Cameroon

Prés de 2.7 millions de personnes en insècurité alimentaire et nutritionnelle au Cameroun

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06/05/2021

Le Ministre de l'agriculture et du développement rural (MINADER) Gabriel Mbairobe, a rendu public, les résultats de l'analyse Cadre Harmonisé, session de mars 2021.

La situation alimentaire et nutritionnelle au Cameroun subit la conjoncture causée par différents facteurs. Il s'agit notamment du contexte de crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, celle du bassin du Lac Tchad, ainsi que l'afflux de demandeurs d'asile centrafricains dans la région de l'Est. À ces perturbations, viennent s'ajouter la crise liée à la pandémie du Covid-19, entrainant la réduction de la mobilité urbaine et interurbaine.

C'est dans ce contexte que s'est déroulée du 1er au 7 mars dernier, la première session d'analyse du Cadre Harmonisé au Cameroun pour l'exercice 2021. Il s'agit d'un outil d'analyse et de diagnostic de la situation alimentaire et nutritionnelle dans un pays, avec pour objectif fondamental de classer les populations suivant la sévérité de l'insécurité alimentaire et de proposer les alternatives les mieux appropriées à leurs situations. Deux fois par an, le Cameroun avec le soutien et l'expertise de ses partenaires au développement, notamment la Direction générale pour la protection civile et les opérations d'aide humanitaire européennes de la Commission européenne (ECHO), procède à l'identification des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle.

Entreprendre des actions pour anticiper la période de soudure

Les résultats de l'analyse Cadre Harmonisé de mars 2021 révèlent que 10,12% de la population du Cameroun est en phase de crise ou pire, une légère amélioration en comparaison aux 10,6% de mars 2020. Cette situation alimentaire constatée est conforme aux niveaux de stocks des ménages et de la diversité alimentaire. De mars à mai 2021, elle peut être qualifiée de bonne dans 11 départements classés en phase minimale et relativement acceptable dans 33 départements classés sous pression. Les 14 autres départements classés en phase de crise se retrouvent dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, du Littoral et du Centre. Cette amélioration se justifie surtout par des conditions agro-météorologiques qui ont favorisé la production agropastorale et amélioré la disponibilité alimentaire au niveau des ménages. Pour le Ministre Gabriel Mbairobe, « Ces progrès ont été réalisés grâce, à l'impulsion et au dynamisme des différents programmes agricoles et initiatives mis en œuvre avec l'appui de nos partenaires techniques et financiers ».

Il n'en demeure pas moins que des efforts considérables restent encore à faire. Pour la période de juin à août 2021, la population en insécurité alimentaire et nutritionnelle au Cameroun est estimée à 1 920 802 personnes. Cet intervalle correspond à la période de soudure dans les régions septentrionales. Afin d'anticiper la détérioration de leur situation alimentaire et nutritionnelle, plusieurs recommandations sont formulées à l'endroit du gouvernement et ses partenaires. Les principales actions préconisées sont le déclenchement de l'aide humanitaire pour les populations en crise ou pire et le désenclavement des zones de productions agricoles. Il est également question de mettre en œuvre des interventions visant à améliorer la résilience des populations en phase « sous pression », en apportant notamment un appui à la production végétale et animale, tout en renforçant les moyens d'existence des populations.

Un exercice inclusif

L'analyse Cadre Harmonisé pour l'identification des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle au Cameroun a couvert les 58 départements et toutes les dix régions du pays. Cet exercice qui se veut inclusif a regroupé 85 participants, représentants des structures techniques de l'Etat, des organisations de la société civile, ainsi que les partenaires techniques et financiers du gouvernement. Les données utilisées proviennent de l'analyse et de l'exploitation des résultats de l'enquête de suivi de la sécurité alimentaire (FSMS) effectuée dans toutes les régions du Cameroun. Au terme de travaux en groupe et en plénière très intenses, un groupe restreint constitué du MINADER, de la FAO, du PAM, d'Action contre la faim (ACF), du Réseau de lutte contre la faim (RELUFA) et de FEWSNET a travaillé à la consolidation et la finalisation de l'analyse.

C'est forte de son mandat de préservation de la sécurité alimentaire que grâce au soutien financier de ECHO, la FAO a pu apporter son appui technique au gouvernement camerounais dans le suivi de l'état de la sécurité alimentaire, et ce afin d'anticiper sa dégradation et offrir un cadre de référence pour la mise sur pieds de mesures de remédiation. En 2021, la FAO nécessite 10,9 millions d'USD pour venir en aide aux populations affectées par la violence continue, les catastrophes naturelles et la pandémie COVID-19 au Cameroun.