Le HCR remet au CNLS des équipements pour la lutte contre le sida en République centrafricaine

Dans le cadre de la lutte contre le sida, le HCR a remis ce vendredi 4 mars du matériel de laboratoire et des tests pour la syphilis à la Coordination Nationale du Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS). Ce matériel va permettre à la CNLS de commencer l’enquête sur le VIH/sida et la syphilis dans 5 régions sanitaires du pays, notamment dans les villes suivantes : Bangui, Mbaïki, Bossembélé, Boda, Berberati, Bouar, Niem, Gamboula, Bossangoa, Bozoum, Batangafo et Bambari. « Nous sommes très heureux de recevoir ce don alors que la situation sécuritaire commence à se stabiliser dans le pays. Cela fait 5 ans que nous n’avons pas réalisé d’enquête de séro-surveillance à cause de l’insécurité mais aussi par manque de ressources financières et matérielles. Aujourd’hui, nous sommes outillés pour aller sur le terrain et collecter les données nécessaires », a affirmé le Professeur NALI Mamadou Nestor, Coordonnateur National du CNLS. « Depuis 2011, la prévalence est mesurée à partir des estimations et des projections. Il est primordial d’avoir des données récentes et de qualité en terme de prévalence du VIH sur l’ensemble du territoire pour mieux apprécier l’ampleur du problème et y amener une réponse adéquate ».

L’objectif principal de l’enquête est de mesurer la prévalence du VIH et de la syphilis parmi les femmes enceintes dans les sites sentinelles accessibles afin d’apprécier l’évolution de l’infection suite à la crise qui a secoué le pays depuis 2012. Plusieurs équipes seront déployées à partir de la semaine prochaine à Bambari, Bossangoa et Berberati pour former les sages-femmes et laborantins en charge de la collecte des sérums.

« La lutte contre le VIH/Sida nous concerne tous. Le HCR est fier de pouvoir y contribuer à travers l’expertise du CNLS. Plus d’un million de personnes ont été déplacées à cause de la crise centrafricaine et ceci a eu une incidence sur l’accès au traitement des personnes vivant avec le VIH mais a également pu propager l’infection à cause des relations sexuelles non protégées ainsi que les nombreux cas de violences sexuelles perpétrées durant ces 3 dernières années. Avec le retour au calme, nous espérons que les données de cette enquête permettront d’obtenir des évidences pour une réponse effective pour endiguer le fléau du sida en Centrafrique », a déclaré Kouassi Lazare Etien, Représentant du HCR en RCA. Il existe un rapport direct entre déplacement, violence et propagation du VIH. La vulnérabilité face au VIH s’accroît lorsque les populations sont déplacées. Plus se prolongent le déplacement et la perturbation de la vie quotidienne et des normes culturelles, plus s’accroît la possibilité de contracter le VIH.

La République centrafricaine est le pays le plus touché par le VIH dans la région de l’Afrique centrale avec une prévalence estimée à 4,12% en 2015 (projections Spectrum du CNLS). Cette situation est exacerbée par une pauvreté extrême et un manque de ressources financières dédiées à la lutte contre le sida. Plus de 100,000 personnes vivant avec le VIH ont besoin de traitement antirétroviral (ARV) en Centrafrique, or seules 25 000 sont sous traitement. La violence des deux dernières années est venue aggraver la situation.

Le HCR est l’agence responsable de la coordination de la réponse VIH en situation d'urgence. En 2015, le HCR a appuyé le programme VIH/Sida en République centrafricaine en investissant entre autres dans les domaines de l’accès au traitement et de la sensibilisation. Ainsi, 6 000 patients de plus ont bénéficié du traitement ARV, y compris 250 directement assistés par le HCR. Plus de 400 personnes ont été sensibilisées à la prévention contre le VIH/sida dans le but de diminuer les risques de contracter le virus et de le propager. Le HCR a également mis en place une base de données pour le Ministère de la santé pour soutenir les efforts de recherche des patients sous ARV perdus de vue, notamment à cause des déplacements forcés.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

• Dr. Marcel MASSANGA, CNLS, 75 50 57 89

• Dalia Al Achi, UNHCR, 72 67 51 86 / 75 36 26 25