Bulletin humanitaire République centrafricaine Numéro 47 | août / septembre 2019

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 30 Sep 2019

FAITS SAILLANTS

  • 188 incidents touchant directement le personnel ou les biens humanitaires ont été enregistrés entre janvier et août 2019, comparé à 277 durant la même période en 2018. Bien que le nombre d’incidents ait baissé, le type de violence a augmenté (28 humanitaires ont été blessés entre janvier et août 2019 contre 13 sur la même période en 2018).

  • La situation humanitaire en RCA demeure alarmante. En 2020, 2,6 millions de centrafricains, soit 52% de la population totale vont nécessiter de l’assistance humanitaire et de la protection. 1,7 million de personnes auront des besoins urgents et sévères, un chiffre en augmentation par rapport à l’année 2019.

La communauté humanitaire se mobilise à Birao

Plus de 24 000 déplacés suite à des affrontements entre deux groupes armés

Des affrontements entre deux groupes armés ont eu lieu à Birao dans la première quinzaine du mois de septembre, dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la République centrafricaine (RCA). Le bilan des affrontements du 1er septembre fait état de 24 morts selon la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et de 19 personnes blessées selon des sources hospitalières. Le marché ainsi qu’un grand nombre de maisons ont été brulés ; la quasitotalité de la population s’est déplacée ; des bases des Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont été pillées. Une recrudescence de la violence le 14 septembre a fait, selon la MINUSCA, 39 morts et 17 blessés dont un élément de la Force MINUSCA, et a provoqué de nouveaux déplacements de populations.
Au 30 septembre, on estime qu’au moins 24 000 personnes ont été déplacées suite au conflit armé. La plus grande majorité des déplacés a trouvé refuge sur le site de la MINUSCA à Birao, l’aérodrome et d’autres lieux de regroupement. Au 4 octobre, la communauté humanitaire continue à recenser les déplacés car il y a des retours timides en ville.

Dans un communiqué de presse publié le 17 septembre, la Coordonnatrice humanitaire a lancé un appel à toutes les parties concernées, leur demandant de respecter les obligations qui leur incombent en vertu du Droit International Humanitaire et à protéger les civils, les infrastructures et le personnel humanitaire. La situation sécuritaire reste précaire à Birao, y compris dans les zones périphériques, malgré les efforts d’un comité de médiation qui a été activé afin de calmer les tensions.

Une réponse humanitaire d’urgence multisectorielle

Le 3 septembre une première mission humanitaire d’évaluation rapide des besoins s’est rendue à Birao sous le leadership de la Coordonnatrice humanitaire, et avec la participation de représentants des Agences des Nations Unies et des ONG internationales.

Suite à cette mission, un plan de réponse d’urgence a été mis en place avec plus de 90 tonnes d’intrants transportés par voie aérienne à Birao (vols cargo du cluster logistique,
UNHAS, et vol spéciaux commandés par le PAM pour le transport des vivres) et le déploiement en rotations de 79 agents humanitaires depuis Bangui. 13 organisations humanitaires et tous les clusters ont été impliqués dans la réponse depuis le déclenchement de la crise. Ces derniers ont été déployés à Birao avec un système de rotations de personnel humanitaire. Le nombre d’acteurs humanitaire à Birao est en net augmentation puisque seulement quatre organisations étaient présentes sur place auparavant. Les organisations suivantes sont actuellement présentes sur place : CroixRouge Centrafricaine, IMC, INTERSOS, OCHA, ODESCA, PAM, Triangle Génération Humanitaire, UNFPA, HCR, UNICEF, OMS et War Child.

Les distributions de biscuits à haute énergie, de vivres et de biens nonalimentaires (NFI) ont eu lieu, des blocs de latrines ont été installés et un système de distribution d'eau a été mis en place pour favoriser l'approvisionnement des personnes déplacées. Des soins médicaux sont disponibles pour la population affectée et environ 100 consultations ont lieu chaque jour.

Dans le site de la MINUSCA, les tensions communautaires et le caractère civil du site demeurent des préoccupations majeures. Les activités de promotion de cohésion sociale à travers les leaders communautaires se poursuivent.

La réponse de première urgence a été maintenue pendant une durée d’environ trois semaines après lesquelles une passation a été opérée sur la base d’une planification de réponse pour les trois prochains mois. On anticipe en effet de nouveaux déplacements potentiels de populations à cause de l’impact de la crise mais aussi des difficultés d’accès, les routes de ravitaillement étant bloquées pendant la saison de pluies. La combinaison de ces facteurs empêche un retour immédiat à la normalité.

Le 28 septembre, une mission pilotée par la Coordonnatrice humanitaire en RCA, avec la ministre de l’Action humanitaire et de la Réconciliation Nationale, le ministre de la Santé et de la Population, et des membres de l’Equipe Humanitaire Pays, s’est rendue à Birao.
L’objectif de la mission a été d’évaluer le progrès et les besoins additionnels de la réponse humanitaire en cours.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.