Bulletin humanitaire République centrafricaine Numéro 40 | Décembre 2018

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 31 Dec 2018

FAITS SAILLANTS

  • En 2019, 2,9 millions de personnes dont plus de la moitié sont des enfants, auront besoin d'aide humanitaire et de protection, soit plus de 63% d’une population de 4,6 millions d’habitants. La Centrafrique demeure un des pays au monde où le nombre de personnes dans le besoin est le plus important comparé à sa population totale.

  • Le caractère civil et humanitaire des sites de déplacés est compromis en Centrafrique. Au cours du dernier trimestre 2018, trois sites (à Batangafo, Alindao et Ippy) ont été attaqués et incendiés.

  • 149 cas d’hépatite E ont été enregistrés en Centrafrique depuis que l’épidémie avait été déclarée le 2 octobre à Bocaranga

CHIFFRES CLEFS

# de personnes déplacées 648 516
# de réfugiés centrafricains 574 638
Population ayant besoin d’une aide humanitaire 2,9 M
Population touchée par l’insécurité alimentaire 1.9 M

Les ailes de la réponse humanitaire en Centrafrique en danger

Le Service aérien d'aide humanitaire des Nations Unies (UNHAS) risque de mettre un terme à ses activités en République centrafricaine en 2019 faute de financement. Trois millions de dollars sont urgemment requis pour permettre à UNHAS de continuer à appuyer les acteurs humanitaires dans leur mission dans les zones les plus reculées du pays où des besoins aigus demeurent.
Au cours du seul mois de novembre, à la suite d'affrontements dans le centre, le nordouest, l'est et le sud-est du pays, le service UNHAS a assuré le transport de plus de 2 000 travailleurs humanitaires - un record pour un seul mois depuis le début de ses opérations en RCA en 2006. Entre janvier et décembre, UNHAS a également procédé à 26 évacuations sanitaires et transféré plus de 190 travailleurs à partir de cinq localités.

Pour mieux répondre aux besoins croissants, d’octobre 2014 à décembre 2018, UNHAS est passé de 15 à 24 destinations, y compris des zones affectées par des nouveaux foyers de tensions tels qu’Alindao, Batangafo, Bria et Zémio.

Pour Gian Carlo Cirri, Représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) en République centrafricaine qui gère UNHAS, « à un moment où la violence persiste à travers le pays, des centaines de milliers de personnes dans les zones les plus reculées seraient privées d’aide humanitaire avec la cessation des activités d’UNHAS. Cela serait une nouvelle tragédie dont la Centrafrique n’a pas besoin ». En 2019, 2,9 millions de personnes auront besoin d’une aide humanitaire pour survivre.

La Centrafrique manque d’infrastructures routières et lorsqu’elles existent, celles-ci sont limitées ou en mauvais état. Sur plus de 25 000 km de routes, moins de 600 km sont pavées, soit environ 2,5% de la totalité du réseau routier du pays. Des centaines de ponts et bacs sont également endommagés. Cette situation est exacerbée par les inondations provoquées par la saison des pluies et le non-respect des limitations de chargement des véhicules. Ces facteurs entrainent régulièrement la destruction des ponts. Cet état des faits est aggravé par une situation sécuritaire délétère qui rend un nombre important de routes très dangereuses et voir impraticables.

Cette situation s’est présentée récemment lorsque le village de Banangui (Préfecture du Haut Mbomou) a été attaqué par des éléments armés. Plus de 10 300 personnes se sont déplacées vers la ville de Djéma, 20 km plus au Sud, tandis qu’un autre nombre inconnu s’est réfugié en brousse. Cet incident et les menaces fréquentes des groupes armés dans cette région ont également poussé les habitants d’autres localités à se réfugier à Djéma. La présence massive des groupes armés et le niveau de dégradation de la route ne permettant pas un accès des humanitaires aux populations affectées, UNHAS a effectué un vol le 7 décembre. A cette occasion, les acteurs humanitaires ont pu définir le nombre de personnes déplacées ainsi que leurs besoins les plus urgents.

Djéma n’est qu’un cas parmi bien d’autres. Sans le service de UNHAS, les acteurs humanitaires ne pourront pas mettre en œuvre la réponse humanitaire.
Pour Salma Ben Aïssa, usager et Directrice adjointe de International Rescue Committee (IRC) en Centrafrique, « les services de UNHAS ne sont pas un luxe, mais un besoin de base pour le travailleur humanitaire en Centrafrique. Essentiellement, c’est très souvent le seul moyen d’accéder aux zones affectées, acheminer l’aide, déplacer les travailleurs humanitaires, mais aussi effectuer des évacuations dans les périodes de risque. Si on supprime la possibilité d’avoir une option d’évacuation aérienne, qui va accepter d’opérer dans les zones à risque ? Quelle organisation accepterait d’y maintenir son personnel s’il n’y a aucune perspective de le retirer dans les périodes de crise ? » Gian Carlo Cirri appelle les donateurs « à investir aujourd’hui et maintenant dans ce service pour éviter que le pire n’arrive dans quelques mois. Cet appui est vital pour la communauté humanitaire afin qu’elle puisse continuer de servir les personnes affectées et sauver des vies.».

Cent soixante organisations comptent sur UNHAS pour mettre en œuvre et surveiller les activités humanitaires en RCA. Les organisations bénéficiant de ce service comprennent des ONG internationales et nationales, des agences des Nations Unies, des donateurs et des organisations diplomatiques. Les journalistes nationaux et internationaux comptent essentiellement sur UNHAS pour se rendre sur le terrain afin de dire au reste du monde le drame que vivent les populations civiles en Centrafrique.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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