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Echanges fructueux entre la délégation UA-CEEAC-ONU, le Chef de l’Etat et la société civile

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GHISLAINE ATTA / ABOU SEIDOU/ DEUBALBET WEWAYE

Trois jours après son arrivée en RCA, la délégation ONU, Union Africaine (UA) et Communauté Economique de l’Afrique Centrale (CEEAC) a effectué, ce jeudi 29 octobre 2020, une série de rencontres avec les femmes leaders, la plateforme religieuse, les chefs de groupes armés, les représentants du G5+ et le Président de la République. Les échanges ont porté sur la situation socio-économique, politique et sécuritaire dans le pays.

COVID-19, élections, violences basées sur le genre, contribution des femmes aux différentes sphères de décision, etc. rien n’a été laissé au hasard par les organisations des femmes. «Les femmes, en effet, sont proches de la population, elles connaissent, mieux que d’autres acteurs, les problèmes sur le terrain. Ainsi, nous-nous réjouissons d’avoir eu cet entretien avec ces trois personnalités », a fait valoir Lina Ekomo, présidente du Réseau pour le leadership de la femme en Centrafrique (RELEF-CA).

Pour les femmes leaders, il était important d’échanger avec la mission de haut niveau et particulièrement la Commission sous-régionale. « La CEEAC a passé une longue période de réforme. C’est donc maintenant que le nouveau président prend fonction. C’était donc une opportunité pour les femmes de le tenir informé des défis en matière de femmes, paix et sécurité en RCA », a déclaré Lina Ekomo au sortir des discussions.

Invitant les autorités centrafricaines à créer un cadre favorable à la participation des femmes au processus électoral, aussi bien comme candidates qu’électrices, le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA, Smail Chergui, a souligné la reconnaissance méritée par les organisations féminines pour leur travail au quotidien. « Toutes les femmes de ce pays doivent se reconnaître dans votre combat et dans vos efforts. Quoi qu'on fasse, si nous n'impliquons pas la femme africaine, nous n'arriverons jamais à des solutions durables »,a-t-il dit.

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de Paix, Jean-Pierre Lacroix, convaincu de la force qu’elles représentent et qui se matérialise par leur mobilisation a quant à lui dit « les femmes en RCA ont été très nombreuses à se faire enregistrer sur les listes : plus de 46%. Cela signifie qu’elles représentent une force électorale déterminante. Les candidats doivent comprendre cela et s'engager pour leur accorder une plus grande attention. »

Les représentants de la plateforme religieuse et autres acteurs de la Société civile se sont également entretenu avec la délégation. Les religieux et la Société civile ont un rôle déterminant à jouer, dans la résolution des crises sociopolitiques, en cette période sensible. Et c’est à juste titre que le Cardinal Dieudonné Nzapalainga lance un appel au dialogue et à la tolérance entre tous les acteurs. « Il faut que la concertation reste le mot d'ordre. C’est en dialoguant que nous ferons tomber les préjugés. Nous ne voulons pas que l’on attise la haine, les fibres régionales et ethniques ou religieuses », a-t-il ajouté, plaidant par la même occasion auprès de la délégation pour que les femmes soient soutenues pour occuper des places plus importantes dans les hautes sphères de décisions. Conscient que l’éducation est la base de tout changement positif, l’Imam Kobine, pour sa part, a estimé que le relèvement du système éducatif figure en bonne place au titre des défis qui se dressent sur la route de la nation centrafricaine. « Le système éducatif est en train d’être détruit. D’ici 30 ou 40 ans, nous n’aurons plus de cadres », a-t-il averti.

La mission a ensuite rencontré le Président de la République, Faustin Archange Touadera au Palais de la Renaissance où il était entouré de membres du gouvernement.

Saluant l’accord du chef de l’Etat en faveur d’un code de conduite pour les élections, l’Ambassadeur Chergui a vu dans ce geste « un signe d'ouverture qu'il faut souligner, et nous attendons de même de tous les acteurs politiques du pays pour que ces élections du 27 décembre 2020 soient un moment de retrouvaille et d'union ».

La communauté internationale a, par ailleurs, réitéré son « engagement fort » à la RCA pour l'aider à avancer sur le chemin de la paix et de la consolidation démocratique. « Nous sommes confiants que la voie est tracée, il y a déjà eu beaucoup de progrès et, avec la mobilisation de tous, d'autres progrès seront réalisés », a, pour sa part, confié Jean Pierre Lacroix.

La mission de haut niveau a quitté son hôte présidentiel, rassurée de ce que « la RCA est sur le bon chemin », comme l’a fait savoir l’Ambassadeur da Verissimo. « Pour nous, communauté internationale et surtout la Communauté de l'Afrique centrale, les élections du 27 décembre 2020 sont un premier pas vers la paix et le développement. La RCA est au cœur de notre agenda et de notre stratégie », a-t-il conclu.

La journée de consultations s’est soldée par des échanges par visioconférence avec les groupes armés signataires de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA ainsi que les membres du G5+.