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Cluster CCCM Abris-AME en Republique Centrafricaine : Strategie Abris et Articles Menagers Essentiels (AME) - Mars 2025

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La république centrafricaine (RCA) est marquée par une crise chronique complexe rythmée par des violences et affrontements armés pour le contrôle du territoire et des ressources. Bien que beaucoup d’efforts ont été consentis par le gouvernement et les acteurs humanitaires, le pays reste encore loin de l’instauration d’une paix durable. A cette situation s’ajoute les désastres liés aux inondations ou incendies qui fragilisent davantage les populations déjà confrontées à des défis structurels préexistants.
Les conflits et catastrophes (inondations, incendies) ont entraîné le déplacement d’environ 469.342 personnes au 31 décembre 2024 à l’échelle nationale dont 392 235 installées parmi les communautés d’accueil et 77 107 hébergés dans 76 sites et lieux de regroupement spontanés (CMP, décembre 2024)1. Au cours de l’année 2024 (de janvier à décembre), plus de 220 000 personnes ont été affectées par des chocs (111 alertes) rapportés par le mécanisme de réponse rapide (Rapid Response Mechanism, RRM). La partie Nord-Ouest du pays (Ouham et Ouham-Pendé) restent la plus affectée en concentrant plus de 57% des personnes ayant effectué un déplacement forcé à la suite d’un choc en 2024. Environ 67% des alertes sont liées aux violences, 20% aux désastres et 13% aux retours de populations2.
Les mouvements de populations engendrés par l’insécurité et les catastrophes naturelles entraînent des conséquences humanitaires préoccupantes en termes d’abris et d’articles non-alimentaires. Le Multi-Sector Needs Assessment (MSNA) montre que 17% des personnes affectées vivent dans des abris inadéquats avec des détériorations très avancées. Ce pourcentage atteint presque le quart des ménages (25%) dans les préfectures d’Ouham, Ouham-Fafa, Nana-Gribizi et Vakaga. D’autre part, la MSNA souligne aussi que 46% des PDIs sur sites vivent dans des abris d’urgence obsolètes et détériorés nécessitant un renouvellement régulier pour les protéger contre les intempéries. D’autre part, les nouveaux chocs engendrent aussi des besoins très importants en Articles Ménagers Essentiels (AME) car les ménages abandonnent leurs biens (parfois pillés) dans leur zone d’origine et ont besoins d’articles minimums pour s’installer et survivre dans leurs villages d’accueil.

Les nouveaux déplacements coexistent avec les retours de populations dans les zones propices au retour après le retrait des groupes armés et la reprise du contrôle par les forces de défense et de sécurité. Au moins 130.000 personnes retournées ont été répertoriées entre janvier et août 2024 (CMP). De plus, les enquêtes sur les intentions futures des PDIs menées par la DTM montrent qu’au moins 80% des ménages déplacés sur sites et en familles d’accueil ont l’intention de retourner dans leur zone d’origine, se relocaliser ou s’intégrer localement et durablement dans leur lieu d’accueil. Ce contexte induit le besoin d’accompagnement progressif des PDIs les plus vulnérables pour le retour ou la relocalisation afin de décongestionner et fermer progressivement les sites de déplacés encore actifs dans le pays. Ce besoin est également précipité par les risques d’éviction croissants auxquels environ le quart des PDI (23%) sont confrontés dans 13 sites sur 76. Ces sites sont localisés dans les préfectures de Ouaka, Basse-Kotto, Ouham, Vakaga et Ouham-Pendé. Les abris constituent le besoin prioritaire pour appuyer le retour ou l’intégration locale de ces populations afin de les aider à vivre dans des conditions plus dignes et décongestionner progressivement les sites.