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La police de la MINUSCA en colocation au commissariat de police de Damara

Des casques bleus de la composante Police de la MINUSCA sont déployés depuis fin décembre 2021 au commissariat de police de Damara, 75 km au nord-est de Bangui (préfecture de l’Ombella-Mpoko), dans le cadre de la colocation avec la Police centrafricaine. « Le 29 décembre, UNPOL a débuté sa colocation avec les forces de sécurité intérieure (FSI) de la nouvelle unité de sécurité publique de Damara, récemment remise par la MINUSCA. A cet effet, les officiers de la police des Nations unies, après une reconnaissance de terrain, ont rendu visite au sous-préfet, au maire et au commandant du bataillon burundais déployé dans la ville », a annoncé ce mercredi le porte-parole de la Police de la MINUSCA, le commissaire Serge Ntolo Minko.

Selon le porte-parole de la Police, UNPOL compte actuellement 32 postes de colocation avec les FSI, répartis sur toute l’étendue du territoire centrafricain, à savoir quatre dans la région Centre (Kaga-Bandoro, Bambari, Ndélé et Batangafo), quatre dans la région Ouest (Bouar, Bossangoa, Paoua et Berberati) et quatre dans la région Est (Bria, Bangassou, Birao et Obo). « Les 20 autres colocations sont basées à Bangui et à Damara dans les différents commissariats, brigades et autres services d’investigations criminelles », a ajouté le porte-parole. Lors de la visite, les autorités locales ont sollicité à la MINUSCA, « l’installation d’une Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants (UMIRR) pour la réduction des violences basées sur le genre ».

De son côté le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le Major Zouhair El Kandoussi, a indiqué que la situation « sécuritaire sur l’ensemble du territoire centrafricain demeure relativement calme mais marqué par de nombreux incidents », dont ceux des 30 et 31 décembre au cours desquels six casques bleus – trois tanzaniens et trois bangladais - ont été blessés, suite à l’explosion d’engins explosifs non identifiés au passage de leurs véhicules dans l’ouest de la République centrafricaine.

A cet effet, le Commandant Adjoint de la Force de la MINUSCA, Général Paulo Maia Pereira, s’est rendu à Berbérati mardi dernier pour visiter le contingent tanzanien, selon le porte-parole. « Le but de la visite était de féliciter chacun des casques bleus de ce contingent pour le travail remarquable, l'engagement et le comportement dans l’accomplissement du mandat de la Mission, même dans les situations les plus difficiles », a-t-il fait savoir savoir.

Pour sa part, le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, a présenté le bilan du monitoring des droits de l’homme entre le 28 décembre 2021 et le 3 janvier 2022, soulignant que la Mission a documenté 15 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, ayant affecté au moins 69 victimes. « La grande majorité des incidents et des victimes sont attribuables cette semaine aux groupes armés signataires de l’APPR-RCA, et en particulier le FPRC, en raison notamment de la documentation de plusieurs incidents attribués à ce groupe armé et ayant eu lieu entre octobre et début décembre 2021 », a-t-il précisé. Selon lui, les groupes armés sont également auteurs de 73 des 74 incidents de violations graves des droits de l’enfant documentés entre le 24 et le 31 décembre, parmi lesquelles des cas de violences sexuelles (31), recrutement et exploitation d’enfants (19), enlèvements (11), meurtres (5) et mutilations (3), entre autres.

Le porte-parole de la MINUSCA a par ailleurs indiqué que plusieurs formations ont été organisées avec l’appui de la section des Affaires civiles de la MINUSCA durant la dernière semaine de décembre 2021. A Bossangoa, elle a soutenu le Comité Préfectoral des Jeunes de l'Ouham (CPJO) dans la formation de 50 jeunes animateurs communautaires, dont 30 femmes, sur la citoyenneté et le civisme tandis qu’à Bangui, un atelier a permis de renforcer les capacités des membres des conseils de quartier du 3e arrondissement sur leurs rôles et responsabilités en tant que chefs de quartier. Enfin, à Bria, 25 participants, dont 3 femmes, représentant les membres de la délégation spéciale des trois communes de la sous-préfecture de Bria (Samba-Boungou, Daba-Nydou et Daho-Mboutou) et les chefs de quartiers et villages ont pris part à une formation sur le processus de décentralisation et le rôle des plans locaux de relance (PRL) dans la reconstruction du pays.