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Cameroun : Rapport de situation, 3 mai 2021

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Situation Report
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FAITS SAILLANTS

  • Rapport de situation de la région de l'Extrême-Nord. Il couvre la période du 1 au 30 avril 2021.

  • Six enfants ont été gravement blessés à la suite d’une explosion d’un engin explosif improvisé (EEI) à Ngouma, dans le Logone et Chari.

  • Le véhicule d’une mission PAM/USAID a été caillassé par des réfugiés au Camp de Minawao.

  • Une attaque sur une position militaire à Fotokol, une ville frontalière avec le Nigeria, a blessé deux militaires et tué deux civils à Woulgo au Nigeria.

  • La campagne de vaccination contre la COVID-19 a été lancée le 15 avril par le Gouverneur de la région de l’Extrême-Nord.

Contexte humanitaire

En avril 2021, les attaques des groupes armés non étatiques (GANE) se sont intensifiés, particulièrement dans les localités telles que Mayo Moskota, Kolofata, Darak, Blangoua et Fotokol, dans les départements du Mayo Tsanaga, Mayo-Sava et Logone et Chari, frontalières avec le Nigeria. Cette situation d’insécurité entraine des mouvements transfrontaliers et pendulaires des groupes de familles. De plus, cette insécurité est également à l’origine du retard de l’acheminement de l’aide humanitaire vers ces localités. L’opération de rapatriement volontaire de 5 000 réfugiés nigérians vivant dans le camp de Minawao a débuté au mois de mars 2021. Du 8 mars au 9 avril 2021, 3 880 personnes ont été rapatriées dans la sécurité et la dignité dans les localités de Banki et Bama dans l’Etat de Borno au Nigeria.

Dans la nuit du 4 au 5 avril 2021, un camp de personnes déplacées internes (PDI) dans la localité de Wadjouan-Banki, au Nigeria, frontalière avec le Cameroun, abritant d’anciens réfugiés du camp de Minawao, a été attaqué par des GANE. Cette attaque a eu des répercussions au Cameroun avec une femme atteinte d’une balle perdue dans le quartier Waraga à Amchidé, une ville frontalière avec le Nigeria. Trois assaillants qui tentaient de s’infiltrer dans la ville ont été neutralisés par les militaires Camerounais. Suite à cette attaque, le dispositif sécuritaire mis en place par les gouvernements du Cameroun et du Nigeria a été renforcé et les discussions tripartites transfrontières vont se poursuivre pour les candidats qui auraient exprimé la volonté de retour.

Depuis la fermeture de la frontière terrestre entre le Tchad et le Cameroun du fait de la COVID-19 en mars 2020, un plaidoyer d'OCHA auprès des autorités du Tchad et du Cameroun avait conduit à l'adoption d'une procédure exceptionnelle de transit à Ndjamena pour le Cameroun en faveur des acteurs humanitaires. En avril 2021, les autorités du Tchad ont allégé cette procédure administrative de 14 à un jour. Le nombre de pièces à fournir a également été revu à la baisse. Cela constitue un soulagement pour les acteurs humanitaires en transit à Ndjamena.

L’information selon laquelle il y’aurait eu pénétration des GANE sur le territoire tchadien le 11 avril 2021 ainsi que le décès du président tchadien Idriss Deby Itno le 20 avril ont laissé craindre des risques de tensions dans la ville de Ndjamena. Comme mesures préventives, le Département de la sûreté et de la sécurité des Nations Unies (UNDSS) a suspendu les mouvements vers Ndjamena et le Gouvernement camerounais a renforcé son dispositif de sécurité.

L’axe Logone-Birni, fermé en mars 2021 aux missions des Nations Unies pour des raisons sécuritaires, a été réouvert suite à l’évaluation menée par UNDSS et validée par l’équipe de gestion de sécurité de l’Extrême- Nord.

Le 15 avril, le Gouverneur de la région de l’Extrême-Nord a lancé la campagne de vaccination contre la COVID-19 à l’hôpital régional de Maroua. Les vaccins Sinopharm et Astra Zeneca reçus par le Gouvernement camerounais sont ceux utilisés pour cette campagne. Au 30 avril, la région a le troisième plus grand nombre de personnes vaccinées avec plus de 3 000 personnes, y compris les réfugiés du camps de Minawao. La vaccination cible prioritairement le personnel de santé et les personnes de plus de 50 ans présentant des comorbidités et des pathologies existantes.

La réponse humanitaire de la région est financée à seulement 2,8% au 30 avril 2021. Cette absence de financement est à l’origine de la réduction des opérations et du retrait de plusieurs partenaires humanitaires de la zone de l’Extrême-Nord.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
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