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L’ONU note des progres significatifs en RCA et reitere son engagement a œuvrer pour le retour definitif de la paix

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Bangui, le 21 octobre 2020 – Le Représentant spécial des Nations unies en RCA et chef de la MINUSCA, Mankeur Ndiaye, s’est félicité, des « progrès notables » enregistrés en République centrafricaine et a réitéré l’engagement de la Mission onusienne à œuvrer, en appui aux autorités centrafricaines, pour le retour définitif de la paix dans le pays. Au cours de la conférence de presse hebdomadaire de la MINUSCA mercredi à Bangui, Mankeur Ndiaye a souligné que la « MINUSCA ne ménagera aucun effort pour la mise en œuvre de son mandat, conformément à la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui l’autorise à œuvrer pour le retour de la paix dans le pays ».

Le chef de la MINUSCA, Mankeur Ndiaye, s’exprimait, à Bangui, quelques jours après avoir présenté, le 19 octobre dernier, devant le Conseil de sécurité, le troisième et dernier rapport de l’année du Secrétaire général des Nations unies sur le pays. « Ce rapport revient sur la situation politique en République centrafricaine, les conditions de sécurité, la concertation régionale, la situation humanitaire, la protection des civils, la restauration de l’autorité de l’Etat et de l’état de droit, les droits de l’homme et la lutte contre l’impunité, ainsi que la situation socio-économique. Le rapport considère aussi la configuration de la MINUSCA et ses efforts dans certains domaines, notamment son empreinte écologique. Il a aussi été question de la politique de tolérance zéro de la MINUSCA à l’égard des Abus et Exploitations Sexuels.», a-t-il énuméré.

Sur le plan politique, Mankeur Ndiaye salue « les progrès notables qui continuent d’être engrangés en particulier en termes de réformes politiques », depuis la signature de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation signé par le Gouvernement centrafricain et 14 groupes armés actifs dans le pays. Saluant le soutien unanime des membres du Conseil de sécurité des Nations unies sur ce document qu’ils considèrent comme « la seule voie crédible et viable vers une paix durable », M. Ndiaye regrette toutefois que « beaucoup reste à faire et ce n’est qu’avec l’engagement ferme de toutes les Centrafricaines et de tous les Centrafricains que nous pourrions y parvenir ». Il a rassuré par ailleurs que « la MINUSCA continuera de promouvoir l’appropriation nationale de l’Accord et de soutenir sa mise en œuvre comme elle l’a fait dès le début et continue de le faire sans ménager ses efforts ».

En ce qui concerne le processus électoral, le Représentant spécial se dit satisfait du niveau d’avancement du processus tout en réitérant l’engagement de la MINUSCA et de la Communauté internationale pour la transparence du scrutin. Il a révélé que le pays dispose en ce moment d’un fichier électoral de 1 859 890 électeurs centrafricains des 16 préfectures du pays et de 13 pays de la diaspora. « Je me réjouis, que le taux d’inscription des femmes atteigne 46,5% de l’électorat. Il s’agit d’un signal fort d’inclusivité davantage renforcée par les manifestations d’intérêt de trois candidates à la candidature et l’application de la loi sur la parité pour les élections législatives », s’est-il félicité, invitant « les media et autres leaders d’opinion à s’abstenir de toute campagne de désinformation, de messages de haine ou d’incitation à la violence, qui risquent de remettre en cause les acquis âprement réalisés dans la stabilisation progressive du pays et la consolidation de la paix ».

Au sujet de la sécurisation des élections, Mankeur Ndiaye a rappelé que la responsabilité première incombe au gouvernement et que la MINUSCA vient en appui aux autorités nationales centrafricaines. Il a souligné que le gouvernement et la MINUSCA sont en train de travailler ensemble dans le cadre du plan de sécurisation intégrée des élections, signé le 2 octobre à Bangui. « Dans les zones où il y a les FACA et les FSI, c’est eux qui assurent et nous venons en appui. Dans les zones où il n’y a ni FACA, ni FSI, c’est nous avec notre logistique, nos moyens aériens, nos moyens terrestres. Et je rappelle que la MINUSCA ne couvre pas aussi toute l’étendue du territoire, mais nous sommes en train de tout faire pour que le plan de sécurisation puisse concerner l’ensemble du pays », a-t-il rassuré.

