Bulletin humanitaire République centrafricaine Numéro 38 | septembre 2018

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 30 Sep 2018

FAITS SAILLANTS

  • De janvier à septembre, plus de 316 incidents ont affecté des organisations humanitaires et leur personnel, soit en moyenne plus d’un incident par jour. Dans la même période, 29 véhicules appartenant à des organisations humanitaires ont été volés.

  • De janvier à août 2018, malgré les contraintes sécuritaires et logistiques, les besoins de plus de 700 000 personnes sur les 1,9 million de bénéficiaires ciblés par le Plan de réponse humanitaire de 2018, ont été couverts dans un secteur au moins.

  • En août 2018, la Centrafrique comptait 621 000 personnes déplacées internes et 572 000 réfugiés dans les pays limitrophes. Cela veut dire qu’un Centrafricain sur 5 vit toujours hors de chez lui et n’a pas l’opportunité de subvenir pleinement à ses besoins, de revenir ou de retrouver sa dignité.

CHIFFRES CLEFS

  • Nombre de personnes déplacées 621 035

  • Nombre de réfugiés centrafricains 572 062

  • Population ayant besoin d’une aide humanitaire 2,5 M

  • Population touchée par l’insécurité alimentaire 2 M°

FINANCEMENT

515,6 millions $ requis pour le Plan de réponse humanitaire en 2018

183,5 millions $ ont déjà été mobilisés, soit 36% des fonds requis OCHA encourage les partenaires et les bailleurs à rapporter leurs financements à travers le Financial Tracking Service (FTS). Cette action collective permet de suivre dans la transparence le taux de financement du Plan de réponse humanitaire, analyser les gaps et les besoins et prendre les décisions stratégiques appropriées pour l'allocation des fonds.

Recrudescence des actes de violence contre les humanitaires

19 incidents au mois de septembre dans la région de Kaga Bandoro

Le contexte sécuritaire s’est nettement dégradé au cours du mois de septembre dans les villes de Kaga Bandoro, Bouca et Batangafo, ainsi que dans les axes périphériques. Cette situation se traduit par une série d’actes de violence perpétrées contre la population civile et les acteurs humanitaires. Le 22 août, la Coordonnatrice humanitaire pour la RCA, Najat Rochdi, accompagnée du Chef de Bureau d’OCHA en RCA, Joseph Inganji, avaient effectué une visite à Kaga Bandoro en vue de discuter avec les différentes parties prenantes des voies et moyens pour mettre fin à cette situation.

Deux semaines de relative accalmie ont suivi cette visite dans la mesure où aucun incident majeur contre les humanitaires n’avait été signalé. Toutefois, depuis le début du mois de septembre, une nouvelle vague de braquages contre des installations humanitaires a été observée dans la zone. Entre le 1er et le 30 septembre, 19 incidents contre 20 au mois d’août (braquages de bases ou de convois humanitaires et de résidences de staffs) ont touché directement les acteurs humanitaires; 8 à Kaga-Bandoro (dont une restriction de circuler), 5 à Bouca et 6 à Batangafo. L’inquiétude de la communauté humanitaire est d’autant plus grande que ces braquages ont souvent été accompagnés de violences (agressions physiques) et parfois de menaces de mort envers le personnel.

Forte réduction de l’accès et son impact sur les activités humanitaires

La recrudescence de l’insécurité dans cette région a eu un impact très négatif sur la mise en œuvre des activités humanitaires. Sept acteurs humanitaires ont dû suspendre momentanément leurs interventions ou même se retirer au courant du mois de septembre. La communauté humanitaire estime qu’environ 168 000 personnes qui dépendent de l’assistance humanitaire dans les sous-préfectures de Kaga-Bandoro, Batangafo et Bouca, en ont été privées.

Plus de 76 187 personnes déplacées parmi lesquels 47 945 vivant sur des sites doivent leur survie aux interventions quotidiennes des acteurs humanitaires. La réponse humanitaire dans cette zone couvre des domaines aussi variés que ceux de la santé, la nutrition, l’eau-hygiène et assainissement, la protection, la sécurité alimentaire et l’éducation. Au-delà de la restriction persistante de l’espace humanitaire, la détérioration de l’environnement sécuritaire risque de compromettre la présence humanitaire dans ces zones et de priver ainsi les populations de cette assistance qui leur est vitale.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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