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La MINUSCA étend sa posture robuste et proactive à Sam-Ouandja pour protéger la population, indique la Représentante spéciale

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine, Valentine Rugwabiza, a annoncé mercredi l’arrivée des casques bleus à Sam Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto (est de la RCA), conformément à la posture proactive et préventive de la Force de la MINUSCA pour la protection de la population civile mise en place en mai 2022.

Au cours d’une conférence de presse destinée à faire le bilan de son action quatre mois après son entrée en fonction, la Représentante spéciale a rappelé les interventions antérieures à Mingala, Ouanda-Djallé et Bakouma dans le cadre du réajustement des opérations de la Force de la MINUSCA. « Il faut désormais ajouter Sam-Ouandja, avec l'arrivée, cette semaine, de nos casques bleus pour protéger les populations ». « La population et les autorités locales ont d'ores et déjà salué l'intervention de la Force dont l'objectif est de faire de Sam-Ouandja une ville sans groupes armés », a-t-elle dit. En plus de la Force déjà sur place, un détachement de casques bleus de la composante Police de la MINUSCA et des membres des Forces de sécurité intérieure centrafricaines (FSI) seront déployés à Sam-Ouandja.

« Pour ma part, je réaffirme ma détermination à utiliser toute la latitude du mandat et l'autorité qui m'a été déléguée par le Secrétaire général des Nations Unies, pour exécuter cette mission de protection des populations en cas de menaces réelles et en soutien aux autorités », a-t-elle insisté.

La Représentante spéciale s’est également penchée sur le processus politique et de paix, qu’elle qualifie de processus unique, approprié et conduit par les autorités nationales, en se félicitant des progrès enregistrés comme la revue stratégique du 4 juin et la première réunion de coordination du suivi de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR) et de la Feuille de route conjointe de Luanda, le 3 août dernier. « Nos efforts se poursuivent pour que les avancées, notamment en matière de DDR, RSS, engagement avec les leaders des groupes armés, décentralisation et extension de l'autorité de l'Etat, soient partagées lors de la prochaine revue stratégique trimestrielle », a déclaré Valentine Rugwabiza. Elle a également salué l’implication et le soutien de la sous-région, notamment la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), la Communauté Économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et l’Union Africaine (UA) ainsi que tous les partenaires bilatéraux représentés en RCA, pour la redynamisation du processus politique et de paix.

La Représentante spéciale a fait part d’une troisième priorité à savoir ses interactions avec les populations, à travers des visites de terrain effectuées à Bambari, Bria et Bossangoa « pour les écouter sur les défis auxquels elles font face et sur les solutions qu’elles suggèrent, là où nous pouvons intervenir et qui relèvent de notre compétence ». Ces missions sur le terrain sont organisées en coordination et avec la participation de représentants du Gouvernement car « nous sommes ici en accompagnement de l’autorité nationale, de la Centrafrique, des institutions centrafricaines, des populations centrafricaines, mais jamais, même là où les capacités sont très limitées, dans la prétention d’une substitution ». « Nos relations avec les autorités centrafricaines sont des relations de confiance, de partenariat, de respect de notre mandat », a-t-elle affirmé.

Évoquant la situation dans les préfectures, la Représentante spéciale a plaidé pour le redéploiement des services sociaux de base, pour la paix et la stabilité du pays. « Une fois que la sécurité est retournée, il faut véritablement qu’il y ait une présence de l’Etat multiforme . Il y a désormais la présence de l’Etat dans plusieurs préfectures, dans plusieurs villes, ce qui est urgent à présent c’est d’ajouter à cette présence les services. C’est de pouvoir avoir les services de base que sont la santé, l’éducation, c’est de faire en sorte que la décentralisation soit pleine de sens pour la population, décentralisation des services et des moyens », a déclaré la Représentante spéciale.

Relativement au volet humanitaire, alors que la journée mondiale de l’aide humanitaire est commémorée le 19 août, la Représentante spéciale a attiré l’attention sur la situation « critique qui prévaut dans le pays ». D’après elle, la contribution au plan de réponse humanitaire de 2022 n’atteint que 65 % du budget estimé à 461.3 millions de dollars. « Malgré les défis, les partenaires tiennent leurs engagements à soutenir l'aide humanitaire, en apportant une assistance. C'est le lieu de saluer les partenaires qui soutiennent l'aide humanitaire. Dans un contexte difficile, la population centrafricaine n'a pas été oubliée. C'est le lieu aussi de soutenir l'appel pour le financement du plan de réponse humanitaire », a lancé la Représentante spéciale.

Par ailleurs, Valentine Rugwabiza a estimé qu’il faudrait également discuter et travailler avec toutes les parties concernées pour créer les conditions propices au retour, là où les conditions de sécurité le permettent, des personnes déplacées qui vivent encore dans les camps. « La MINUSCA est prête à fournir la sécurisation des déplacés dans leurs communautés d’origine », a souligné la Cheffe de la Mission.