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Les efforts conjoints acteurs centrafricains – MINUSCA permettent à la Mambéré-Kadeï de preserver le calme

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La ville de Berberati et la préfecture de la Mambéré-Kadeï, dans le sud-ouest de la Centrafrique, vivent dans la paix et la sécurité, ont témoigné mercredi les autorités politiques et religieuses locales, en soulignant la contribution de la MINUSCA. La Préfète de la Mambéré- Kadeï, Philomène Ndounda, l’évêque de Berberati, Monseigneur Denis Kofi, le second imam de la mosquée de Berberati, Rachid Mamouda, ainsi que le chef du bureau de la MINUSCA dans la ville, Pericles Gasparini, étaient les invités de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission.

“Je suis en place depuis 19 jours, que j’ai consacrés à l’installation des sous-préfets, à des visites de terrain et à des rencontres. J’ai pu constater qu’il y a la cohésion sociale mais aussi des problèmes comme le chômage des jeunes, l’abandon scolaire, le nombre élévé de filles qui ne vont pas à l’école, l’état des routes et des zones sans couverture téléphonique », a indiqué la Préfète de la Mambéré- Kadeï, en ajoutant qu’elle travaille actuellement sur sa feuille de route pour la préfecture.

Pour sa part, l’évêque de Berberati a indiqué que la plateforme religieuse mène une “réconciliation de proximité” dans la localité, pour aider les individus et les communautés à s’accepter et à régler leurs différends, selon Monseigneur Kofi, dont l’évêché a abrité des milliers de déplacés musulmans lors de la crise. « La violence est un suicide. Il nous faut donc encourager cette réconciliation de proximité, en œuvrant ensemble tous les jours pour la paix », a-t-il insisté. Le prélat a annoncé que grâce aux actions de la Plateforme, des musulmans ont regagné un quartier déserté au plus fort de la crise.

Pour sa part, le second imam de la Mosquée de Berberati Rachid Mamouda, également membre de la plateforme des confessions religieuses de Centrafrique, déclare que la crise dans le pays « n’est pas une crise religieuse mais une crise politique ». « De ce fait, je demande aux hommes politiques de cesser avec les manipulations. Il ne faut pas mélanger la politique et la religion, nous avons toujours vécu ensemble avant cette crise », a insisté l’imam.

Le chef du bureau de la MINUSCA à Berberati, Pericles Gasparini, a souligné que la Mission est sur tous les fronts pour participer au maintien de la zone verte dans la région. « Cette paix ne s’est pas faite en un jour. Elle est le résultat d’un travail accru des leaders religieux ici présents. Cette paix est aussi le fruit de la volonté des populations, des communautés composant ces deux préfectures qui ont mis de côté les différences ethniques, religieuses et culturelles pour vivre ensemble en harmonie”, a indiqué le responsable de la MINUSCA.

Il a énuméré entre autres l’appui de la Mission aux forces de sécurité intérieure pour maintenir la sécurité dans la zone, une opération de collectes d’armes volontaires en partenariat avec le Gouvernement ainsi que de nombreux projets à impact rapide, qui ont permis de réhabiliter des ponts. « D’autres ponts et routes seront réhabilités dans le cadre de ces projets, ce qui permettra à la Force de mener davantage de patrouilles mais aussi aux humanitaires de mener leurs actions », a-t-il ajouté.

Le chef de bureau à Berberati a toutefois précisé que “l’arbre ne doit pas cacher la forêt, il y a encore des défis à relever notamment les attaques verbales ou menaces individuelles ou isolées dont font face certains sujets musulmans”. Parmi ces défis, il a cité quelques poches isolées de préfecture comme Amadagza, Noufou et Dilapoko, Gamboula et Nassoley, où la MINUSCA est intervenue avec les moyens humains et militaires. « La MINUSCA appuie les Forces de Sécurité Intérieure, pour maintenir la sécurité dans les deux préfectures », a dit le chef de bureau, en soulignant la collaboration avec les autorités avec la création du comité conjoint de sécurité, dont le plan d’action permettra de faire face aux défis sécuritaires.

De son côté, le Porte-Parole de la MINUSCA Vladimir Monteiro a annoncé que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Parfait Onanga-Anyanga, s’est rendu mercredi à Bangassou, en compagnie du Ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité Publique, Général Henri Wanzet Linguissara. Le but de ce voyage est de constater les efforts entrepris par la MINUSCA dans le cadre de son mandat et échanger avec les autorités en vue de la stabilisation de la ville, où la MINUSCA vient de lancer le projet “Cohabitation pacifique et sécurité des déplacés”. Quarante-quatre jeunes des deux communautés été engagés dans ce projet de cohésion sociale.

Par ailleurs, le porte-parole a salué, au nom de la MINUSCA, l’étroite collaboration avec les autorités centrafricaines, en particulier avec les forces de sécurité intérieures, lors des incidents survenus vendredi dernier à Bangui, tout en dénonçant « les actes inacceptables du 24 novembre