La MINUSCA va continuer à appuyer le secteur de la justice en République centrafricaine

La MINUSCA entend poursuivre son appui au secteur de la justice centrafricaine dans le cadre de l’Etat de droit et de la lutte contre l’impunité en RCA. « Conformément à son mandat, la MINUSCA et les agences du système des Nations Unies continuent à mobiliser les bailleurs pour soutenir davantage le secteur de la justice en Centrafrique », a indiqué mercredi le chef de la section des affaires judiciaires et pénitentiaires de la MINUSCA, Franck Dalton.

Le chef de la section des affaires judiciaires et pénitentiaires, qui était l’invité de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission, a énuméré les quatre domaines prioritaires de l’intervention de la MINUSCA à savoir « l’appui à la Cour pénale spéciale, la justice et la lutte contre l’impunité, la restauration de l’autorité de l’Etat et de la chaîne pénale hors de Bangui ainsi que le renforcement de la sécurité des prisons et la démilitarisation du système pénitentiaire ». Cela a notamment permis des arrestations, détentions et transfèrements des personnes responsables de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, à la demande formelle des autorités nationales. « Dans le cadre des mesures temporaires d’urgence, 905 suspects ont été arrêtés, dont 206 depuis l’Accord politique pour la paix, 379 suspects détenus, dont 71 depuis l’Accord politique pour la paix, 434 détenus transférés aux autorités nationales dont 77, depuis l’Accord politique pour la paix », a-t-il indiqué, en précisant que la responsabilité première des arrestations incombe aux autorités centrafricaines. « Mais à chaque besoin la mission procède d’abord à une évaluation juridique avant l’exécution ».

L’appui de la MINUSCA au secteur de la justice a également permis, entre autres résultats, la réhabilitation de 11 cours et tribunaux, y compris le tribunal pour enfants à Bangui en 2019, le déploiement de 135 personnels judiciaires dont 64 dans les juridictions de provinces ainsi que la réhabilitation de 13 prisons dont 10 hors de Bangui. « Cette situation a réduit le nombre d’évasions à la prison de Ngaragba de 843 en 2015 à 4 en 2019 », s’est-il réjoui.

Rappelant que “la population centrafricaine a soif de justice, un pilier essentiel pour la paix”, le chef de la section des affaires judiciaires et pénitentiaires de la MINUSCA a souligné l'importance d'avoir des institutions judiciaires fonctionnelles, fiables et accessibles. « La Cour d’appel de Bangui tient des sessions criminelles de manière régulière. Il y en a aussi à Bouar mais pas encore à Bambari et cela depuis plusieurs années. Pour la MINUSCA et l’équipe-pays des Nations unies, c’est une priorité d’aider l’Etat centrafricain à les organiser », a noté ce responsable, citant parmi les causes de la non-réalisation, la sécurité et le manque de magistrats.

Pour sa part le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, a fait savoir que le Représentant special du Secrétaire géné de l’ONU en RCA, Mankeur Ndiaye, « encourage le FPRC et le MLCJ à mener des consultations pour un cessez-le-feu définitif à Birao et dans la préfecture de la Vakaga ». A cet effet, il a indiqué qu’une mission conjointe Gouvernement-Union Africaine-Communauté économique des Etats d’Afrique centrale-MINUSCA, se rendra jeudi à Ndélé pour rencontrer le leader du FPRC, Abdoulaye Hissène. « Des consultations seront menées également avec le MLCJ », a dit le porte-parole. A propos de Bambouti, il a dénoncé les promesses du leader de l’UPC faites à trois reprises, sur le départ de ses éléments de la ville. « Jusqu’à hier (mardi), rien de tel ne s’est produit. La MINUSCA réitère son appel pour que soit mis fin à cette violation de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA (APPR-RCA) », a-t-il dit, indiquant qu’un hélicoptère de la Force de la MINUSCA a survolé Bambouti mardi.