« Le chemin vers la paix est long et sinueux ; les défis restent immenses mais ils ne sont pas insurmontables », assène le chef de la MINUSCA, parlant de la situation sécuritaire dans le pays. Pour lui, « Malgré la situation sécuritaire encore fragile dans certaines régions, des résultats encourageants ont été obtenus notamment grâce aux opérations militaires lancées par la MINUSCA », citant entre autres le désarmement et la démobilisation de 2094 ex-combattants, la mise en place de deux Unités Spéciales Mixtes de Sécurité à l’Ouest du pays et le déploiement progressif des forces nationales de défense et de sécurité. « Ces développements sont réconfortants, ils constituent les premières étapes vers la dissolution des groupes armés, conformément aux exigences de l’Accord. Il nous faudra en accélérer le rythme pour mieux en optimiser l’impact positif sur la paix et la stabilité », dit-il.

Par ailleurs, le chef de la MINUSCA a exprimé sa satisfaction de l’installation de la nouvelle Mission de Conseil de l’Union Européenne en RCA (EUAM), dans le but de soutenir la réforme du secteur de la sécurité. Il a ajouté que cette mission renforcera le travail de la MINUSCA et des partenaires bilatéraux comme les Etats-Unis, la Fédération de Russie, la France et la République populaire de Chine, dans ledit domaine, tout en réitérant le soutien de la MINUSCA au gouvernement dans la mise en œuvre de la stratégie de restauration et d’extension de l’autorité de l’État.

Abordant le chapitre de la lutte contre l’impunité en Centrafrique, Mankeur Ndiaye a souligné que la MINUSCA travaille en ce moment avec le gouvernement et la Cour Pénale Spéciale afin de concrétiser l’aspiration légitime des victimes à la justice, à la vérité et à la réparation. « Les enquêtes vont se poursuivre et nous avons déjà procédé à beaucoup d’arrestations des gens qui ont commis des crimes, qu’on a remis à la disposition de la justice nationale et qui attendent le jugement. C’est une action que nous menons d’une manière permanente. Le 22 septembre dernier, j’ai reçu une demande du juge du cabinet de la Cour Pénale Spéciale pour l’arrestation de 5 dirigeants des groupes armés. Nous sommes en train d’y travailler pour les arrêter et les mettre à sa disposition», a souligné le chef de la MINUSCA, appelant à la patience en ce qui concerne la lenteur des procédures judiciaires.

En ce qui concerne l’action humanitaire, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique a rappelé que les élections et les activités politiques ne doivent pas faire oublier l’urgence humanitaire dans le pays au moment où la pandémie de la COVID-19 exacerbe les vulnérabilités socio-économiques du pays. Tout en condamnant avec la plus grande fermeté les attaques contre les humanitaires qui apportent une assistance vitale à plus de 1,3 millions d’individus chaque mois dans le pays, M. Ndiaye rassure que la MINUSCA continuera de prendre toutes mesures utiles afin de protéger non seulement les civils, mais aussi les infrastructures civiles et les travailleurs humanitaires. « Ceci est essentiel pour favoriser la création de conditions favorables à un accès sans entrave à l’assistance humanitaire, y compris dans les zones les plus reculées du pays », précise-t-il, appelant également à « la générosité des bailleurs de fonds pour continuer à financer le Plan de Réponse Humanitaire de 2020 ».

Le chef de la MINUSCA a rappelé qu’il a mis en exergue devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’apport fécond du jeu des institutions et du dialogue politique dans la création d’un environnement jusque-là propice à la tenue d’élections présidentielle et législatives crédibles, dans les délais constitutionnels. Il a également salué la contribution des partenaires techniques et financiers de la RCA et de la sous-région dans la mise en œuvre du processus de paix dans le pays. Il a enfin annoncé la visite en Centrafrique, du 27 au 30 octobre 2020, du Commissaire à la paix de l’Union Africaine, Smaïl Chergui, et du Président de la Commission de la Communauté Economique des États d’Afrique centrale (CEEAC), Gilberto Verissimo et du Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix. Cette visite « contribuera, j’en suis sûr, à sensibiliser tous les acteurs politiques et sociaux sur la nécessité de la création d’un environnement de paix et de sérénité propice au bon déroulement des élections présidentielle et législatives », a-t-il conclu.