Cameroon

Cameroun : Maurizio Giuliano: « Une très bonne réponse de la communauté internationale »

Format
News and Press Release
Source
Posted
Originally published
Maurizio Giuliano, chargé de l'information publique et des rapports au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU à N'Djamena.

En quoi consiste le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires ?

C'est un Fonds récemment qui permet aux Nations Unies de répondre vite aux urgences. Il comporte un montant de 500 millions de dollars (soit à peu près 250 milliards de francs CFA). Dès qu'il y a soit un tremblement de terre, soit un tsunami, autrement dit une grande catastrophe naturelle plutôt qu'une petite urgence comme celle des réfugiés tchadiens au nord-est du Cameroun, les Nations Unies n'ont pas besoin de faire des appels nécessairement. Elles peuvent utiliser l'argent de ce Fonds qui est déjà disponible pour être utilisé au moment o=F9 elle en a besoin.

Mais est-ce qu'il peut tout de même servir pour la crise de N'Djamena ?

Une requête a été faite par les agences des Nations Unies. L'espoir est qu'au moins une partie de la réponse puisse venir de ce Fonds. Mais si jamais on n'a pas besoin d'utiliser ce Fonds, il y a d'autres canaux qui existent, comme l'aide multilatérale que les pays membres des Nations Unies peuvent donner ou les fonds propres des agences. Sinon, cela dépend aussi quels sont les besoins. Parce qu'en ce moment, on ne sait pas exactement combien de réfugiés on doit assister et protéger, et pour combien de temps.

Le système des Nations Unies fait état d'au moins 30.000 réfugiés tchadiens à Kousseri. D'autres sources avancent les chiffres 35.000 et de 37.000. Quel est le nombre exact de ces sinistrés et à combien s'évaluent leurs besoins ?

Nous, on n'a jamais parlé de 35.000 réfugiés. Depuis le début, on a toujours dit que les réfugiés étaient au moins 30.000, mais que quand même, vu l'urgence de la situation qui était en train de se dérouler de façon précipitée, on a planifié pour un chiffre 50.000. Cela veut dire qu'on était prêts à répondre aux besoins les plus imminents de jusqu'à 50.000 personnes et on estimait que les réfugiés étaient au moins 30.000. Maintenant, nous estimons en ce moment que le chiffre a diminué. En définitive, nous n'avons pas encore de chiffres fiables à propos des réfugiés tchadiens qui sont ici au Cameroun. Il y a beaucoup qui sont rentrés et il y en a également beaucoup qui sont venus signaler leur présence. A notre avis, il y a des gens qui sont à Kousseri et qui vont à N'Djamena tous les jours voir l'état de leurs maisons et de leur travail. C'est après le recasement des réfugiés à Maltam qu'on aura des données concrètes.

L'on constate que lors des situations de ce genre, il y a un nombre impressionnant d'acteurs, dont des ONG en dehors des agences onusiennes. L'efficacité dans la coordination des actions en est-elle vraiment garantie ?

Il y a sur place six agences des Nations Unies et environ treize ONG, en plus du mouvement de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, y compris des ONG locales. Le gouvernement camerounais joue aussi un rôle. Je crois que cela démontre une très bonne réponse de la communauté internationale et de la société civile camerounaise. Je saisis l'opportunité pour remercier le gouvernement du Cameroun, ainsi que les autorités et la population locales pour l'appui qu'ils ont apporté dans cette crise. Je crois qu'il est inévitable dans une situation d'urgence comme ça d'avoir beaucoup d'acteurs et parfois il n'est pas très clair pour la presse de savoir qui fait quoi. Je peux vous dire qu'ils sont tous bien coordonnés. Le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires joue effectivement son rôle pour ce qui concerne la coordination de l'aide et évidemment un rôle important est aussi joué par le HCR.