Cameroun: Plan de Réponse Humanitaire 2017–2020 (Janvier - décembre 2019) - Janvier 2019

APERÇU DE LA CRISE

Le Cameroun est confronté à trois crises complexes majeures : la crise dans le bassin du lac Tchad impactant la région de l’Extrême-Nord ; les conséquences de l’afflux de réfugiés centrafricains à l’est du pays ; et la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Plus d’un million de personnes sont actuellement déplacées et 4,3 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire. A ces défis s’ajoutent des facteurs profonds structurels et des vulnérabilités chroniques qui aggravent encore davantage l’impact de ces crises et affectent la capacité de résilience des populations.

Crise dans le bassin du lac Tchad : Les attaques de Boko Haram dans le nord-est du Nigéria et dans la région de l’Extrême-Nord au Cameroun

La situation sécuritaire dans la région de l’Extrême Nord reste principalement liée à l’activisme de Boko Haram qui a occasionné des déplacements prolongés et récurrents, avec une recrudescence des attaques à la fin de l’année 2018. Préalablement à la crise liée à Boko Haram, l’Extrême Nord était déjà une des régions les plus pauvres du Cameroun et accueille aujourd’hui près de 250 000 PDI, 101 000 retournés et 100 000 réfugiés nigérians. Malgré une tendance aux retours en augmentation depuis 2016, les conditions qui prévalent dans ces zones de retour ne permettent pas une réintégration digne, sûre et durable.
La violence persiste et l’accès aux services sociaux de base, comme les centres de santé, les points d’eau potable et les écoles, reste limité.

La situation des réfugiés centrafricains à l’est du Cameroun

Les régions de l’Adamaoua, de l’Est et du Nord du Cameroun continuent d’accueillir de nouveaux réfugiés, suite au regain d’insécurité en République Centrafricaine (RCA). Le nombre de réfugiés centrafricains dans ces régions a augmenté de 217 000 en 2017 à 245 000 en 2018.

Selon l’indice de vulnérabilité REVA, prenant en compte des indicateurs d’insécurité alimentaire et de pauvreté, près de 87% des réfugiés centrafricains sont encore très vulnérables. Un accord tripartite pour le rapatriement volontaire organisé des réfugiés centrafricains est en cours de discussion entre le HCR, le gouvernement du Cameroun et le gouvernement de la République centrafricaine afin de faciliter le retour et la réintégration des réfugiés dans leur région d’origine dans la sécurité et la dignité. Néanmoins, les intentions de retour pour le moment restent extrêmement faibles avec plus de 70% des réfugiés souhaitant rester au Cameroun.

Ainsi, le gouvernement camerounais, avec le soutien de partenaires telle que la Banque Mondiale, s’est engagé à intégrer ces réfugiés dans ses plans locaux de développement comme mesure sur le long terme.

DATES CLEFS DES CRISES

2004 – 2013 Première vague de 100 000 centrafricains en 2004.
Seconde vague de 150 000 nouveaux réfugiés en 2013, dont 35% installés, sur des sites aménagés dans l’Est et l’Adamoua.

Décembre 2014 Les attaques transfrontalières perpétrées par des présumés membres de Boko Haram déplacent plus de 60 000 Camerounais à l’Extrême-Nord

Janvier 2015 Arrivées de 35 000 réfugiés nigérians à l’ExtrêmeNord. Ce nombre augmente à 86 000 en décembre 2016 dont 60 000 dans le camp de Minawao, soit le triple de sa capacité.

Septembre 2016 Le nombre de personnes en insécurité alimentaire atteint 2,6 millions de personnes, dont 289 000 en situation d’urgence.

Mai 2017 Selon la DTM, le nombre de personnes retournées à l’ExtrêmeNord dépasse désormais les 50 000 et atteindra les 100 000 en septembre 2018.

Octobre 2017 Premiers affrontements armés et déplacements de population enregistrés au NordOuest et Sud-Ouest et vers le Nigeria.

Mars 2018 Mission d’évaluation multisectorielle au SudOuest. La Protection, la Santé et l’accès aux abris et NFI identifiés comme priorités clés avec plus de 160 000 PDI estimés.

Juillet 2018 Déclaration de l’épidémie de choléra dans la région du Centre suivie par le Nord, le Littoral et l’Extrême-Nord. Plus de 990 cas recensés dont 58 décès enregistrés au 21 décembre 2018.

Octobre 2018 Plus de 437 000 personnes sont déplacées par la crise au Nord-Ouest et au Sud-Ouest (inclus Littoral et Ouest) et 32 600 Camerounais ont fui au Nigeria.

Décembre 2018 Les trois crises ont forcé plus d’un million de personnes à se déplacer vers, dans et depuis le Cameroun. Plus de 40% de ce total est déplacé à cause de la crise au Nord-Ouest et au Sud-Ouest.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:
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