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Le développement de la République centrafricaine passe par une utilisation plus efficace des ressources, estime la vice-présidente de la Banque mondiale pour l'Afrique

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BANGUI, 10 décembre 2009 - L'accélération du développement de la République centrafricaine (RCA) nécessite non seulement davantage d'investissements, mais aussi une utilisation plus stratégique et plus efficace des ressources, à commencer par les revenus tirés des riches secteurs minier et forestier, ainsi que de l'agriculture.

Cette affirmation est une des réponses données par Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Afrique, aux hauts fonctionnaires de la RCA qui ont exprimé à de nombreuses reprises le souhait que la Banque mondiale accroisse son aide à leur pays.

Arrivée jeudi à l'aube en République centrafricaine, Mme Ezekwesili a été chaleureusement accueillie à l'aéroport international de Bangui M'Poko. La visite officielle qu'elle effectue en RCA est la première visite d'un(e) vice-président(e) de la Banque mondiale dans le pays.

Durant la visite, le ministre d'État chargé de l'Économie, du Plan et de la Coopération internationale de la RCA et le ministre délégué chargé des Finances et du Budget se sont réjouis du développement rapide du portefeuille de la Banque dans le pays. Ils ont ajouté que le pays aura besoin de davantage de ressources pour relever les énormes défis auxquels il est confronté en matière de développement, car ses propres ressources sont limitées.

La Banque a fourni 82 millions de dollars à l'appui des politiques de développement de la RCA lors de la reprise de ses activités dans le pays en 2006. Aujourd'hui, le portefeuille de la Banque en RCA se monte à 196,7 millions de dollars.

Les représentants de la société civile - basés principalement dans la capitale, Bangui - qui ont rencontré Mme Ezekwesili jeudi soir ont déploré que les organisations de citoyens telles que les leurs participaient très peu ou pas du tout à la gestion des ressources naturelles du pays. Ils ont laissé entendre que des ressources fournies sans une exigence accrue de transparence et de responsabilisation seraient probablement investies d'une manière qui aurait peu d'incidence sur la vie des citoyens ordinaires.

Durant son entretien avec Mme Ezekwesili, le ministre du Plan de la RCA, Sylvain Maliko, a félicité la Banque d'avoir mobilisé et fourni des financements d'urgence pour aider le pays à surmonter la crise énergétique et les crues soudaines auxquelles il a été confronté cette année. Le ministre a ajouté que les fonds de la Banque avaient permis d'accroître sensiblement l'accès des victimes des catastrophes naturelles à l'eau potable et aux installations sanitaires.

La veille de l'arrivée de Mme Ezekwesili, la télévision publique - unique réseau de télévision du pays, qui n'émet que quelques heures par jour - a diffusé des reportages durant le journal télévisé sur les résultats de projets financés par la Banque à Bangui. Selon la télévision, toutes les catégories de la population centrafricaine ont la possibilité de participer à ces programmes et d'en tirer parti.

La vice-présidente de la Banque mondiale, qui a visité un projet de réhabilitation urbaine financé par la Banque, a félicité Bangui d'avoir utilisé la marge de manœuvre budgétaire dégagée par l'annulation de la dette au titre de l'Initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE) pour investir dans des programmes favorables aux pauvres et a encouragé le gouvernement à maintenir le cap.

Elle a salué aussi les efforts déployés par le gouvernement pour améliorer la gestion des finances publiques et promouvoir des réformes institutionnelles qui aillent au-delà de la proposition, l'adoption ou le vote de projets de loi et/ou leur promulgation.

Les réformes sont quelque chose d'important, a-t-elle ajouté, mais adopter des textes de loi et des codes est une chose, les appliquer en est une autre.

Les représentants de la société civile ont repris les remarques de Mme Ezekwesili à leur compte et ont vivement engagé celle-ci à contribuer à renforcer la capacité des organisations de la société civile à assurer le suivi des activités de secteurs aussi complexes et opaques que les secteurs minier et forestier, ainsi que leur capacité à contrôler effectivement l'application des codes minier et forestier.

Durant un déjeuner de travail organisé avec la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, Sahle-Work Zewde, et l'ambassadeur de Belgique auprès des Nations Unies, Jan Grauls, Mme Ezekwesili a discuté de la consolidation de la paix et de la mise en place d'un dialogue faisant intervenir l'ensemble des tendances politiques en RCA, pays qui sort de plusieurs années de conflits.

Les participants à la réunion ont abordé également les questions de la construction de l'État et de la réforme du secteur de la sécurité dans la perspective de la démobilisation, du désarmement et de la réintégration des milices rebelles - mesures que la plupart des observateurs espèrent voir mises en œuvre avant l'élection présidentielle prévue pour juin prochain.