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Le Secrétaire général rappelle le souhait des Centrafricains de voir les auteurs de crimes graves répondre devant la justice

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La détérioration de la situation humanitaire, les violations des droits de l’homme et l’impact des violences actuelles sur le fonctionnement du secteur de la justice en République centrafricaine font partie des points contenus dans le rapport de Secrétaire général des Nations unies, présenté mercredi au Conseil de sécurité et abordé jeudi à Bangui, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la MINUSCA. « Le peuple de la RCA continue d’exiger que ceux qui ont commis des crimes graves et des violations des droits de l’homme et du droit humanitaire international soient traduits en justice », a rappelé le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, citant un passage du rapport publié le 16 février dernier.

Le Secrétaire général condamne la violence qui persiste depuis l’invalidation de la candidature de François Bozizé à l’élection présidentielle, et dénonce “le coût incalculable et inexcusable en termes de vies civiles et pour les institutions nationales”. Selon le rapport, la situation humanitaire s’est détériorée en raison des attaques contre les civils et les travailleurs humanitaires, des tensions intercommunautaires et de la violence des groupes armés, ce qui fait que « plus de la moitié de la population (2,8 millions de personnes) a besoin d’une aide humanitaire et d’une protection » tandis que « depuis la mi-décembre, environ 240.000 personnes ont été nouvellement déplacées, et en janvier 2021, 66 incidents contre des travailleurs humanitaires ont été signalés, soit le plus grand nombre jamais enregistré ». Les groupes armés cités dans le rapport sont le 3R, le MPC, l’UPC, un groupement du FPRC et les anti-Balakas ailes Mokom et Ngaïssona.

De même, le Secrétaire général constate dans son rapport que la violence électorale a eu de graves répercussions sur le fonctionnement du secteur de la justice. « Au 1er février, 69 % des 208 membres du personnel judiciaire prévus étaient en poste et 60 % des tribunaux de première instance et d’appel étaient opérationnels. Le Ministère de la justice a suspendu toutes les missions judiciaires temporaires dans les zones contrôlées par des groupes armés en raison de la violence alors que la MINUSCA apportait un appui pour le transfert à Bangui des magistrats de Bangassou, Bouar et Paoua », peut-on lire dans le document.

« J’invite les autorités nationales à redoubler d’efforts, par le truchement du système judiciaire, pour que les responsables rendent des comptes et pour faire progresser la lutte contre l’impunité de manière impartiale et indépendante », indique le rapport, appelant aussi à la lutte contre l’incitation à la haine visant notamment la MINUSCA et les partenaires.

Le porte-parole de la MINUSCA a également évoqué le plaidoyer du Secrétaire général pour une augmentation de l’effectif des casques bleus - 2750 militaires et 940 policiers supplémentaires -, pour accroître « la capacité de la Mission à s’acquitter des tâches prioritaires de son mandat compte tenu de l’évolution actuelle de la situation ». « Ces moyens accrus ne remplacent en aucun cas la responsabilité première des autorités nationales qui est de faire progresser le processus de paix et de protéger la population et ne constituent pas non plus une solution militaire aux défis actuels », indique le Secrétaire général dans son rapport, en rappelant que « seule une solution politique permettra d’instaurer une paix et un développement durables ».

Sur un autre chapitre, le porte-parole est revenu sur la déclaration de la Coordinatrice humanitaire des Nations unies en RCA, Denise Brown et du Représentant de l’UNICEF en RCA, Fran Equiza, qui se disent « extrêmement préoccupés par l'impact de la récente escalade de violence en République centrafricaine sur l'éducation de centaines de milliers d'enfants dans le pays ». Selon eux, au moins « 26 écoles » dans le pays sont toujours occupées par des groupes armés 999 ne sont pas opérationnelles en raison des combats, l’UNICEF se disent « déterminés à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement, nos partenaires de mise en œuvre et les communautés pour faire en sorte que les écoles puissent être rouvertes et réhabilitées sans plus attendre ».

De son côté, le porte-parole de la Force, le Lieutenant-colonel Abdoul Aziz Fall, a indiqué qu’un total de 2025 patrouilles diurnes et nocturnes ont été menées la semaine écoulée par les soldats de la paix pour la protection des populations ainsi que des escortes sur le corridor Bangui-Garoua-Boulaï et des actions pour prévenir des attaques de groupes armés. « Nous rappelons que les casques bleus ont eu à assumer seuls les tâches dévolues aux forces de défense et de sécurité dans de nombreuses localités », a-t-il dit, citant leur posture robuste à Bossangoa, Bossembélé ou lors de l’attaque du 13 janvier 2021, dans la périphérie de Bangui. Concernant l’action de la Force sur la principale route d’approvisionnement vers le Cameroun, il a expliqué qu’elle a dû redéployer certains de ses hommes pour pouvoir sécuriser les convois.

De son côté, la porte-parole de la Police de la MINUSCA, la Capitaine Mazalo Agba, a déclaré que « 11 personnes ont été transférées à Bangui par vol UN, dont cinq en provenance de Grimari, deux de Bouar, deux de Paoua pour atteinte à la sureté de l’Etat et association de malfaiteurs. Deux autres, en provenance d’Alindao, ont été transférées vers la capitale pour meurtre et non-assistance à des personnes en danger. Ils ont tous été conduits à la Section de Recherches et Investigation de la Gendarmerie ».

Lors de ce point de presse, la MINUSCA a diffusé son rapport hebdomadaire sur la situation des droits de l’homme et du droit international humanitaire dans le pays, marqué par 24 abus et violations ayant affecté au moins 32 victimes, entre le 16 et le 22 février. Quant à la protection des enfants, le rapport de la MINUSCA fait état de 44 violations graves des droits des enfants, entre le 12 et le 18 février, dont 11 viols commis par des membres des groupes armés alliés, de l’UPC, du MPC et des anti-Balakas, ainsi que 30 cas de recrutement et utilisation des enfants par la coalition anti-Balaka-3R.