armés et d’obtenir leur engagement ferme de ne plus recourir à la violence.

Pour confirmer cet engagement, une inhumation symbolique a eu lieu, en présence notamment de l’Archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, de l’Imam, Kobine Lamaya, du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Parfait Onanga, du Représentant résident du PNUD, Aurélien Agnébonci, de l’ambassadeur de France, Charles Malinas, de l’ambassadeur des USA, Jeffrey Hawkins et du coordonnateur du Comité de pilotage pour la réouverture du cimetière, le pasteur Vincent Pingo.

Théâtre de violents affrontements durant la crise, les quartiers de PK5 et Boeing font l’objet d’une grande attention du Gouvernement de transition et de ses partenaires. Afin de rétablir le lien et de promouvoir la cohésion sociale, des travaux à haute intensité de main d’œuvre ont été lancés en juillet 2015 sur financement conjoint de la MINUSCA et de l’Ambassade de France. Des actions de sensibilisations communautaires avec les jeunes et les femmes ont été menées par le PNUD, qui s’est aussi engagé à soutenir la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus dans cette zones. Les THIMO qui mobiliseront à terme 1200 jeunes de toutes confessions, dans des travaux d’assainissement, de reprofilage routier et de réhabilitation d’installations communautaires ont démarré par la réhabilitation des voies d’accès et le nettoyage du cimetière. C’est à ce titre qu’en marge de la cérémonie de signature du pacte a été posée la première pierre du marché de Boeing

Intervenant à 3 jours du second tour de la présidentielle centrafricaine, la signature du pacte de non-agression et de réconciliation entre les communautés de Bimbo et PK5 est un signal fort du processus de réconciliation nationale en cours en RCA. Elle exprime la volonté ferme du peuple centrafricain à tourner la page des violences et œuvrer à la reconstruction du pays.