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La force de la MINUSCA poursuit son mandat malgré les difficultés sur le terrain

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La Force de la MINUSCA poursuit son mandat de protection des civils malgré des entraves à la liberté de circulation des forces des Nations unies, alors que la situation sécuritaire a été ponctuée par des incidents ayant provoqué des pertes humaines dans l’ouest et le centre de la République centrafricaine.

« La Force a ainsi renforcé son dispositif à Bang, afin d’apaiser les tensions et augmenter sa capacité à protéger les populations. En réponse à la nouvelle forme de menace que constituent les mines et autres engins explosifs improvisés, les équipes de spécialistes ont procédé à la vérification des axes Bouar-Bocaranga et Baboua-Nguiabouar pour permettre la reprise des activités », a indiqué le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Fall, porte-parole de la Force, au cours du point de presse de la mission, ce mercredi à Bangui.

Le porte-parole militaire a ajouté qu’à Nguiabouar, près de 2000 déplacés ont trouvé refuge à proximité de la base temporaire des casques bleus, suite à une attaque d’un camp de déplacés par des supposés éléments du 3R et plus de 700 déplacés dans une école à Ndouzou, tandis qu’à Gbambia, un nombre important de personnes a également trouvé refuge près de la base des casques bleus tanzaniens. « La Force a mené 2100 patrouilles sur l’ensemble du territoire centrafricain la semaine écoulée », a renchéri le porte-parole militaire.

Le porte-parole de la Force a également évoqué les difficultés de coordination avec les Forces de défense et de sécurité (FDS), avec parfois des entraves à la liberté de circulation des forces des Nations unies pourtant consacrées par le SOFA. Cependant, il a ajouté qu’un « dialogue de haut niveau entre le Commandant de la Force de la MINUSCA et la hiérarchie des FDS est régulièrement maintenu, et porté par le leadership de la Mission afin de remédier à ces difficultés et incompréhensions dans notre intérêt commun pour la paix et la sécurité », a-t-il dit.

Pour sa part, la porte-parole de la Police de la MINUSCA, la capitaine Mazalo Agba, a déclaré que les officiers UNPOL des colocations de Bangui et des secteurs poursuivent les séances de renforcement de capacités au profit des FSI en matière de protection des civils, de promotion de l’État de Droit et de l’extension de l’Autorité de l’État. « UNPOL a pris part à une réunion avec les partenaires techniques et financiers dont le PNUD, l’EUAM et le Strategic Capacity Group (USA), destinée à relancer le processus de finalisation et d’adoption du Plan quinquennal de formation des FSI. Ce plan sera transmis dans les prochains jours au Ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité Publique pour adoption », a-t-elle précisé.

De son côté, le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, est revenu sur le briefing du Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSCA, Mankeur Ndiaye, le 7 juin, devant les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies. Dans leur déclaration à la presse, les membres du Conseil « ont fermement condamné les violations continues des droits de l'homme et les abus et violations du droit international humanitaire en RCA, et ont aussi souligné la nécessité de traduire en justice leurs auteurs », tout en invitant « toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave. »

Par ailleurs, le porte-parole a indiqué que la MINUSCA salue les progrès réalisés dans le cadre du programme national de Désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (PNDDRR) en RCA, marqués par le désarmement et la démobilisation de 3023 combattants à ce jour, selon les autorités. La Mission exhorte les groupes armés à rester engagés dans le processus DDR et de poursuivre le désarmement et démobilisation de tous leurs éléments, tout en réitérant son engagement à poursuivre son assistance à ce processus.

En ce qui concerne la situation des droits de l’homme, le porte-parole a indiqué qu’au cours de la période du 1er au 7 juin 2021, la MINUSCA a documenté 23 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire ayant affecté au moins 90 victimes. La mission a observé une diminution de 11.53% du nombre d’incidents et une augmentation de 63.63% du nombre de victimes comparativement à la semaine précédente (26 incidents et 55 victimes), selon le porte-parole, qui précise que les auteurs présumés sont, d’un côté, les groupes armés et, de l’autre, les agents de l’Etat et les autres personnels de sécurité.