Cameroon

Cameroun : Rapport de situation, 7 janv. 2020

Format
Situation Report
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

FAITS SAILLANTS

Région de l'Extrême-Nord

  • 49 incidents sécuritaires qui se sont traduits par 30 morts et neuf blessés ont été répertoriés dans la région de l’Extrême-Nord en novembre 2020.
  • Deux tentatives de vol dans des locaux d’ONG à Maroua et à Kousseri et trois attaques de véhicules sur la route N°1 entre Maroua et Kousseri ont été rapportés.
  • L’axe Maroua-Kousseri via Zina reste impraticable à cause des inondations qui ont affecté plus de 16 000 personnes depuis juillet 2020.
  • 1 500 ménages sont déplacés dans la ville de Kousseri à cause de la crue du Logone, causée par la forte saison des pluies.

CONTEXTE

Contexte humanitaire

En novembre 2020, les attaques des groupes armés non étatiques (GANE) se sont intensifié, notamment dans le département du Mayo-Sava. Cette situation d’insécurité a poussé 259 personnes originaires d’Adekale, qui s’étaient déplacés à Pouche, Mora Massif et Massare en début novembre à se déplacer à nouveau le 15 novembre 2020. Ils se sont installés à Mora, dans le même département, à côté du poste de police, à la recherche de plus de sécurité. 116 ménages originaires des mêmes localités planifient de les y rejoindre. Cette insécurité a également un impact sur les opérations des organisations humanitaires qui n’ont pas recours aux escortes militaires. Plusieurs d’entre elles rencontrent des difficultés pour la distribution de produits non alimentaires (NFI) dans les localités de Ouzal, Mandoussa, et Zelevet dans l’arrondissement du Mayo-Moskota (département du Mayo-Tsanaga).

Deux incidents affectant les locaux d’ONG dans les localités de Maroua et de Goulfey (Logone et Chari) ont été rapportés. Dans la nuit du 25 au 26 novembre, de l’argent et des téléphones ont été dérobés à des employés d’une ONG pendant leur sommeil dans la localité de Goulfey. Le 27 novembre, des individus se sont introduits dans les locaux d’une ONG à Maroua et ont tenté en vain de voler des motos récemment acquises par l’organisation.

Ces incidents interviennent quelques semaines après ceux de septembre et d’octobre où les locaux d’une ONG ont été cambriolés et deux véhicules volés à Maroua. Les personnes ayant perpétré ces vols semblent avoir été bien informées sur les mesures de sécurité de ces organisations ainsi que leurs équipements.

Les inondations se poursuivent en novembre 2020, notamment dans le département du Logone et Chari, où la crue de la rivière du Logone a provoqué des inondations dans la ville de Kousseri pour la première fois depuis 2012. 1 477 ménages, soit 11 521 personnes, ont été forcés de se déplacer à cause de ces inondations. L’axe Maroua - Kousseri via Zina demeure impraticable à cause de la montée des eaux et les prévisions indiquent que cette situation perdurera jusqu’en janvier 2021. Les démarches administratives mises en place par les Gouvernements camerounais et tchadien dans le cadre de la prévention du COVID-19 dans les frontières rendent difficiles les déplacements entre N’Djamena et Kousseri, qui étaient facilités par les vols humanitaires du PAM (UNHAS) qui reliaient le Cameroun et le Tchad. Malgré le mauvais état de la route nationale N°1 reliant Maroua à Kousseri, ainsi que l’insécurité grandissante dans cette zone, ce trajet reste le seul moyen efficace pour les travailleurs humanitaire d’intervenir dans le département du Logone et Chari. La montée des eaux rend également impossible l’accès par route à la ville de Fotokol dans le département du Logone et Chari. En conséquence, les seuls moyens de transport pour mener des opérations humanitaires dans cette localité sont des pirogues, mais les coûts sont élevés et leur utilisation n'est pas autorisée par certaines organisations. Fotokol héberge plus de 16 500 personnes déplacées internes (PDI). Plusieurs organisations humanitaires dont les procédures sécuritaires ne permettent pas d’utiliser le seul moyen de transport disponible ont des difficultés pour acheminer les denrées et biens destinées à cette population déplacée internes.

Selon l’évaluation des zones de Waza et de Makary dans le département du Logone et Chari conduite par le Département de la sûreté et de la sécurité des Nations Unies (UNDSS), deux structures d’ONG capables d’héberger les travailleurs humanitaires en mission ont été identifiées à Makary. En revanche aucune structure n’a été identifiée à Waza, localité qui accueille 4 798 PDI et 5 372 réfugiés hors camp (source HCR et DTM round21). Cette évaluation a été conduite dans le but de faciliter les missions de terrain des organisations humanitaires qui ne pouvaient pas passer la nuit dans ces deux localités et disposaient de peu de temps pour conduire leurs opérations.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
To learn more about OCHA's activities, please visit https://www.unocha.org/.