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L’accès à l’eau : un défi pour les zones isolées en République centrafricaine

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Après des décennies d’instabilité, la population de la République centrafricaine est confrontée à de graves difficultés en termes de sécurité alimentaire et d'accès aux besoins fondamentaux (eau, santé, éducation). Avec des infrastructures insuffisantes pour couvrir les besoins de plus de 2.3 millions d’habitants en situation de vulnérabilité, les défis de l'accès à l’eau en République centrafricaine sont grands et comprennent également l'accès à l'hygiène et l'assainissement.

Le Fonds Bêkou, créé par l’Union Européenne pour soutenir la résilience de la République Centrafricaine contribue à la Politique et à la Stratégie Nationale de l’Eau et de l’Assainissement en offrant à la population un accès amélioré à l’approvisionnement en eau et aux installations sanitaires. Il appuie de nombreux projets à travers tout le pays, qu’ils soient exclusivement dédiés à l’eau, l’assainissement et l’hygiène, ou avec ce secteur comme une activité complémentaire au sein de projets multi-dimensions tel que le projet RELSUDE dans le sud-est.

Ce projet mis en œuvre par un consortium d’organisations non gouvernementales coordonné par ACTED, va construire et réhabiliter 150 points d’eau, 42 latrines publiques et 910 latrines familiales dans 21 localités des préfectures de la Ouaka, Basse et Haute-Kotto, Mbomou et Haut-Mbomou.

RELSUDE intervient notamment à Obo, une ville enclavée où les habitants peinent à accéder à l’eau potable. Pour s’approvisionner, une grande partie des habitants de la ville doit se diriger vers des sources éloignées et non protégées. Dans plus de la moitié des cas, ces sources se tarissent en saison sèche.

Réhabiliter des points d’eau : un besoin essentiel

Dans la localité du Haut-Mbomou, le projet a réhabilité 8 forages afin que 40 000 ménages aient de nouveau accès à une source d’eau potable. La mise en place d’un système d’adduction en eau à l’hôpital de la ville est prévue dès septembre 2021.

Venu s’approvisionner au point d’eau du quartier Yagba, Frédéric Mbolihidi explique qu’avant la réhabilitation du forage par ACTED, riverains ne disposaient pas d’eau potable. « Aujourd’hui ma famille et moi buvons tous de ce point d’eau, préparons à manger avec et faisons également la vaisselle. Il y a une réelle amélioration de notre situation de vie et celle des autres quartiers dans lesquels ont eu lieu ces réhabilitations. »

Des formations pour un accès à l’eau durable

En plus des travaux, ACTED favorise la mise en place et la formation de Comités de Gestion de Point d’Eau, qui assureront une gestion durable des forages pour garantir la pérennisation des actions et l’autonomie et l’indépendances des communautés.

*« ACTED a organisé des formations pour le comité de gestion de Gnokora » *poursuit le président du comité. Suite à ces dernières, « le forage a été interdit aux enfants qui jouent trop souvent avec la pompe mécanique. De plus, le point d’eau est maintenant fermé avec un cadenas hors des horaires fixés par le comité de gestion. Nous avons aussi interdit aux habitants de laver les vêtements à proximité du forage ».

Un accent est apporté à l’hygiène et à la propreté du lieu durant la formation. Des kits d’entretien ont été transmis pour garder le point d’eau propre.

Joël Ganigbia, président du comité de Gestion du point d’eau du quartier Gnokora explique : « Avant la réhabilitation du forage, on ne pouvait pas s’approvisionner dans les autres points de la ville. L’eau était de mauvaise qualité et engendrait des maladies. Il fallait aller jusqu’aux sources naturelles très éloignées. Sur cette route il y a beaucoup d’insécurité. Depuis la réhabilitation, les habitants peuvent avoir accès à l’eau potable au sein même de leur quartier. »

Consciente de l’importance de maintenir le point d’eau fonctionnel, Jeannine SASSA, trésorière du comité explique sa fonction : « Mon rôle est de garder l’argent des cotisations des habitants pour réparer le point d’eau quand il ne fonctionne plus correctement ». Pour réaliser des réparations en cas de disfonctionnement, des artisans-réparateurs ont été formés pour intervenir sur chaque point d’eau à la demande des comités de gestion, qui veille à ce que la population ne soit pas privée d’eau.