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La MINUSCA note une augmentation significative du nombre d'engins explosifs en Centrafrique

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) note une augmentation significative du nombre d'engins explosifs non identifiés, notamment dans le nord-ouest de la RCA. Lors de la présentation du point de presse hebdomadaire de la MINUSCA sur Radio Guira FM, la radio des Nations unies en RCA, le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le major Zouhair El Kandoussi, a indiqué que depuis le début de l’année, « cinq engins explosifs ont été découverts, dont deux n'ont pas explosé, et trois ont explosé sur des véhicules des Forces armées centrafricains (FACA) et de la MINUSCA », promettant de poursuivre les opérations de nettoyage des zones infestées.

Le porte-parole de la Force de la MINUSCA a dénoncé cette « nouvelle tactique qui n'avait pas été démontrée par les éléments du groupe 3R auparavant », et qui vise à empêcher les casques bleus et les FACA dans l’exécution de leur mandat. « Deux engins explosifs découverts se trouvaient près de Babaza le 31 décembre 2021, un autre a été découvert au village de Nzakoundou le 2 janvier 2022, deux autres engins explosifs ont endommagé les véhicules de la MINUSCA près de Bohong, les 30 et 31 décembre 2021 », a précisé le Major El Kandoussi. Selon ce dernier, « il est estimé que les membres du groupe 3R ont mis en place ces engins explosifs non identifiés pour cibler les véhicules à roues des FACA et les casques bleus de la MINUSCA ».

Pour ce faire, « les éléments de la MINUSCA anticiperont de telles tactiques dans d’éventuelles attaques du groupe 3R », a-t’il rassuré. Par ailleurs, le Major Zouhair El Kandoussi a noté « une situation sécuritaire relativement calme mais imprévisible sur l’ensemble du pays », regrettant que cette semaine à Bangui, la criminalité continue d'être une préoccupation sérieuse dans la ville. « La MINUSCA continue inlassablement à œuvrer pour ramener la paix et la stabilité en République centrafricaine et les réfractaires de crimes de guerre seront traduits devant les juridictions compétentes », a-t-il averti.

De son côté, le chargé de communication à la MINUSCA, Guy Karema, est revenu sur les inquiétudes de la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général, Coordonnatrice résidente et humanitaire, Denise Brown, sur la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la préfecture de la Ouaka, notamment dans la localité de Boyo, après une mission dans la localité, le 6 janvier dernier. Selon Denise Brown, « différents éléments armés sont entrés dans Boyo et sur place, il y a des allégations d’assassinat, des maisons ont été détruites, des matériels aratoires et des stocks de semences volés », tout en insistant sur le respect des civils, lors des conflits armés.

Selon le constat fait par la Représentante spéciale adjointe, l’école n’est pas fonctionnelle depuis deux ans dans la localité à cause de l’insécurité, et le centre de santé fait face à un sérieux problème de médicament. « La sécurité n’est pas encore totale dans ces localités, donc il y a sérieusement du travail à faire », indique-t ’elle, avant d’ajouter que « le message de la population est que l’on reste à ses côtés. La MINUSCA a déployé le contingent népalais qui a fait un excellent travail en gérant une situation de conflit extrêmement compliquée tout en protégeant la population », a-t-elle fait savoir. La Représentante spéciale adjointe insiste sur le respect des civils lors des conflits armés, car, « les civils ne font pas partie du conflit. S’attaquer à eux à cause de leur appartenance à une communauté est contraire au principe du Droit International Humanitaire. Il est alors important de respecter les civils et les laisser en dehors du conflit ».

Le chargé de communication à la MINUSCA, Guy Karema, est également revenu sur la situation des droits de l’homme dans le pays. Il a fait savoir que la Mission a enregistré et documenté 7 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire ayant affecté au moins 15 victimes, entre le 4 et le 10 janvier 2022. « S’y ajoutent également 10 incidents allégués, représentant 14 violations des droits de l’homme et du droit humanitaire qui auraient affecté 21 victimes », a indiqué Guy Karema, ajoutant que « la totalité des incidents, violations et victimes documentés cette semaine sont attribuables aux acteurs étatiques, à l’exception des 8 victimes dans la Nana-Mambéré, qui ont perdu la vie ou été blessées par des balles perdues lors d’affrontements entre acteurs étatiques et les groupes armés ».

Pour sa part, le porte-parole de la Police de la MINUSCA, le commissaire Serge Ntolo Minko, a salué la parfaite collaboration entre la composante Police des Nations unies (UNPOL) et les Forces de sécurité intérieures centrafricaines (FSI), ayant permis de « circonscrire rapidement le 07 janvier, l’incident survenu au 3e arrondissement de Bangui, à la suite d’une interpellation d’un commerçant qui a mal tourné, occasionnant malheureusement deux morts et environ cinq blessés ». Il a par ailleurs rassuré que « les états-majors intégrés de la MINUSCA, à travers leurs unités de police constituées et les officiers de police individuels, conjointement avec leurs homologues des FSI, continuent les patrouilles diurnes et nocturnes sur différents artères, carrefours et zones sensibles de la ville de Bangui et en régions », afin de garantir la sécurité des populations.

Le commissaire Serge Ntolo Minko a par ailleurs rappelé que la composante Police des Nations unies a organisé trois sessions de formation au profit de 90 policiers et gendarmes centrafricains, dans le cadre de leur renforcement des capacités. « La première session a porté sur le thème "collecte et exploitation du renseignement en période électorale" ; la deuxième, quant à elle, a concerné "les droits et protection des civils en période électorale" ; enfin, la troisième session s’est penchée sur les "violences basées sur le genre" », a détaillé le commissaire Serge Ntolo Minko.