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Bouar s’investit dans lutte contre les VBG

DRAMANE DARAVÉ

La ville de Bouar, à l’ouest de la RCA, a vu le lancement, le 24 mai 2022, d’une campagne de mobilisation sociale autour de la prévention et lutte contre les violences sexuelles et les violences basées sur le genre (VBG). Une initiative mise en œuvre par la MINUSCA, en collaboration avec l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants (UMIRR).

La campagne a commencé par un atelier d’information qui a rassemblé une cinquantaine de participants dont des autorités locales (chefs de groupes, chefs de quartier), des leaders religieux et associatifs (représentants de taxi-moto et des femmes commerçantes). L’objectif est de les inviter à s’engager activement dans la lutte contre les violences sexuelles et VBG dont les formes les plus répandues sont « les coups et blessures volontaires, le viol, le mariage forcé », comme l’a rappelé Zita Mahoro, cheffe de l’UMIRR à Bouar.

Des personnes ressources issues de l’UMIRR, du Tribunal de grande instance (TGI) de Bouar, du Service des affaires sociales et de l’ONG FCA (Finn Church Aïd) ont entretenu les participants durant l’atelier sur divers concepts de base, tels le genre, le sexe, les VBG, et les articles du code pénal centrafricain qui les sanctionne ; les dispositifs de dénonciation des auteurs de VBG et les mécanismes de référencement des victimes pour leur prise en charge psycho-sociale.

Parmi les participants à l’atelier, le chef du quartier Begoro du 5e arrondissement de Bouar, Naïmon Philippe, qui a rappelé que « si les femmes sont les plus touchées par les VBG, elles ne peuvent pas à elles seules lutter contre ce fléau ». Et d’exhorter « les autorités locales notamment les chefs de groupes et de quartiers à jouer un rôle plus actif dans la dénonciation des auteurs de violences basées sur le genre et le référencement des victimes dans leurs communautés ».

Intervenant sur les instruments juridiques de prévention et de répression contre les VBG, juge d’instruction au TGI de Bouar, Magloire Moussa Benbga, a souligné que « les acteurs judiciaires ne sont pas que dans la répression mais également dans l’éducation des communautés en vue de la prévention contre les violences sexuelles et violences basées sur le genre ».

Au cours des échanges, les participants ont déploré la faiblesse de la réponse judiciaire dans la prévention et la répression des VBG, car, selon elles, « plusieurs présumés auteurs de VBG sont relaxés par le système judiciaire avant leur jugement. »

En termes de recommandations, les participants encouragent une plus forte collaboration entre l’UMIRR et les autorités locales en vue d’encourager la dénonciation des cas de VBG et contribuer ainsi à mettre un terme à ce triste fléau au sein des communautés. Elles exhortent également les autorités judiciaires à « pousser les procédures judiciaires jusqu’à leur terme afin que plus personne ne soit victime de VBG. »

Cette campagne de sensibilisation se poursuit les prochaines semaines avec des sensibilisations et des ateliers d’information dans les arrondissements de Bouar et les sous-préfectures de la Nana Mambéré